Michel Pania a fait la conception d’une nouvelle usine d’eau potable pour Brigham. Ses réservoirs permettent d’alimenter l’hôtel de ville, le centre des loisirs et les jeux d’eau en été.

Eau potable à l’hôtel de ville de Brigham: un procédé chimique à la rescousse

Depuis bientôt un an, les citoyens et employés de Brigham peuvent consommer l’eau du robinet à l’hôtel de ville et dans le bâtiment des loisirs. Depuis 2012, l’eau n’était plus potable alors que la municipalité était aux prises avec un taux important de manganèse, de fer et d’arsenic.

L’ingénieur à la retraite, toujours membre de l'Ordre des ingénieurs, Michel Parnia a présenté vendredi le projet, qu’il a mené bénévolement pour la municipalité, devant six ingénieurs intéressés par la solution trouvée.

« Vous êtes invités aujourd’hui en tant que membres bénévoles de l’Ordre des ingénieurs pour comprendre que, dans la vie d’ingénieurs, vous pouvez avoir plusieurs projets de toutes grandeurs, leur a-t-il indiqué vendredi matin. Dans ma carrière, j’ai fait des petits travaux de 15 000 $ et des travaux de 75 M $. »

Il souhaitait sensibiliser les ingénieurs aux petits projets qui peuvent tout de même changer la vie de bien des gens.

L’usine, qui prend place dans une partie du garage municipal annexé à l’hôtel de ville, est plutôt petite, mais elle permet de répondre aux besoins du bâtiment municipal, de celui des loisirs et des jeux d’eau.

Après avoir étudié la situation et les solutions possibles, M. Parnia a opté pour un procédé chimique qui permet de se débarrasser presque à 100 % de ces trois contaminants.

Avant les travaux, le taux d’arsenic était de 0,0136 milligramme par litre, tandis que la norme québécoise est de 0,01 depuis 2011. Celui du fer était de 3,17 mg/L. La norme canadienne est de 0,3. Le manganèse avait une proportion de 1,38 mg/L, alors que la norme canadienne est de 0,05.

Grâce à un nouveau puits, la ville a assez d’eau sans toucher à la nappe phréatique des voisins. Le procédé de purification de l’eau de la nouvelle usine a quant à elle permis de faire diminuer ces valeurs sous les normes.

« Je suis content »

Même si l’usine était en fonction en novembre 2018, il a fallu attendre quelques mois pour avoir l’autorisation du ministère de l’Environnement et de la Lutte aux changements climatiques pour commencer à consommer l’eau.

L’ingénieur à la retraite a tenu à tester l’usine avant d’inviter d’autres ingénieurs. Ceux-ci provenaient de secteurs variés et se sont montrés intéressés par le projet et le procédé choisi.

« La municipalité s’est battue pour arriver à faire l’usine. J’étais très content qu’ils m’aient choisi, confie M. Parnia, qui est ingénieur-conseil pour Brigham. Un ingénieur aurait peut-être demandé 30 000 à 40 000 $. C’était pour moi l’occasion de leur rendre service. Pour moi, c’était très important. Pour eux, c’est un succès, ils ont de l’eau potable, et moi, je suis content. »

À la retraite depuis quelques années, il a décidé de s’impliquer bénévolement dans son métier pour rester actif. Pour la municipalité, qui n’a pas un budget très imposant, l’implication volontaire de M. Parnia permettait d’aller de l’avant et de sauver des frais.

Un procédé chimique permet de purifier l’eau provenant du nouveau puits de la municipalité de Brigham et ainsi d’éradiquer le manganèse, l’arsenic et le fer.

Des contaminants à la maison

S’il y a de l’arsenic, du manganèse et du fer dans l’eau du puits de la ville, il y en a aussi dans des puits privés de la petite municipalité. Il n’y a toutefois pas de données à ce sujet puisque ce ne sont pas tous les propriétaires qui font tester leur eau.

Récemment, un citoyen de Brigham est tombé malade en raison de sa consommation d’eau à la maison depuis des années, souligne M. Parnia, ce qui est confirmé par Francis Bergeron, coordonnateur de projets à Brigham. L’eau du puits privé de ce citoyen est contaminée notamment par le manganèse.

Ce métal attaque le système nerveux central si le corps ne peut se débarrasser du surplus et pourrait résulter, chez les enfants, en troubles de la mémoire, d’attention et de dextérité manuelle, rapporte l’émission Enquête, qui a diffusé jeudi un reportage sur une famille victime du manganèse à Acton Vale.

La présence d’arsenic dans l’eau est aussi un problème qui peut toucher des citoyens.

« Il y en a quelques-uns qui ont ce problème, indique M. Bergeron. Il y en a qui installent eux-mêmes un système qui éradique l’arsenic. Il y en a qui ne consomment plus leur eau. Mais ce n’est pas tout le monde qui fait le test, à la base. Chaque année, on publie un article qui recommande de faire le test dans le bulletin municipal distribué à chaque porte. On met les recommandations du ministère et la marche à suivre. »

« Certains boivent l’eau de leur puits de génération en génération, note Michel Parnia. Beaucoup ne se sont jamais demandé quelle était la qualité de leur eau. Des fois, ils sont très réticents. »

Non seulement les étapes pour faire tester l’eau demandent un certain temps et une dépense, mais les travaux à effectuer ensuite peuvent coûter cher. Les coûts peuvent ainsi représenter un frein pour plusieurs.