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Le retard accumulé et les multiples mesures sanitaires à observer dans les écoles nuisent à l’apprentissage, soutient le Syndicat de l’enseignement de la Haute-Yamaska (SEHY).
Le retard accumulé et les multiples mesures sanitaires à observer dans les écoles nuisent à l’apprentissage, soutient le Syndicat de l’enseignement de la Haute-Yamaska (SEHY).

Éducation: «ça va être difficile d’atteindre les objectifs»

Pascal Faucher
Pascal Faucher
La Voix de l'Est
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La pandémie et la pause forcée du printemps dernier continuent d’avoir des répercussions sur l’enseignement aux élèves. Au point où les professeurs se résignent à « niveler par le bas ».

« De façon générale, ça va être difficile d’atteindre les objectifs », soutient la présidente du Syndicat de l’enseignement de la Haute-Yamaska (SEHY), Alina Laverrière.

Le retard accumulé et les multiples mesures sanitaires à observer dans les écoles nuisent à l’apprentissage. Selon la Fédération québécoise des directions d’établissement d’enseignement, la province compte 30 % d’élèves en situation d’échec comparativement à 10 % habituellement.

Mme Laverrière ne peut confirmer ces chiffres pour le centre de services scolaire du Val-des-Cerfs. Mais les allègements d’examens récemment annoncés par le ministère de l’Éducation font écho à cette réalité, dit-elle. « Il y aura nivellement par le bas. »

Ces allègements sont bienvenus, mais il faut faire plus, affirme la présidente du SEHY. Les 20 M$ annoncés par Québec à l’automne ont été « saupoudrés un peu partout » et « c’était clairement insuffisant ». L’aide aux élèves doit être bonifiée au plus vite.

« J’ai 25 minutes d’un technicien en éducation spécialisée par jour dans ma classe. C’est pas avec ça que je vais sauver mes élèves en difficulté, indique Chantal Beauchemin, une enseignante de 1ere année du primaire à Granby. J’ai des élèves qui ne sont pas venus à l’école de mars à septembre. Ceux-là ont constamment besoin d’une aide supplémentaire. »

Aide ciblée

Une fois n’est pas coutume, Val-des-Cerfs est d’accord avec son principal syndicat quant au besoin de ressources supplémentaires pour les élèves. « S’il y a un réinvestissement, je vois ça d’un bon œil », dit le directeur général Eric Racine.

L’aide aux élèves doit être bonifiée au plus vite, dit la présidente du SEHY, Alina Laverrière. Les 20 M$ annoncés par Québec à l’automne étaient «clairement insuffisants».

Mais il préconise que cette aide soit ciblée « milieu par milieu, centres de services scolaires par centres de services scolaires ». Pour rattraper les grands retards et contrer les abandons, il augmenterait les services d’orthopédagogie au primaire et, au secondaire, les enseignants-ressources et les travailleurs sociaux.

« C’est ce qu’il faut faire pour avoir un impact rapide sur la situation actuelle », dit M. Racine. Le dg de Val-des-Cerfs ne partage toutefois pas le pessimisme de la Fédération québécoise des directions d’enseignement quant aux élèves en situation d’échec.

« C’est inquiétant dans certains cas, mais il n’y a pas lieu de jeter l’éponge. C’est très pensable qu’on puisse rattraper tout ça, même si ça peut prendre quelques semaines, quelques mois ou plus longtemps. On va en savoir un peu plus au premier bulletin, en janvier. Il est trop de bonne heure pour faire la lecture des impacts de ce retard-là. »

Oui, il y a pénurie de profs

Autre problème, le manque d’enseignants s’est accentué avec la fin de l’automne et tous les retraits en raison de la COVID-19. Eric Racine accepte désormais de parler de « pénurie » et non plus de « rareté ».

« Notre banque de remplaçants est vide », reconnaît-il. Par conséquent, plus de gens que jamais enseignent avec, en poche, un diplôme universitaire sans brevet d’enseignement. Des retraités et des conseillers pédagogiques retournent enseigner, une sexologue s’est fait offrir un poste et même le directeur général se dit prêt à retourner en classe s’il le faut.

« On est tous mobilisés, dit-il. On a un adulte responsable dans chaque classe, mais ce ne sont pas toujours des enseignants qualifiés, et la plupart ont un diplôme en lien avec le poste pourvu. »

Le manque de main-d’œuvre s’observe également dans d’autres corps d’emploi comme les concierges, rappelle M. Racine. « Le recrutement est de plus en plus difficile. Force est d’admettre qu’on tire le diable par la queue. »

«S’il y a un réinvestissement, je vois ça d’un bon oeil», dit le directeur général du centre de services scolaire du Val-des-Cerfs, Eric Racine.

Il espère que la situation s’améliore en janvier alors que « les gens auront eu deux semaines pour limiter leurs contacts et moins contracter le virus ». « Il y a un essoufflement chez les employés, c’est sûr. Les gens trouvent espoir dans les vacances qui approchent. »