Élections 2018

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Grâce à un partenariat avec la firme de sondage Recherche Mainstreet qui a maintes fois fait la preuve de la fiabilité de ses enquêtes, les quotidiens GCM, soit Le Soleil, Le Droit, Le Quotidien, Le Nouvelliste, La Voix de l’Est et La Tribune, proposent aux Québécois leur Baromètre Élections 2018, un contenu aussi audacieux qu’inédit.

Vous avez dans cette page quelques exemples de la matière qui vous sera accessible en vous abonnant. Des heures de plaisir et de chaudes discussions en perspective.

Élection 2018

Transport et santé comme priorités

La santé et le transport en commun sont sur toutes les lèvres lorsque vient le temps de demander aux différents candidats des circonscriptions de Hull et de Pontiac de parler de leurs priorités.

Bon nombre de candidats de ces deux circonscriptions étaient réunis, mardi matin, en marge de l’annonce de la programmation du Mois de la forêt Boucher, dans le secteur Aylmer. Qu’ils soient déjà bien connus du public ou que leurs visages soient moins familiers, tous s’apprêtent à embarquer à pieds joints dans la campagne électorale qui sera officiellement déclenchée la semaine prochaine.

Les deux libéraux appelés à défendre leur siège, le ministre des Transports André Fortin dans Pontiac et la députée Maryse Gaudreault dans Hull, entendent comme tous leurs adversaires parler de transport en commun et de santé dans leurs échanges avec les citoyens.

Tout en rappelant l’engagement des libéraux envers le projet de train léger dans l’ouest de Gatineau, M. Fortin affirme vouloir aussi « travailler sur les investissements à plus court terme » et fournir « des incitatifs financiers » à la Société de transport de l’Outaouais pour que ses services deviennent « encore plus performants ».

Sa collègue dans Hull, Maryse Gaudreault, s’attend davantage à parler de l’état du réseau de la santé.

« Ça a été ma priorité depuis le début de mon engagement, et ça va continuer à l’être », dit celle qui entend « défendre » le bilan des libéraux, tout en reconnaissant qu’il y a « encore bien des choses à améliorer ». « Je pense qu’on a fait de grandes avancées, ne serait-ce qu’au cours des deux dernières années dans le réseau de la santé en Outaouais, estime la députée. [...Juste la superclinique, ça fait un changement incroyable. » 

Au Parti québécois (PQ), la candidate dans Hull, Marysa Nadeau, souhaite « désengorger les urgences en faisant en sorte qu’on ait une première ligne en santé efficace ». Parmi ses priorités se retrouve également la volonté de donner à Gatineau « une université digne de la quatrième plus grande ville du Québec ».

Du côté de la Coalition avenir Québec (CAQ), Rachel Bourdon entend aussi miser sur la santé et l’éducation, deux éléments qui préoccupent grandement les citoyens de Hull, souligne-t-elle en affirmant que « les gens ont besoin de changement » et que la réforme libérale en santé a créé « un fléau de mauvaise gestion au Québec ».

Tant au PQ qu’à la CAQ, on dit reconnaître que le réseau de la santé de l’Outaouais souffre d’un sous-financement, sans pour  l’instant prendre d’engagements  précis pour y remédier. Au Nouveau Parti démocratique du Québec (NPDQ), les candidats Samuel Gendron (Pontiac) et Nichola St-Jean (Hull) évoquent aussi les enjeux du transport, de la santé et de l’éducation. M. Gendron a notamment souligné le besoin d’un plan national de bornes de rechargement pour les véhicules électriques, tandis que M. St-Jean estime que la santé trônera au sommet des préoccupations dans Hull.

Aussi présent sur place, le candidat du Parti conservateur du Québec dans Hull, Jean-Philippe Chaussé, a pour sa part indiqué avoir « la fédération canadienne » comme priorité. « Les partis traditionnels n’ont pas vraiment donné assez d’attention en Outaouais aux problèmes que crée [la proximité] avec l’Ontario », croit-il en donnant l’exemple de la non-utilisation du pont Prince-de-Galles et de la différence dans la tarification des soins de santé.

