Les élus ont convenu lundi soir de résilier le contrat de l’architecte au dossier, MDA Architectes, et de mandater l’architecte granbyenne, Caroline Denommée­, pour compléter le projet.

Église Notre-Dame: le contrat de l’architecte résilié

Rien ne va plus sur le chantier du réaménagement de l’église Notre-Dame, actuellement en cours à Granby. Les élus ont convenu lundi soir de résilier le contrat de l’architecte au dossier, MDA Architectes, et de mandater l’architecte granbyenne Caroline Denommée pour terminer le projet.

« Ça prend du courage. [...] À un moment donné, quand ça ne va pas, ça ne va pas. On n’a pas à endurer à très long terme quelque chose qui ne fonctionne pas », a déclaré le maire de Grany, Pascal Bonin, au terme de la séance ordinaire du conseil.

Il semble que ce soit la première fois à Granby que le contrat d’un architecte soit résilié au beau milieu d’un chantier.

Pascal Bonin n’a pas voulu entrer dans les détails, car le dossier pourrait se retrouver devant les tribunaux. Mais il affirme que la Ville aurait souhaité une meilleure collaboration avec la firme d’architectes montréalaise, qui s’était révélée être le plus bas soumissionnaire lors de l’appel d’offres.

« Depuis plusieurs mois, MDA architectes inc. est en défaut de respecter les termes, conditions et obligations contenus au contrat », est-il indiqué dans le sommaire décisionnel remis aux élus, dont les médias ont obtenu copie.

Le maire affirme que plusieurs réunions ont été tenues, dont une d’urgence vendredi dernier. MDA Architectes aurait ainsi eu du temps pour remédier à la situation, mais elle aurait omis de le faire. D’où la décision prise lundi par le conseil de confier le chantier à une autre architecte qui avait d’ailleurs, elle aussi, répondu à l’appel d’offres de la Ville en 2016. Elle avait présenté une soumission de 454 151 $, alors que MDA Architectes avait déposé une offre de 401 488 $.

Ce mandat inopiné a été confié de gré à gré à Caroline Denommée, car les coûts du contrat sont inférieurs à 100 000 $ et respectent les nouvelles règles de la Ville en la matière, a justifié Pascal Bonin.

Pas optimale
Le maire admet par ailleurs que le chantier, qui permettra au Cégep de Granby d’y installer des étudiants de deux programmes techniques, connait des ratés. « On ne se le cachera pas. Ce n’est pas un chantier qui va bien », laisse-t-il tomber.

« La collaboration entre les gens n’est vraiment pas optimale. Quand les choses de base ne vont pas d’une main à l’autre — entre l’entrepreneur, la Ville et l’architecte —, ça devient un peu cacophonique. L’entrepreneur blâme l’architecte, qui dit que c’est la faute de l’entrepreneur. On commence à tourner en rond. Et c’est comme ça depuis le début. Il est temps que ça arrête », déclare Pascal Bonin.

À ce jour, des coûts supplémentaires de 263 000 $, sur un contrat initial de 10 millions $, soit un dépassement équivalant à 2,56 % du total, ont été enregistrés. Le maire ne s’aventure toutefois pas à lier cet excédent de coûts à la situation actuelle.

Le réaménagement de l’église Notre-Dame, qui permettra aussi la transformation de la nef en salle multifonctionnelle, devrait entraîner une facture globale estimée à 13 millions $, dont neuf millions sont assumés par la Ville et quatre millions par le Cégep de Granby.

Chose certaine, le chantier a pris du retard. Alors que la fin des travaux était prévue pour le début de la prochaine année scolaire, à la fin août, la rentrée des étudiants dans le nouveau pavillon Notre-Dame a été repoussée au début de l’année 2019.

« Nos gens ont fait un travail extraordinaire pour colmater les brèches depuis le début. Mais il y a une certaine limite », a laissé tomber le maire en affirmant que le dossier n’est « pas facile ». Il assure toutefois regarder dorénavant vers l’avant. « Il y a eu des délais. Mais peut-être qu’on va les rattraper et que ça va se mettre à rouler », dit-il.