Yvan O’Connor, directeur général du Cégep de Granby, Jacques Laurin, directeur général de la Caisse Desjardins de Granby-Haute-Yamaska et Bruno Robitaille, directeur de l’École nationale de la chanson.

École nationale de la chanson: soutenir les artistes de tous niveaux

L’industrie musicale est changeante à bien des niveaux, remarque Bruno Robitaille. Si certains attribuent ces transformations à une crise, lui préfère les percevoir comme des défis comportant leur lot d’opportunités. Partant de ce constat, l’École nationale de la chanson de Granby, dont il est le directeur, offrira des ateliers de perfectionnement destinés à des artistes qui roulent déjà leur bosse dans le milieu.

« Pour un artiste, c’est tout un défi que d’avoir une carrière qui dure dans le temps », affirme M. Robitaille. C’est pourquoi l’école nationale de la chanson s’est mise à plancher sur de la formation pouvant bénéficier à des auteurs-compositeurs-interprètes autant émergents qu’établis. 

Implantée au Cégep de Granby, l’École nationale de la chanson est la seule en son genre au pays à offrir une formation de 10 mois aux auteurs-compositeurs-interprètes dans la langue de Molière. Ceux qui la complètent obtiennent d’ailleurs une attestation d’études collégiales. 

« Jusqu’à l’an dernier, notre programme fort était la formation à laquelle est inscrite une quinzaine d’étudiants sélectionnés à travers le Québec chaque année. On peut qualifier cette clientèle-là d’artistes pré-émergents, qui n’ont pas de EP, pas d’album », détaille le directeur. 

Mais ceux qui ont déjà acquis un peu d’expérience ou dont la carrière est déjà lancée bénéficieraient tout autant d’obtenir des conseils et de vivre de nouvelles expériences leur permettant de stimuler leur créativité. 

« On souhaitait intervenir auprès des artistes et les outiller pour qu’ils continuent de perfectionner leur art », explique M. Robitaille.

Flexibilité

Ces ateliers pourraient s’apparenter au projet intitulé La Traversée, qui est présentement en cours et jumelle quatre artistes québécois — dont Ingrid St-Pierre, Caroline Savoie et Dany Placard — à quatre autres, en France. 

Accompagnés de leur gérant, les auteurs-compositeurs-interprètes d’ici sont allés de l’autre côté de l’Atlantique perfectionner leur art pendant deux semaines. Puis, mercredi, ce fut au tour de leurs homologues français d’atterrir à Montréal pour un séjour créatif qui les amènera quelques jours au Studio B-12 et aux Francofolies, le 18 juin. 


« On souhaite intervenir auprès des artistes et les outiller pour qu’ils continuent de perfectionner leur art. »
Bruno Robitaille, directeur de l’École nationale de la chanson de Granby

Et comme chaque artiste est unique, impossible d’imposer « une recette précuite » aux futurs participants. « On doit développer des missions et des objectifs dans des projets ponctuels, mais dont la formule sera flexible », envisage le directeur général, qui souhaite qu’une centaine d’auteurs-compositeurs-interprètes fassent appel aux services de l’école au cours de la prochaine année.

Soutien financier

La consolidation et la structuration de ces nouveaux projets sont rendues possibles grâce à un soutien financier de 76 000 $ de la Caisse Desjardins de Granby-Haute-Yamaska, issu d’un fonds de 100 millions de dollars créé en 2016 par Desjardins afin de soutenir des projets porteurs dans les communautés. 

Le directeur général de l’institution financière Jacques Laurin a d’ailleurs profité du spectacle des finissants de l’ÉNC, mercredi, pour annoncer la bonne nouvelle. « Ce programme de perfectionnement développé par l’École et destiné aux artistes de la chanson du Québec permettra de développer leurs capacités entrepreneuriales et artistiques en leur fournissant les outils nécessaires à la durabilité de leur carrière », a-t-il déclaré. 

La première moitié de cette somme a été versée à l’école cette année ; la seconde le sera l’an prochain.

Pour Bruno Robitaille, il s’agit d’une aide inestimable « Le centre de cette aide, c’est de nous épauler afin que notre initiative soit pérenne. C’est un coup de pouce qui arrive à un moment parfait », s’est-il réjoui.