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Québec solidaire: «Toute avancée va être une victoire»

Québec solidaire (QS) ne se fait pas d’illusion : pour le parti de gauche, le grand soir ne surviendra pas le 1er octobre.

Qu’importe. L’important aux yeux de la porte-parole du parti, Manon Massé, qui fait office de «chef» durant la campagne électorale, consiste à agir «avec constance, persistance et persévérance» pour faire avancer ses idées, avec l’espoir qu’un jour, les électeurs québécois y adhéreront.

Le parti — qui n’a pas de chef, selon ses statuts — compte actuellement trois sièges à l’Assemblée nationale. Le soir du 1er octobre, «toute avancée va être une victoire», commente la leader politique du parti le plus marginal des quatre partis représentés au parlement, modeste dans ses attentes, au cours d’une longue entrevue faite récemment en prévision de la campagne électorale, autour d’un café, sur une terrasse de la rue Cartier.

«C’est quoi notre idéal? Que le peuple comprenne qu’il a le droit de rêver en dehors de la case que lui proposent les vieux partis», dit Mme Massé, qui en est à ses premières armes dans un rôle de chef de parti en campagne électorale.

Est-ce que cela lui fait peur d’en découdre quotidiennement sur le terrain avec Philippe Couillard, François Legault et Jean-François Lisée, plus aguerris qu’elle et rompus aux aléas des campagnes électorales?

«C’est sûr que j’ai des appréhensions, c’est sûr que j’ai certaines craintes», admet la députée de Sainte-Marie–Saint-Jacques qui a dû s’y prendre à cinq reprises avant d’être élue députée.

Les trois débats des chefs qui sont au programme lui permettront de se faire valoir, même si elle ne demeure pas convaincue que la formule soit un atout pour la démocratie.

«Je vais avoir du plaisir. Je ne me prendrai pas trop au sérieux», promet celle qui sera la seule femme à y prendre part, une élue au style inclassable, allergique au formatage politique, et qui entend bien se présenter aux téléspectateurs «au naturel», comme d’habitude.

«On est en train de tuer la planète»

Québec solidaire veut faire de la lutte contre les changements climatiques un enjeu central de la prochaine campagne électorale.

«On achète des VUS [véhicules utilitaires sport] plus que jamais. Il y a un problème!» selon la politicienne, convaincue «qu’on est en train de tuer la planète» avec les gaz à effet de serre produits par de gros véhicules polluants.

Il est donc «urgent» d’intervenir, selon celle qui juge que libéraux et caquistes n’ont aucune crédibilité à ce chapitre, en pleine contradiction en faisant la promotion des hydrocarbures ou d’un troisième lien entre Québec et Lévis, tout en se disant pour la lutte contre les changements climatiques.

«Heille man, la transition, elle passe pas par ça!» proclame la députée, selon laquelle le Québec «s’en va dans le mur» avec le PLQ ou la CAQ, «du pareil au même».

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La CAQ veut mettre fin à la «taxe famille»

La toute dernière proposition de la Coalition avenir Québec (CAQ) fait réagir : s’il forme le prochain gouvernement, le parti de François Legault s’engage à revenir au tarif unique quotidien de 8,05 $ par enfant pour les garderies subventionnées, une position que le Parti québécois (PQ) prône depuis janvier dernier.

La CAQ veut ainsi mettre fin à la «taxe famille» du gouvernement Couillard, soit le tarif modulé, mais son chef avait pourtant dénoncé l’engagement péquiste à l’époque pour son coût.

Actuellement, en vertu de la modulation des tarifs en fonction des revenus instaurée par les libéraux, les parents paient de 8,05 $ à 19,35 $ par enfant par jour, puis réclament un crédit d’impôt. Les partis d’opposition avaient dénoncé unanimement cette «taxe famille», car le PLQ s’était engagé en 2014 à ne pas augmenter les tarifs.

Plus de places en CPE?

La Coalition a proposé mardi un retour au tarif fixe de 8,05 $ dans les Centres de la petite enfance (CPE), les garderies privées subventionnées et les garderies en milieu familial subventionnées. Le parti veut aussi maintenir la bonification du crédit d’impôt pour service de garde annoncée dans le dernier budget Leitao.

