Mario Dumont a galvanisé ses troupes hier, lors d'un rassemblement portant sur l'éducation dans les murs de l'école secondaire J.-H.-Leclerc.

Dumont relance le débat

Mario Dumont a relancé le débat sur l'identité québécoise, hier à Granby, y allant d'une charge en règle contre le controversé cours d'éthique et de culture religieuse. Ce cours, comme le retrait des sapins de Noël à l'école, sont le fait d'une société «qui n'est pas capable de se tenir debout», a dénoncé le chef de l'ADQ.
Devant près de 200 parents réunis à l'école J.-H.-Leclerc, son plus gros rassemblement depuis le début de la campagne, M. Dumont a tiré à boulets rouges sur ce qui a remplacé les cours d'enseignement religieux et de morale.
«C'est la résultante de ce que j'appelle une dérive bureaucratique, at-il tonné pendant son discours. C'est la résultante d'une société qui n'est pas capable de se tenir debout.»
Dans une sortie qui rappelle celles dont l'ADQ a fait ses choux gras pendant le débat sur les accommodements raisonnables, Mario Dumont a affirmé que la disparition des arbres de Noël et des lapins de Pâques dans les écoles constituent une «négation» de l'identité québécoise.
Il entend imposer un moratoire sur le cours d'éthique et culture religieuse dans les écoles primaires, et le remplacer par un cours de français.
«Les gens qui ont pensé ce cours-là, a-t-il déclaré, c'est le même monde qui se battent par tous les moyens détournés pour qu'il n'y ait plus d'arbres de Noël dans les classes.»
Chauffer la foule
Avant l'arrivée de son chef sur la Place des Incroyables, le député adéquiste sortant, François Bonnardel, avait bien pris soin de chauffer la foule en faisant monter sur le podium des cheerleaders et des joueurs des Incroyables.
Lui-même vêtu du chandail des Incroyables, pour souligner la saison sans défaite de la jeune équipe de football, M. Bonnardel a parlé de fierté et d'appartenance au milieu scolaire.
«Ce sont nos leaders de demain, a-t-il dit. On peut les féliciter de rester à l'école. Ici, ils apprennent le respect, la loyauté et la discipline.»
Son chef est venu en rajouter. Devant une foule regroupant notamment des membres de la Coalition pour la liberté en éducation ainsi que des Pèlerins de Saint-Michel (les Bérêts Blancs), Mario Dumont a souligné l'importance de développer le sentiment d'appartenance des jeunes à leur école.
«Nous à l'ADQ, on se bat depuis des années contre le décrochage, a-t-il lancé. Ce n'est pas en appliquant des réformes de fonctionnaires qu'on va donner le goût aux jeunes de s'accrocher. Il faut faire de l'école un milieu de vie où, par le biais d'activités sportives et culturelles, les jeunes aient le goût de s'accrocher. Il faut reconstruire les écoles pour qu'il y ait plus de gars au Québec qui portent le chandail de leur équipe sportive plutôt que celui d'un gang de rue.»
Identité québécoise
Selon le chef adéquiste, les enfants du primaire devraient en apprendre davantage sur la culture et l'identité québécoise avant d'être en mesure de s'ouvrir aux autres cultures.
«Avec ce cours (d'éthique et de culture religieuse), on impose l'idéologie du multiculturalisme de Trudeau à laquelle les Québécois ont déjà dit non et que des gens nous ramènent par la porte d'en arrière, explique M. Dumont. Nous ce que l'on prône, c'est l'interculturalisme, l'intégration des nouveaux arrivants.»
Mario Dumont a ensuite soulevé la foule en affirmant que l'ADQ rendrait la liberté de choix aux parents, clamant haut et fort que les écoles et les jeunes représentaient ce que le Québec a de plus précieux.
Patate chaude
Le chef adéquiste a également souligné avec quel désintérêt Jean Charest avait évacué la question de l'identité québécoise à la suite de la consultation publique de la Commission Bouchard-Taylor.
«C'est pas normal que pour Jean Charest, l'identité du peuple québécois soit une patate chaude, a-t-il lancé. C'est lui qui devrait porter le flambeau de l'identité. Nous, on va le porter bien haut et ça, ça commence à l'école qui doit être un lieu d'intégration pour les nouveaux arrivants et les jeunes Québécois.»
M. Dumont a toutefois précisé qu'il n'était pas question de ramener des cours d'enseignement religieux comme ceux qui étaient prodigués auparavant.
Des députés qui apprennent vite
Questionné ensuite sur le rendement de ses députés qui, comme François Bonnardel, en étaient à leur premier mandat, M. Dumont s'est dit très satisfait malgré le peu de temps qu'ils ont eu pour travailler.
«Ils ont appris leur travail très rapidement, c'était tout un défi, a-t-il dit. On a quand même terminé la session parlementaire du printemps très fort. Si on évalue le travail d'une opposition au nombre de ses idées qui ont été reprises, on pourrait dire qu'en 18 mois, on a fait plus que toutes les autres oppositions.»