Image aérienne prise à partir d’un drone le 9 août par un riverain dans le secteur de Saint-Armand.
Image aérienne prise à partir d’un drone le 9 août par un riverain dans le secteur de Saint-Armand.

Éclosion de cyanobactéries dans la baie Missisquoi: la prudence est de mise

Nicolas Bourcier
Nicolas Bourcier
La Voix de l'Est
La baie Missisquoi est la proie d’une importante éclosion de cyanobactéries, communément appelée algues bleues. «Il faut être très prudent», met en garde le président du CA de l’organisme environnemental qui s’occupe du plan d’eau, Pierre Leduc, puisqu’elles représentent un danger pour les animaux et les humains.

Le 29 juillet, une employée de l’Organisme de bassin versant (OBV) de la baie Missisquoi mandatée de faire de la sensibilisation aux descentes de bateau auprès des riverains a remarqué la présence de ce qui semblait être des cyanobactéries dans l’eau, dans le secteur de Philipsburg.

Un signalement a été fait auprès du ministère de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques (MELCC), qui a confirmé l’éclosion d’algues bleues.


« Ce n’était pas aussi intense que ce que l’on voit sur les photos. Là, on ne peut pas se tromper. Ç’a beaucoup évolué depuis une semaine. »
Pierre Leduc, président du CA de l’OBV de la baie Missisquoi

L’OBV de la baie de Missisquoi a averti les municipalités et MRC concernées, «mais le ministère n’a pas encore émis de communiqué», relatait le président du conseil d’administration de l’organisme environnemental, Pierre Leduc, le samedi 8 août, d’avis que cela serait «intéressant et essentiel».

Le MELCC n’avait pas donné de réponse au moment de publier ces lignes.

Image aérienne prise le 7 août par un riverain.

Des images aériennes qui inquiètent

Un lecteur inquiet a fait parvenir à La Voix de l’Est des images aériennes de la baie prise avec son drone le vendredi 7 août, qui permettent à Pierre Leduc de confirmer encore une fois l’éclosion identifiée par les intervenants de l’OBV.

«Ce n’était pas aussi intense que ce que l’on voit sur les photos. Là, on ne peut pas se tromper. Ç’a beaucoup évolué depuis une semaine», a-t-il commenté, précisant qu’il s’attend a voir ce genre d’éclosion annuellement.

«Il faut être très prudent à partir de maintenant, surtout quand c’est visible comme ça. Pas de baignade c’est sûr, c’est très très dangereux, particulièrement pour les chiens», avertit Pierre Leduc, qui rapporte que six canins sont décédés en 24 heures dans le lac Neuchâtel le 30 juillet, en Suisse, à cause de cyanobactéries.

Dans son guide d’identification des fleurs d’eau de cyanobactéries, le Gouvernement du Québec explique leurs effets sur la santé.

«En cas de pratique d’activités récréatives dans une eau contenant beaucoup de cyanobactéries ou de cyanotoxines, des problèmes de santé peuvent survenir. Les malaises ou symptômes attendus sont essentiellement les suivants : nausées, vomissements, douleurs abdominales et diarrhée lorsqu’il y a ingestion; irritations des yeux, de la peau et des oreilles lorsqu’il y a contact cutané. Sauf en de rares exceptions, ces symptômes sont relativement bénins et réversibles en peu de temps», y explique-t-on.

«Ce n’était pas aussi intense que ce que l’on voit sur les photos. Là, on ne peut pas se tromper. Ça beaucoup évolué depuis une semaine», a commenté Pierre Leduc.

Plus tard qu’à l’habitude

«Si on compare aux autres années, c’est plutôt tard dans la saison, on ne se plaindra pas», avance Pierre Leduc. L’année dernière, un signalement avait été fait dès le 19 juin.

«On attribue cela à la sécheresse, au fait qu’il n’y a pas de précipitations pendant une longue période, ce qui a fait qu’il n’y a pas eu d’apport de nutriments neufs dans la baie Missisquoi et qu’il n’y a pas eu d’écoulement d’eau venant du lessivage des terres», explique M. Leduc, avant d’ajouter que le niveau d’eau de la baie a atteint cette année un «niveau record» .

Il peut arriver que les cyanobactéries se dissipent et que l’eau reprenne sa couleur habituelle, note-t-il, mais cela dépend de la météo : de forts vents, des vagues et du soleil sont habituellement nécessaires pour que l’eau retrouve ses couleurs.