Ces mesures coûteraient 160 millions $ par an au Trésor public.

«On a toujours dénoncé la taxe famille, c’était tout à fait logique, cohérent et responsable pour nous de s’engager à l’abolir», a affirmé la porte-parole caquiste en matière de famille, Geneviève Guilbeault, dans un entretien téléphonique avec La Presse canadienne.

Quant à savoir si un éventuel gouvernement caquiste allait augmenter le nombre de places disponibles en CPE, ce qui est un des problèmes les plus criants du réseau, la députée de Louis-Hébert a dit que son parti s’engageait à maintenir ce qui avait déjà été annoncé, soit 5000 nouvelles places en CPE, mais il veut d’abord voir l’état des besoins avant d’en faire plus.

Qualité des services: plus de «défis»

La CAQ était un parti perçu comme étant réfractaire aux CPE depuis que Mme Guilbeault avait déclaré que les garderies privées avaient un «modèle d’affaires intéressant».

Appelée à réitérer ses propos, elle a répondu que la CAQ «défend la liberté de choix des parents, et oui, ça passe par les garderies privées non subventionnées». C’est selon elle une forme d’«aveuglement volontaire» de rejeter le privé, puisque le réseau est tel qu’il est.

«Est-ce que tous les parents veulent la même chose pour leurs enfants? Pas forcément. Cette diversité de modèles de services de garde sert bien les familles.»

Pour ce qui est des études qui démontrent que les services sont de meilleure qualité dans les CPE, Mme Guilbeault a dit qu’il y a lieu d’améliorer les services de garde dans tous les types de modèles.

«Est-ce qu’il y a plus de défis dans le privé non subventionné? Possiblement. Est-ce que c’est une raison pour abdiquer, renoncer ou dénigrer un ou l’autre des modèles? On croit que non.»

Une solution «partiellement copiée»

Pour sa part, le Parti québécois accuse la CAQ de se rallier tardivement à la solution péquiste, qu’elle a «partiellement copiée».

«Mme Guilbeault parle d’un modèle d’affaires, alors que pour nous, les services à la petite enfance, ce sont des services fondamentaux, ce n’est pas une business», a déclaré le candidat péquiste dans Pointe-aux-Trembles, Jean-Martin Aussant, en entrevue avec La Presse canadienne.

Il a rappelé que son parti s’est engagé dès janvier à revenir au tarif universel quotidien à 8,05 $ pour le premier enfant, en allant plus loin même, en proposant 4 $ pour le deuxième, et la gratuité pour le troisième et ceux qui suivent, en plus d’une modulation à la baisse pour les ménages aux revenus de 60 000 $ et moins.

«C’est une proposition qui va plus loin que celle de la CAQ. La CAQ a souvent changé d’idée dans le passé. Elle a une position qui ne semble pas toujours réfléchie, quand ils affirment une chose une première fois.»

Quand le PQ avait fait connaître son engagement en janvier, le chef caquiste François Legault avait répliqué en s’attaquant au coût des solutions péquistes : il avait transmis un tableau élaboré par Revenu Québec qui évaluait à 150 millions $ par an les contributions supplémentaires versées par les foyers pour financer les services de garde de leurs enfants, depuis la mise en place de la modulation.

Le PQ évaluait que la modulation des services de garde pouvait alors coûter entre 300 $ et 1200 $ supplémentaires par année aux parents.

M. Aussant a aussi fait valoir que le PQ est le seul à s’engager à hausser le nombre de places en CPE, alors qu’actuellement 40 000 enfants attendent une place.

La formation souverainiste évalue à 320 millions $ le coût de ses baisses de tarifs proposées, mais il y aura par ailleurs des dépenses supplémentaires pour la création accélérée de places.

S’il est réélu, le Parti libéral du Québec (PLQ) s’engage quant à lui à offrir la garderie gratuite pour les enfants de quatre ans en CPE et garderies régies par l’État.

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D'anciens élus veulent reprendre du service

Plusieurs anciens élus qui ont quitté la politique par choix ou en raison d’une défaite ont décidé de reprendre du service pour les prochaines élections, parce qu’ils n’ont manifestement pas perdu leur passion pour le métier, aussi exigeant soit-il.

