Lausanne Allen, Suzanne Germain et Carol Reed s’apprêtaient à enflammer les planches de la scène de l’église Saint-George.

Du Vermont au Québec en français

Uni par l’amour de la langue française et de la musique traditionnelle, le groupe Va-et-Vient s’est produit pour la toute première fois à Granby, samedi. Le trio originaire du Vermont interprétait notamment des pièces vieilles de plusieurs siècles et issues des débuts de la présence française en Amérique.

Carol Reed (guitare, mandoline et chant), Lausanne Allen (violon, mandoline, chant, etc.) et Suzanne Germain (chant et percussions) n’en étaient pas à leur premier concert au Québec. C’est toutefois par pur hasard que le responsable de la programmation de l’église Saint-George, John Tétreault, a découvert le trio. « Je faisais du bénévolat au festival des musiques du monde de Burlington [Vermont International Festival] et je leur ai tout simplement donné ma carte d’affaires », explique celui qui souhaite donner plus d’envergure à la salle de spectacle. 

Musique populaire

« Au Vermont comme au Québec, la musique traditionnelle est populaire et il y a beaucoup d’amateurs », soutient Suzanne Germain. 

Orginaire du Vermont, mais née dans une famille québécoise, cette dernière parle un français impeccable. « C’est la première langue que j’ai apprise », précise celle qui travaille comme super-infirmière au sud de la frontière. « C’est la langue et la musique qui nous réunit », avance la musicienne. 

Samedi, Carol Reed était à deux jours de sa retraite après avoir passé 20 ans à enseigner le français et l’espagnol. Elle avoue se servir de la musique traditionnelle à des fins pédagogiques. 

« Les élèves apprennent un bout de la chanson, et même s’ils ne savent pas ce que les paroles signifient, ça les aide à parler par la suite », témoigne la musicienne. 

Acoustique d’exception 

Au passage de La Voix de l’Est, quelques heures avant le spectacle, l’organisateur était inquiet quant au succès de l’événement. « Ça sera donc une surprise tantôt ». Ceux qui se seront présentés risquaient toutefois d’être ravis par la soirée. La première partie était assurée par la chanteuse Ivonne Fuentes à la voix chaude et puissante que les amateurs de sports connaissent pour son interprétation de l’hymne national avant les matchs des Inouks. 

Une chose est sûre, John Tétreault compte bien continuer à faire profiter la population de l’acoustique exceptionnelle du lieu de culte. 

En septembre prochain, Shawn Philipps — grosse pointure du folk américain — s’arrêtera à l’église Saint-Georges. Il est également possible qu’un festival de musiques africaines y prenne place l’an prochain. Quant à Va-et-Vient, les musiciennes seront régulièrement en spectacle dans les quatre coins du Vermont durant l’été.