Philippe Couillard a rappelé qu'il refuse de lier les conditions salariales des préposés aux bénéficiaires à celles qui sont offertes dans le secteur privé, puisque dans le secteur public on bénéficie d'avantages sociaux et d'une sécurité d'emploi.

Couillard ouvert à hausser les salaires des préposés des CHSLD

GATINEAU — L'annonce d'un engagement libéral pour de nouvelles places en CHSLD a été perturbée vendredi en Outaouais par une trentaine de préposés aux bénéficiaires «à bout de souffle» : Philippe Couillard leur a fait miroiter de possibles augmentations de salaires dans le prochain contrat de travail prévu pour 2020.

S'il est reconduit au pouvoir, le PLQ s'engage à ouvrir 1500 nouvelles places en Centres d'hébergement et de soins de longue durée (CHSLD). Toutefois les syndicats plaident qu'il sera impossible de donner les soins appropriés, en raison de la pénurie de main-d'oeuvre.

Un représentant syndical a fait état au chef libéral du manque de personnel dans plusieurs établissements de la région. Les salaires des préposés sont inférieurs à ceux des employés de Costco, a-t-il dit, ou encore, sont inférieurs à ceux proposés en Ontario, de l'autre côté de la rivière des Outaouais.

«On ne recrutera jamais de préposés dans ces conditions», a argué Michel Quijada, de la CSN, en affirmant que ses membres sont «à bout de souffle».

En réplique, M. Couillard a évoqué sa proposition faite aux enseignants, soit de supprimer les six premiers échelons de base de la rémunération pour les faire commencer à un salaire plus élevé.

«On est prêt à regarder le même genre de choses avec les préposés, les infirmières auxiliaires, les infirmières», a évoqué le chef du PLQ.

En conférence de presse pendant que se poursuivait le tintamarre derrière lui, M. Couillard a nuancé son propos.

«J'ai donné ça comme exemple, j'ai dit qu'on prendrait des mesures salariales dans la négociation pour attirer et retenir de nouveaux préposés, sans nécessairement que ce soit les mêmes méthodes qui soient utilisées», a-t-il expliqué, en ajoutant qu'il pourrait aussi augmenter tous les échelons.

Pas comme au privé

Cependant, il a rappelé qu'il refuse de lier leurs conditions salariales à celles qui sont offertes dans le secteur privé, puisque dans le secteur public on bénéficie d'avantages sociaux et d'une sécurité d'emploi.

«Quand on prend tout en considération, je pense que ce ne sont pas de mauvaises conditions de travail, mais je pense qu'on peut les améliorer davantage, surtout pour des métiers tellement exigeants, comme celui de préposé aux bénéficiaires.»

Plus tard en journée, à Lachute, le participant à une causerie dans un restaurant avec le chef libéral a aussi soulevé le problème de l'écart des revenus entre les professionnels de la santé du Québec et ceux de l'Est de l'Ontario, tout près, à Hawkesbury.

L'engagement du PLQ d'ajouter 1500 places en CHSLD nécessitera un investissement de 525 millions $ pour construire les nouvelles places, et 132 millions $ par an à terme pour les coûts d'exploitation.

Le tiers de ces places, soit 500, sera réservé pour les personnes de moins de 65 ans qui doivent vivre en CHSLD.

Les autres seront développées avec une attention particulière pour adapter les milieux de vie aux personnes souffrant de troubles cognitifs tels que la maladie d'Alzheimer.

Actuellement, il y a plus de 37 000 places en CHSLD au Québec, mais il y a 2600 personnes sur la liste d'attente du ministère de la Santé.

Des instances comme le Commissaire à la santé et le Protecteur du citoyen avaient relevé au cours des dernières années une baisse des places en CHSLD, alors que le nombre de personnes âgées augmente.

Cependant, le chef libéral a souligné que son gouvernement a rehaussé toute la gamme de soins et dit ne pas avoir attendu les élections pour agir.

«Non, je ne corrige pas cette situation seulement en campagne électorale», a-t-il assuré.

Les libéraux s'engagent aussi à étendre à tout le Québec une ligne d'écoute, TEL-AÎNÉS, pour que les personnes âgées puissent échanger de façon anonyme sur les enjeux de leur vie quotidienne, pour briser leur isolement.