«La politique, c’est un bon virus qu’on a en dedans de soi. Une fois qu’on y a touché, on ne peut pas s’en départir vraiment», explique le candidat de la Coalition avenir Québec (CAQ), André Bachand.

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Les syndicats espèrent ralentir les partis «anti-travailleurs»

Le mouvement syndical québécois se prépare en vue des élections du 1er octobre, car il craint d'avoir une influence limitée sur le gouvernement québécois pendant quatre années supplémentaires.

Près de 40 pour cent des travailleurs au Québec sont syndiqués, mais les deux partis qui galopent en tête des sondages d'opinion sont loin d'être favorables aux syndicats.

Les libéraux au pouvoir ont imposé des compressions importantes dans les secteurs de la santé et de l'éducation dès le début de leur mandat. De son côté, la Coalition avenir Québec (CAQ), première dans les intentions de vote selon les sondages, a tempéré ses positions antisyndicales, mais n'a pas réussi à apaiser les inquiétudes du mouvement syndical.

«Vous avez d'un côté les libéraux qui nous ont plongés dans l'austérité et ont attaqué nos membres. Et vous avez la CAQ dont l'agenda est désastreux, un agenda où on remet tout au privé», a résumé le directeur québécois du Syndicat canadien de la fonction publique, Marc Ranger.

«C'est notre devoir d'alerter et de mobilier nos troupes.»

Même si le Québec est réputé dans le reste du Canada pour le penchant de ses travailleurs pour descendre dansla rue pour manifester, l'influence des grands syndicats diminue d'année en année, fait valoir une professeure de sociologie de l'Université de Montréal, Mona-Josée Gagnon.

«On ne parle plus du syndicalisme dans les médias en général. Cela reflète l'affaiblissement du syndicalisme», a-t-elle soutenu.

Le syndicalisme semble être un domaine en perdition, même dans les universités québécoises, a-t-elle raconté. «Le syndicalisme à l'université est en retraite.»

M. Ranger ne partage pas cette opinion.

«À 40 % de membership, le mouvement syndical est en santé, mais il doit continuer à démontrer sa pertinence», a-t-il souligné.

Mais les règles électorales limitent les possibilités de manoeuvre de M. Ranger et de ses collègues.

Les règles encadrent l'intervention d'un tiers, un syndicat par exemple, durant la période électorale. Il n'est pas autorité à dépenser de l'argent pour influencer les électeurs ou pour s'opposer ouvertement à des candidats pendant la campagne officielle.

Le premier ministre Philippe Couillard a déjà annoncé que les élections seront déclenchées le 23 août, ce qui laisse peu de temps aux dirigeants syndicaux pour rappeler aux électeurs le «danger» de voter pour les libéraux ou la CAQ.

«Je pense que nos règles sont trop strictes. On marche sur des oeufs, a déploré M. Ranger. Les candidats ont le droit de dire ce qu'ils veulent. Les chroniqueurs d'opinion d'opinion prennent position, ils ont le droit de le faire, mais le syndicat, toi tais-toi. Toi, tu n'en pas le droit. Tu n'es pas invité. Moi je pense que oui, on est invité et on doit participer aux débats publics.»

Le syndicat de M. Ranger et d'autres groupes de travailleurs ont ciblé 14 circonscriptions où ils pensent pouvoir empêcher une victoire d'un candidat libéral ou caquiste. Ils apporteront une aide aux péquistes et aux solidaires.

Les syndicats peuvent organiser des conférences de presse pendant la campagne électorale. Les membres individuels peuvent donner de leur temps pour faire des appels ou sonner aux portes, mais c'est à peu près tout ce qu'ils peuvent faire, a déclaré Ranger.

L'intervention d'un tiers peut parfois nuire à un parti ou un candidat, parlez-en au député conservateur fédéral (PCC) Maxime Bernier.

