Billy Roy et Olivier Barré
Billy Roy et Olivier Barré

Eazyvans: tout sous un même toit

Roxanne Caron
Roxanne Caron
La Voix de l'Est
La start-up Eazyvans vient tout juste de s’installer à Cowansville, alors que la passion de vivre dans un van semble être partagée par un nombre croissant de personnes. Le but d’Olivier Barré et Billy Roy ? Réunir sous un même toit tout le nécessaire pour convertir son van en un lieu habitable.

Un local de la rue de la Rivière est désormais occupé par le projet sur lequel Olivier planchait depuis trois ans déjà. Il a choisi de mettre ses compétences de technicien en génie mécanique à profit en créant des meubles en bois sur mesure pour les gens qui désirent aménager leur van afin d’y vivre à l’intérieur.

Grand amateur de ski et de vélo, Olivier a habité durant sept ans à Whistler en Colombie-Britannique. « J’ai vu que les vans c’était cool et je m’en suis monté un de façon amateur », raconte-t-il pour expliquer d’où l’idée lui est venue.

À terme, l’objectif ultime d’Olivier est de développer un système d’assemblage facile, « un peu comme les meubles IKEA ».

Bien qu’une personne moindrement habile de ses mains peut s’adonner à aménager un van, Olivier soutient que la plupart du temps, ce sont les meubles qui sont difficiles à réaliser.

« Ça te prend de la machinerie et ça fait de la poussière », précise-t-il.

Ainsi, à l’aide d’une machine-outil à commande numérique assistée par ordinateur, il parvient à découper des gabarits en bois de merisier russe qu’il a préalablement dessinés en trois dimensions à l’ordinateur.

Garage

Dès le départ, Billy s’est greffé à l’entreprise de façon inattendue, alors qu’il amorçait la conversion de son propre van cet été. Il s’est toutefois rapidement buté au manque d’espace.

« Je n’avais pas de place fixe pour construire le van. L’hiver arrivait et je voyais que je ne pourrais pas travailler dehors. »

Billy a donc lancé un appel à tous pour trouver un espace au chaud où travailler. « J’ai vite constaté que le besoin était répandu », lance-t-il.

C’est ainsi qu’Olivier est entré en contact avec Billy et que le garage de style « faites-le vous-même », où il est possible de louer l’espace pour travailler sur son van avec les outils nécessaires sur place, est né.

« Je pense aux [ventilateurs] de toit, aux ouvertures des vitres, à l’isolation. Ce sont des choses qui demandent de l’espace et où tu as besoin d’être au chaud. Par exemple, la colle et le silicone ont besoin d’être appliqués à une certaine température », énumère Billy pour montrer l’utilité de l’endroit.

Il est possible de réserver le garage à l’avance sur le site web de l’entreprise. Des blocs de quatre heures sont disponibles selon les plages horaires, le soir et le week-end.

Olivier Barré a fait la conversion d’un Ford Transit 2016.

Personnalisé

Après seulement quelques semaines d’opération, Olivier a déjà eu la chance de réaliser une conversion complète d’un van.

De la rencontre initiale avec le client jusqu’à la livraison, son travail lui aura pris près de trois mois à réaliser.

« On doit parler des besoins, du budget, passer les commandes et faire le design », énumère Olivier.

Depuis l’acquisition de sa machine à commande numérique, il estime être en mesure de livrer un van en un mois et demi.

« Mes méthodes d’usinage ne sont pas finales et mes gabarits ne sont pas tous faits, reconnaît-il. Le but ultime, c’est que les gens puissent commander des gabarits prédéfinis par internet et que je puisse les livrer en une semaine », projette Olivier.

Style de vie

Le jeune entrepreneur vient tout juste de laisser son appartement à Montréal et il vit désormais dans son propre Mercedes-Benz Sprinter, qu’il entrepose chez Eazyvans.

Il utilise aussi son véhicule en guise de prototype pour faire de la recherche et du développement.

« J’étais écœuré de travailler pour du monde et je me suis lancé [dans Eazyvans], raconte celui qui faisait l’inspection des ponts et des écluses pour la voie maritime du Saint-Laurent. J’ai toujours eu un côté créatif et je fite mal dans le moule, alors je me suis fait mon propre moule. »

Pourquoi avoir choisi Cowansville ? « Parce que Bromont » lance du tac au tac Olivier.

L’accès facile à la montagne de Bromont est ce qui l’a motivé à déménager ses pénates dans la ville voisine.

« Le coût de la vie est abordable et le ski est super beau », assure Olivier.

Les deux entrepreneurs ne sont pas les seuls à aspirer à plus de liberté. « Beaucoup de monde peut travailler de n’importe où avec internet, relève Olivier. Ça amène un nouveau style de vie. »

Malgré le fait que Billy ait une carrière stable chez Camso en tant qu’acheteur de projets, l’appel de la nature et l’envie de faire du sport guident ses choix.

« Je me suis toujours considéré comme un bum urbain. J’aime ma job et l’environnement ici, mais je suis toujours à gauche et à droite et je veux traîner mes équipements de sports avec moi tout le temps », explique Billy.