Les eaux utilisées pour nettoyer les six filtres des bassins de l’usine de filtration de la Ville de Farnham sont rejetées illégalement dans la rivière Yamaska.

Eaux chlorées rejetées dans la Yamaska: Farnham semoncée par le fédéral

La Ville de Farnham devra investir 499 000 $ dans son usine de filtration d’eau potable pour respecter les normes du ministère de l’Environnement du Canada.

Des inspections menées en février et en juin par des agents fédéraux ont révélé que les eaux servant à nettoyer les six filtres de l’usine sont rejetées directement dans la rivière Yamaska. Le cours d’eau étant considéré par le gouvernement canadien comme navigable, ces rejets contreviennent à la Loi sur les pêches.

Les échantillons prélevés dans la rivière au point de rejet des eaux de l’usine ont révélé des traces de chlore. Or cette substance est considérée comme nocive, donc interdite « dans des eaux où vivent des poissons », a indiqué dans un échange de courriels Amélie Desmarais, porte-parole de l’organisme.

« On leur a montré comment on procédait. Ils ont inspecté le bâtiment et le terrain. Ils nous ont dit qu’on ne pouvait pas déverser les eaux dont on se sert pour laver nos filtres. On ne le savait pas. On ne s’est pas défilé », indique Alain Baril, directeur du service de traitement des eaux de la Ville de Farnham.

Tous les jours, un des six filtres de l’usine est nettoyé. Le processus requiert chaque fois l’utilisation de 200 000 litres d’eau, explique Alain Baril. Ces eaux sont ensuite envoyées dans la rivière Yamaska.

La Ville devra acheminer les eaux qu’elle utilise pour nettoyer ses filtres vers son usine d’épuration des eaux usées. Pour ce faire, elle aménagera un réservoir à l’extérieur de son usine de filtration pour recueillir les eaux de nettoyage. De ce réservoir, une station de pompage poussera les eaux vers le réseau d’égout sous la rue Principale.

Les plans et devis seront préparés dans les prochaines semaines. Des analyses de sols et une étude géotechnique seront réalisées en vue des travaux. Ceux-ci seront effectués en 2019, a dit M. Baril. « Ça va nous laisser le temps de travailler nos affaires pour obtenir toutes les autorisations nécessaires. Les travaux vont être près de la rivière, ça peut donc être un peu plus long pour les autorisations. »

Un montant de 49 000 $ est prévu au programme triennal d’immobilisations dans la nouvelle année pour préparer les plans. Pour 2019, 450 000 $ sont inscrits au PTI pour réaliser les travaux.

Pas d’amende

La Ville ne s’attend pas à recevoir une amende. « On collabore pleinement. On leur a donné les correctifs envisagés et un calendrier de réalisation des travaux. La Ville va faire les efforts qu’on lui demande », assure Alain Baril.

Le ministère fédéral de l’Environnement s’intéresse aux façons dont les usines d’eau potable des municipalités disposent des eaux utilisées pour nettoyer leurs installations. Une trentaine de villes auraient été ciblées au Québec et autant en Ontario, a-t-on appris.

Mme Desmarais n’a pas voulu dire quelles villes québécoises avaient reçu la visite d’agents d’application de la loi dans le cadre de cette opération.