Jacques Roy, un producteur laitier, avait lancé un groupe Facebook contre M. Bernier - parce que celui-ci s'opposait à la gestion de l'offre - lors de la dernière course au leadership du Parti conservateur. Le nombre d'adhérents a rapidement atteint le plateau des 10 000. Il a persuadé des gens de l'ensemble de la province d'adhérer au PCC et de voter pour le principal adversaire de M. Bernier, l'éventuel vainqueur Andrew Scheer.

«Cela a très bien fonctionné», a rappelé M. Roy.

De son côté, le porte-parole de la CAQ, Ewan Sauvé, semble prendre avec un grain de sel l'intervention des syndicats. «Tous ont le droit d'exprimer leurs points de vue, a-t-il commenté dans un courriel transmis à La Presse canadienne. Nous appelons les syndicats à le faire en respectant les règles électorales en vigueurs.»

«Les syndicats ne doit pas perdre de vue que leur mission première est de représenter les intérêts de leurs membres et non pas de faire de la politique», a-t-il ajouté.

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Lisée: retourner les pouvoirs vers les régions

Le Parti québécois (PQ) mise sur son préjugé favorable aux régions pour regagner la faveur populaire et espérer prendre le pouvoir le 1er octobre.

S’il réussit cet exploit, alors que le parti est au plus bas dans les sondages depuis plusieurs mois, le chef du parti, Jean-François Lisée, s’engage à mettre l’accent sur la décentralisation des pouvoirs au profit des régions, et ce, sans tarder.

Sur le plan symbolique, il veut faire en sorte que la toute première décision associée à son éventuel gouvernement, dès les premiers jours suivant la prise du pouvoir, soit prise en faveur d’un accroissement notable des pouvoirs dévolus au palier local et régional.

«On va publier le décret du cran d’arrêt. C’est pour les régions du Québec. On va dire à tous les ministères, toutes les agences, toutes les sociétés d’État: si vous êtes en train de centraliser quelque chose et couper des emplois dans les régions du Québec, arrêtez immédiatement!» a déclaré M. Lisée, lors d’une entrevue à La Presse canadienne, cette semaine, en prévision de la campagne électorale qui s’amorcera le 23 août.

Contre-ordre

Il parle d’un «contre-ordre général» à décréter au processus poussé de centralisation des décisions orchestré depuis quatre ans, selon lui, par le gouvernement Couillard, qui a pourtant fait de la décentralisation des pouvoirs vers les régions une de ses priorités.

Or, aux yeux du chef péquiste, depuis leur élection, les libéraux de Philippe Couillard ont «dévitalisé les régions et nous, c’est le contraire qu’on va faire», a-t-il promis, sans préciser de quelle façon.

La prochaine campagne électorale s’annonce fort difficile pour le PQ, qui, selon certains, est en train de jouer sa survie.

Mais contrairement à ce que laissent croire les sondages, qui placent depuis des mois les intentions de vote envers le PQ à moins de 20 %, M. Lisée ne s’avoue pas vaincu. Il est convaincu que son parti est toujours dans la course et que ses chances de l’emporter le 1er octobre, quoi qu’on en pense, sont bonnes.

«Nous, on veut les clés de la maison», illustre M. Lisée, persuadé que son parti va «surprendre» tout le monde le soir du 1er octobre. Il se fait rassurant : «Le PQ est toujours sous-estimé et il surprend» le jour du vote, dit-il, rappelant la victoire de René Lévesque en novembre 1976 et la quasi-victoire de Jacques Parizeau, lors du référendum d’octobre 1995.

Sans nommer spécifiquement la Coalition avenir Québec (CAQ) de François Legault, sa stratégie électorale consistera à démasquer les «charlatans» qui promettent du même souffle de baisser les taxes et les impôts, tout en augmentant les services publics. Il croit en fait que la CAQ, «un parti conservateur», a un objectif caché de privatisation des services publics et en donne pour preuve le fait que M. Legault s’entoure de quelqu’un comme Youri Chassin, qui fait partie des gens clamant qu’il «faut couper, qu’il faut privatiser» les services publics.

Candidat caquiste dans Saint-Jérôme, l’économiste Youri Chassin a été directeur de la recherche à l’Institut économique de Montréal (IEDM), groupe de recherche qui fait notamment la promotion du libre marché.

