Sonia Bahl, enseignante de quatrième année à l’école de Sutton, Florence Carey et Vanessa Lauzon, enseignante de 3e et 4e année du côté anglophone de l’école.

École de Sutton: partager de l’usagé plutôt qu’acheter du neuf

L’idée d’une élève de quatrième année a fait boule de neige et a mené à un projet impliquant toute l’école primaire de Sutton. La Boutique Partage a vu le jour dans le local d’art au terme d’une grande collecte auprès des enfants.

« Quand j’enseigne, j’essaie toujours de faire des liens avec l’actualité pour que ça ait du sens. On demande beaucoup d’efforts aux enfants, mais si tu es capable de faire un lien avec la vraie vie, ils sont plus motivés, remarque l’enseignante Sonia Bahl. J’avais montré des vidéos de Greta Thunberg et j’avais imprimé le discours de Greta à la COP24. Les enfants étaient vraiment stimulés par elle parce que c’est une jeune. »

« J’ai lu un livre sur les changements climatiques et j’ai trouvé ça horrible, se souvient Florence Carey, une jeune de la classe de quatrième année de Mme Bahl. J’ai voulu en savoir plus sur les façons de moins consommer. »

C’est en lisant sur le sujet qu’elle a eu l’idée de lancer un projet qui permettrait de partager des choses que les élèves n’utilisent plus, des jouets ou des vêtements.

L’idée était réalisable et, après un vote dans la classe, le travail a été enclenché. « C’est important qu’on réalise des projets qui viennent des enfants. C’est bon pour leur estime de soi. Florence est super contente de voir que sa proposition a fait boule de neige. Ils apprennent qu’ils peuvent avoir un impact dans la société. »

Travail d’équipe

Les enfants de toutes les classes, francophones comme anglophones, ont été sollicités. Des affiches bilingues ont été placées un peu partout dans l’école et les élèves de la classe de Florence ont fait des présentations orales dans toutes les classes pour parler du projet.

Les enfants avaient une date limite pour apporter des choses qui pourraient servir dans le cadre des cadeaux de Noël. « Les enfants ont tout classé. On a ouvert la boutique avant Noël. Au lieu d’acheter un jouet neuf pour un cousin, par exemple, les enfants pouvaient choisir un jouet usagé. »

Les élèves de la classe de Mme Bahl et ceux des classes anglophones de 3e et 4e année ont pris en charge la gestion et l’organisation de la boutique, la semaine dernière, et tenteront de liquider ce qui reste cette semaine. La première semaine a été un succès. La boutique a été ouverte tous les jours, lorsque l’horaire de classe le permettait.

« Je ne savais pas si les élèves embarqueraient. C’est facile de donner, mais allaient-ils choisir des jouets et des vêtements usagés ? Mais tu voyais que les enfants avaient du plaisir dans leurs yeux, même si le dinosaure en plastique était usé. »

Selon l’enseignante, les propos de deux Suttonnaises, qui ont visité les élèves quelques jours avant l’ouverture de la boutique pour parler d’emballage de Noël et de jouets d’antan, ont pu créer un intérêt encore plus grand chez les enfants.

Quant aux jouets incomplets ou brisés, les enfants ont essayé de leur trouver une autre utilité. Par exemple, les morceaux de casse-têtes incomplets ont été transformés en guirlandes de Noël.

Ce qui restera au terme de la deuxième semaine de la Boutique Partage sera donné à des œuvres de charité.

Florence Carey aimerait bien que l’activité revienne chaque année. Un souhait partagé par Sonia Bahl.