Ariane Querry et Chloé Ostiguy du restaurant l’Archipel à Cowansville lanceront bientôt une gamme de produits prêts-à-manger offerte dans des contenants consignés.

Du prêt-à-manger écoresponsable

Pour offrir un choix santé et zéro déchet à ceux qui souhaitent manger sur le pouce, deux entrepreneures de Cowansville ont développé une gamme de produits prêts-à-manger qui sera offerte dans des contenants consignés.

La chef propriétaire du restaurant l’Archipel à Cowansville, Chloé Ostiguy, a élaboré ce projet avec Ariane Querry, à la barre de Mûre, une petite fabrique de jus de fruits et de légumes pressés à froid.

Les nouveaux produits prêts-à-manger de l’Archipel, un restaurant végétarien et végétalien qui valorise les produits locaux et bios, seront officiellement lancés le 8 juin prochain. Outre au restaurant, il est prévu qu’ils soient offerts dans une vingtaine de points de vente disséminés dans la région de Brome-Missisquoi. Le supermarché IGA de Cowansville a notamment confirmé sa volonté d’offrir les mets qui se déclinent dans une variété originale de sandwichs, wraps, bagels, soupes-repas, bol poke et autres collations, qui peuvent tous être consommés froids.

« On voulait offrir des options aux gens qui sont souvent en déplacement et qui n’ont pas toujours le temps de s’asseoir au restaurant pour bien manger. Souvent, le fast food est l’option par défaut parce qu’il y a peu de choix sains et intelligents. On voulait combler cette lacune dans la région et offrir quelque chose qu’on peut manger sur le pouce, mais santé, intéressant et différent », explique Ariane Querry, qui travaille aussi au resto.

Consigne

Pour le duo, il était primordial que l’impact environnemental de ce prêt-à-manger soit le moins grand possible. « On ne voulait pas lancer un projet pour combler ce manque et utiliser comme tout le monde des contenants en plastique ou compostables qui ne règlent pas le problème, même s’ils sont compostables », dit Ariane Querry, 28 ans.

D’où la mise en place d’un système de contenants consignés, essentiellement des plats et bocaux de verre. « Dans la région, il n’y a pas de consigne alimentaire », renchérit Chloé Ostiguy.

Une somme variant entre 1,50 $ et 3,50 $, selon la grosseur du contenant, sera ainsi ajoutée au coût du met choisi. Mais ces frais seront remboursés une fois les plats retournés à n’importe quel point de vente. Bref, une consigne similaire à celle qui existe pour les bouteilles de bière, par exemple.

Parce qu’une partie de la clientèle de l’Archipel, surtout les week-ends, provient de la région montréalaise, Chloé Ostiguy et Ariane Querry planifient aussi y établir un ou deux points de chute pour permettre au système de consigne de s’appliquer.

La mise en place de ce projet, en élaboration depuis novembre dernier, a par ailleurs nécessité un investissement important, notamment pour l’achat des contenants nécessaires aux produits prêts-à-manger. Des travaux de rénovation seront aussi réalisés au restaurant afin d’améliorer l’espace d’entreposage, ajouter une chambre froide, acheter un congélateur et mettre en place une nouvelle plonge, explique Chloé Ostiguy.

Enthousiasme

Avant même que le lancement officiel soit réalisé, l’initiative semble susciter l’enthousiasme. « Il y a des commerces, qu’on n’a pas encore approché, qui nous envoient des courriels pour savoir s’ils vont pouvoir offrir nos produits chez eux », souligne Chloé Ostiguy.

S’il n’en tient qu’aux deux entrepreneures, les produits de l’Archipel pourraient être disponibles dans des gyms, des spas, des stations d’essence et des stations de ski. « On veut pouvoir satisfaire les gens à la recherche d’autres choses, peu importe où ils sont », dit Ariane Querry.

En opération depuis trois ans, l’Archipel offre également un service de traiteur. « Ça a commencé doucement. Je savais que j’aimerais éventuellement proposer des produits qui seraient plus accessibles pour que ces options alimentaires ne soient pas disponibles que dans des endroits qui ont ce créneau, mais aussi dans les grandes surfaces et à un plus grand nombre de personnes », explique la chef propriétaire de 22 ans.

Celle-ci s’est découvert une passion pour la restauration lors de ses emplois étudiants. Ses études en naturopathie lui ont par la suite donné envie de créer un espace où la cuisine invite à sortir des sentiers battus et à favoriser la santé.

L’Archipel compte huit employés. Et ce ne sont pas les projets qui manquent. La restauratrice vise entre autres à maximiser l’utilisation des légumes locaux à l’année, quitte à les transformer au préalable, les congeler, voire les réduire en purée, de façon à réduire le plus possible le recours aux produits bios importés, particulièrement durant la saison froide.