«Un État fort»

Le rôle central de l’État dans les services offerts à la population «va être une des clés de la campagne», selon le chef souverainiste, qui en fait une question d’honnêteté et de crédibilité. Cherchant à se démarquer de ses rivaux sur ce plan, le PQ fera du maintien d’un «État fort» le cœur de son action et de sa plateforme, faisant le pari que ce sera le choix des électeurs.

Cette précieuse crédibilité en politique, sans laquelle on ne peut pas espérer prendre le pouvoir, ses deux adversaires en sont dépourvus, selon lui. Il reproche surtout au chef libéral Philippe Couillard de nier les années d’austérité budgétaire qui ont marqué le début de son règne et au chef caquiste François Legault de promettre une chose et son contraire, en parlant de baisses de taxes et d’impôts tout en disant que la qualité des services publics ne sera pas affectée. «Les deux ont un grave problème de crédibilité», selon lui.

Il se dit persuadé que le PQ peut raisonnablement faire des gains dans plusieurs régions, dont la Mauricie, l’Estrie, Québec, et la couronne de Montréal.

M. Lisée refuse de dire ce qu’il fera en cas de défaite de son parti le soir de l’élection. «Ce n’est pas une hypothèse à laquelle je réfléchis», dit-il sans vouloir commenter davantage. Il ne veut pas davantage s’étendre sur l’éventuel comité de transition qu’il devrait déjà mettre sur pied, en prévision de la victoire. «Je n’en parle pas», dit-il, comme si le sujet était tabou.

Souveraineté

Il promet que la promotion de la souveraineté du Québec ne sera pas exclue de la campagne. Au contraire, il entend bien en parler «au début, au milieu et à la fin».

Le PQ s’est engagé à ne pas tenir de référendum dans un premier mandat, une échéance reportée à un deuxième mandat.

M. Lisée convient que si cette idée est acceptée par les militants, elle est moins bien comprise par la population en général. «Il y a un travail d’explication à faire» auprès des électeurs, reconnaît-il.

Il est même convaincu que ce report à un deuxième mandat d’un référendum sur la souveraineté va certainement attirer des votes au PQ le 1er octobre.

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Alexandre Taillefer: François Legault est «une menace à la paix sociale»

La paix sociale serait menacée au Québec, si jamais François Legault prenait le pouvoir le 1er octobre, selon Alexandre Taillefer.

Le président de la campagne électorale du Parti libéral du Québec (PLQ), se dit très inquiet de l’éventuelle élection de la Coalition avenir Québec (CAQ).

Et M. Taillefer n’a pas hésité à brandir le spectre d’une crise sociale, si jamais ce scénario s’avérait, au cours d’un entretien de près d’une heure avec La Presse canadienne, dimanche.

Il faut appréhender «une détérioration de la paix sociale», affirme avec aplomb M. Taillefer, un des joueurs-clés de la campagne électorale libérale.

«Moi, ça m’inquiète énormément», ajoute celui qui se décrit comme «un électron libre» de la politique, reconnu pour son franc-parler.

Il associe la CAQ au courant politique libertarien, qui prône un État minimaliste.

«Le libertarisme est un danger» réel qui pourrait frapper le Québec si la CAQ prenait le pouvoir, assure M. Taillefer, en affirmant que M. Legault est entouré de «plusieurs personnes» prônant ce type d’idéologie de droite.

Si la CAQ prend le pouvoir, il craint donc des coupes massives dans la fonction publique, la fin des commissions scolaires et la privatisation de plusieurs services publics, soit un cocktail de décisions susceptibles de créer notamment un affrontement entre les syndicats et le gouvernement.

François Legault, c’est «l’éléphant dans un magasin de porcelaine», à ses yeux.
Il craint aussi que les électeurs qui s’apprêtent à voter pour lui ignorent qui est «le vrai François Legault».

Il craint aussi que les électeurs qui s’apprêtent à voter pour lui ignorent qui est «le vrai François Legault».

«Il dit ce que la population veut entendre», ne révélant pas ce qu’il entend vraiment faire une fois élu, selon lui.

