Le maire d'Eastman Yves Larramée et le conseiller Patrick McDonald entourent­ la directrice générale Anne Turcotte.

Eastman: croître dans le respect de la nature

Les moyens qu’ont les municipalités de garnir leurs coffres sont limités, la principale source de leur financement étant les revenus qu’elles tirent de la taxe foncière.

« Les taxes ne peuvent pas monter indéfiniment, souligne la directrice générale d’Eastman, Anne Turcotte. Nous avons le souci de rendre nos services efficacement pour éviter que ça ne se répercute dans le compte de taxes des citoyens. »

« La clé de notre succès, c’est qu’on est parvenus à ne pas hausser les taxes pendant sept ans, renchérit le maire Yves Larramée. On a toujours été capables de pallier. »

Il se construit en effet entre 25 et 45 nouvelles habitations sur le territoire de la municipalité chaque année. À titre de nouveaux payeurs de taxes, ceux-ci absorbent les hausses qui autrement auraient été refilées aux autres citoyens. « Mais dans un horizon de 15 ans, prévient le conseiller Patrick McDonald, on devra trouver d’autres solutions. »

Contraintes naturelles

Au fil des ans, plusieurs développements domiciliaires ont vu le jour à Eastman. « On a des développements à maturité, où il ne reste qu’un ou deux terrains à vendre, qui ne sont plus considérés comme actifs ; on en a aussi des nouveaux pour quelques maisons », illustre M. Larramée.

La possibilité d’offrir d’autres types de logis que de l’unifamilial isolé est à l’étude au conseil municipal.

« Il y a une réflexion sur ce qu’il reste à bâtir au niveau du CCU [comité consultatif d’urbanisme]. Il ne reste plus rien à développer au sud, alors on doit aller dans le nord », ajoute le maire.

Ce faisant, les futures résidences pourraient être construites sur les terrains disponibles entre les chemins Khartoum et Georges-Bonnalie, où se trouvent une zone inondable et plusieurs milieux humides, entre autres. Des endroits où la construction est interdite par la réglementation municipale.

Jusqu’en novembre 2017, la zone dans laquelle se trouvait le chemin Khartoum était catégorisée « Rurale Forestière » (RF). En vertu de l’ancien plan d’urbanisme, « aucune résidence ni chemin d’accès ne pourront être construits » à cet endroit. La refonte du règlement de zonage a toutefois abrogé la zone RF, au profit des zones mitoyennes RUR11 et RUR12 qui, elles, sont constructibles.

Les élus en sont conscients : les possibilités de développement sont limitées par les contraintes naturelles d’Eastman, qui en font d’ailleurs le charme que recherchent ceux qui viennent s’y établir.

« Les gens sont attirés par l’écrin naturel ; ils viennent s’établir à Eastman pour ça. On n’ira pas détruire notre paysage », affirme M. McDonald.

Choix déchirants

En 2017, le conseil s’est buté à tout un dilemme. Pour le passage d’une ligne électrique et de télécommunications sur le chemin Khartoum, il fallait choisir entre empiéter sur un milieu humide ou déboiser des arbres matures. C’est cette dernière avenue qui a été retenue, non sans gaieté de cœur. « Ça a été un choix déchirant, reconnaît M. McDonald. On a choisi les arbres matures pour être conformes avec notre réglementation, parce qu’ici, on est intraitables avec les milieux humides. »

« On ne pourra jamais être Brossard. Mais l’envers de la médaille, c’est que ça limite le développement du territoire, ajoute le conseiller. Si notre développement n’est plus rentable à cause des caractéristiques naturelles de notre milieu, notre capacité d’accueil sera atteinte. »