D’où l’importance, capitale à ses yeux, du scrutin du 1er octobre pour le Québec, alors que les électeurs auront le choix entre un gouvernement libéral «progressiste» ou un gouvernement caquiste de droite.

Un homme de gauche

L’homme d’affaires bien connu dit être entré au PLQ par la porte de gauche. Il entend bien y défendre des valeurs progressistes, qui vont se transformer en mesures concrètes dans la plateforme électorale que s’apprête à présenter le parti, qu’il veut tirer toujours plus vers la gauche de l’échiquier politique, avec des investissements importants dans les programmes sociaux.

Il promet que cette plateforme contiendra «des idées novatrices qui vont surprendre beaucoup de monde», en promettant «tout ce qui permet d’offrir une meilleure qualité de vie» aux citoyens.

Homme fortuné, il ne se définit pas pour autant comme un membre de la «gauche caviar», précise-t-il durant l’entrevue, autour d’un café, dans le décor feutré de l’Hôtel Ritz-Carlton.

Il dit croire fermement aux «bienfaits des politiques sociales» pour créer une société plus juste, plus égalitaire, prônant notamment une hausse du salaire minimum à 15 $ l’heure.

Son saut en politique, en mai dernier, n’a pas été de tout repos.

Il en reste traumatisé, au point de remettre en question son engagement politique futur. «Je suis un électron libre. Je ne suis pas un loose cannon, mais je suis un électron libre», soutient l’homme d’affaires, loin d’être sûr de se sentir très à l’aise dans l’univers politique, avec sa culture, ses codes et ses normes, parfois rigides.

«Je pense que je ne suis malheureusement pas fait pour la politique», confesse-t-il.

Ceux qui le voyaient déjà candidat au leadership libéral, si Philippe Couillard démissionnait au lendemain d’une défaite, il répond qu’il est «un gars très intuitif», bien peu disposé aux savants calculs stratégiques destinés à mieux se positionner.

Surtout, il estime ne pas être fait du bois dont on façonne les politiciens.

«Je ne pense pas que je serais capable de travailler dans un moule» comme celui-là, dit cet anticonformiste.

Pas de cravate

Un exemple parmi d’autres : le code vestimentaire.

L’uniforme d’un chef politique est le complet-cravate, idéalement de couleur sombre et de coupe conservatrice.

Or, Alexandre Taillefer ne porte que des jeans, 365 jours par année, accompagnés la plupart du temps d’une chemise sport ouverte, «gougounes» de caoutchouc aux pieds pour plus de confort.

Son cou n’a jamais été encerclé d’une cravate «au cours des 15 dernières années», et pas question que cela change.

Il veut bien «servir la population», mais n’est donc «pas certain» que la politique active et «soit la meilleure façon» pour quelqu’un comme lui.

Le coeur qui bat fort

Il a été échaudé par la couverture médiatique, en mai, quand il a annoncé qu’il allait présider la campagne libérale. Surpris de faire la manchette pendant des jours, il a été critiqué sous toutes ses coutures, certains raillant le fait d’avoir affirmé qu’il rêvait de devenir un jour premier ministre du Québec.

Cet épisode l’a beaucoup affecté, relate l’ancien Dragon de la télé. Il se levait le matin anxieux, se demandant quel média allait l’éreinter ce jour-là. «Le cœur me débattait», raconte celui qui semble encore sonné de constater qu’une expression malhabile — comme lorsqu’il a parlé de l’importance d’avoir les deux mains sur le volant — puisse faire la manchette et susciter autant de commentaires.

Quoi qu’il en soit, il sera très actif durant la campagne électorale, à la fois dans le «war room», le centre décisionnel libéral, et en tournée, menée en parallèle de celle du chef, Philippe Couillard.

En cas de victoire ou de défaite, il reprendra ses activités à la tête de ses entreprises et promet de continuer, d’une façon ou d’une autre, à s’impliquer au PLQ pour influencer ses choix. Mais il pourrait bien dorénavant préférer l’ombre à la lumière.

Politique

Legault rejette un projet éolien sur la Côte-Nord

SHAWINIGAN — Le chef de la Coalition avenir Québec (CAQ), François Legault, se range du côté du président d’Hydro-Québec et rejette un important projet éolien sur la Côte-Nord.

De Shawinigan, où il lançait sa campagne par un discours à saveur économique, l’aspirant premier ministre a précisé qu’il ne signerait pas le contrat pour le projet de parc éolien Apuiat, à la lumière des informations qu’il détient.

Il s’est également ouvert, de façon plus générale, sur l’énergie éolienne, une énergie qu’il considère «d’appoint», qu’on ne doit pas acheter en situation de surplus, selon lui.
Le projet Apuiat, qui procurerait des centaines d’emplois aux Innus avec sa production de 200 mégawatts, sème la controverse.

Le président d’Hydro-Québec, Éric Martel, a remis en question la pertinence du projet, tant sur le plan financier qu’énergétique, la société d’État devant déjà composer avec d’importants surplus d’électricité.

«J’ai confiance que même les citoyens de la Côte-Nord, qui vont peut-être se voir privés d’un projet à court terme, vont comprendre qu’on ne peut pas mettre 1,5 milliard de pertes chez Hydro-Québec pour créer des emplois, a déclaré M. Legault. Il faut que ce soit des emplois utiles.»

Selon lui, le président américain Donald Trump importerait davantage d’hydro-électricité du Québec si on lui expliquait qu’elle coûte moins cher que le charbon. «Je trouve que c’est un bon argument qui n’a pas été assez utilisé», a lancé le chef caquiste.

Pour sa part, le chef du Parti libéral du Québec (PLQ) et premier ministre, Philippe Couillard, martèle qu’il «est essentiel de faire le projet» Apuiat, ne laissant pas de place au doute sur ses intentions et sa détermination.

Il a maintenu dimanche sa position en marge de la Conférence des gouverneurs de la Nouvelle-Angleterre et des premiers ministres de l’Est du Canada, à Stowe au Vermont.

«Je réitère le caractère absolument fondamental de cette entente pour l’avenir du nord du Québec et pour l’avenir du développement hydro-électrique dans le nord du Québec, a-t-il souligné. Il ne faut pas penser que les Premières Nations continuent d’accepter qu’on prélève des ressources sur leurs territoires traditionnels sans en avoir des bénéfices tangibles.»

Tout le Québec est prenable

L’économie sera l’un des principaux sujets de la campagne électorale, avec l’éducation et la santé. M. Couillard a annoncé samedi que la campagne s’amorcera le 23 août, pour une durée de 39 jours, soit le maximum prévu par la loi.

Dimanche, M. Legault s’est montré impatient d’en découdre avec les libéraux. Sur une scène en plein air, à quelques pas de la Cité de l’énergie, à Shawinigan, il a présenté 92 de ses candidats et a avancé qu’un raz-de-marée caquiste était possible.

«C’est prenable partout et on va essayer de gagner partout, dans toutes les régions du Québec», a-t-il déclaré, vantant son équipe «exceptionnelle», mais en assurant toutefois ne rien tenir pour acquis.

Une campagne plus longue ne peut qu’aider la CAQ, a-t-il affirmé. «Le parti qui a le plus à gagner à avoir du temps pour expliquer son programme pis à montrer son équipe, c’est la CAQ, a-t-il dit. Plus on a de temps, plus je suis content.»

Par ailleurs, le chef caquiste a affirmé en point de presse ne pas penser à l’après-élection, et ne toujours pas savoir s’il participera ou non au Sommet de la Francophonie en octobre, dans l’éventualité où il forme le gouvernement.

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Laviolette-Saint-Maurice: nouvelle circonscription... sans Julie!

SHAWINIGAN — La campagne électorale n’est pas commencée, mais c’est tout comme. Autour des BBQ, des candidats s’activent dans certaines circonscriptions particulièrement chaudes. Les journaux du Groupe Capitales Médias vous proposent chaque dimanche d’ici la fin août six luttes qui feront jaser tout le Québec. Cette semaine, place à Laviolette-Saint-Maurice.

Déjà, on peut prédire deux grands bouleversements en Mauricie lors du prochain scrutin provincial: une nouvelle circonscription, soit celle de Laviolette-Saint-Maurice, et une première élection en 17 ans sans Julie Boulet.