En mettant sur pied Härveste, Jérôme Audet et son épouse Suian ont voulu offrir un service qui répond à la fois à leurs besoins et à leur vision du monde.

Du prêt-à-cuisiner écolo et végé

Le prêt-à-cuisiner a la cote. De plus en plus de consommateurs ont recours à ce service de livraison de repas en boîte, dans laquelle on retrouve tous les ingrédients nécessaires à la préparation d’un succulent mets. Härveste, une entreprise bromontoise, se lance dans l’industrie avec sa recette bien à elle.

Härveste est le fruit de la réflexion amorcée cet hiver par Jérôme Audet et son épouse Suian, qui souhaitaient offrir un service qui répond à la fois à leurs besoins et à leur vision du monde.

Mis au parfum de l’existence du prêt-à-cuisiner par une connaissance, le couple, qui a de jeunes enfants, a été emballé par le concept. « Tu veux bien manger, mais tu n’as pas de temps. Je trouve que c’est une bonne formule. Et comme tout est portionné, ça évite du gaspillage ; j’ai pensé que c’était une solution qui pourrait nous intéresser », raconte M. Audet.

« Je voulais en commander, j’étais certaine que ça changerait ma vie ! » renchérit sa femme.

Malheureusement, à l’époque, Bromont ne faisait pas partie de la route de livraison des boîtes convoitées. C’est à ce moment-là que le couple a décidé de lancer son propre service de prêt-à-cuisiner en y ajoutant une touche végétalienne, étant donné que Suian ne consomme pas de viande.

« Je voulais offrir un produit qui reflétait qui je suis », explique-t-elle.

« L’alimentation végétarienne connaît un essor actuellement, ajoute Mme Audet, qui a fait des recherches intensives avant de se lancer en affaires. La cuisine végétalienne est beaucoup plus simple que ce que croient les gens. »

Pionniers du zéro déchet
En plus de proposer des recettes végétaliennes à base d’aliments biologiques, les fondateurs de Härveste tiennent à avoir une entreprise zéro déchet. Ils prétendent même être les premiers au Canada, voire au monde, à avoir intégré cette notion dans le prêt-à-cuisiner.

« Le suremballage, dans certains marchés, est décourageant, constate M. Audet. Ça n’est pas nécessaire. »

« On ne le remarque pas au début, mais dès qu’on y porte attention, on réalise que c’est un problème important, renchérit son épouse. Les autres compagnies qui offrent des boîtes de prêt-à-cuisiner veulent aider les gens en leur faisant gagner du temps sans sacrifier la qualité de la nourriture, mais il y a beaucoup de déchets. Chaque ingrédient est emballé individuellement : il y a de petits sachets, des petites boîtes, du papier... Nous avions besoin de faire les choses différemment, pour régler ce que nous considérons comme un problème. »


«  Le suremballage, dans certains marchés, est décourageant  »
Jérôme Audet, cofondateur de Härveste

Tous les ingrédients seront donc placés dans des contenants en verre réutilisables qui seront lavés, aseptisés et réutilisés. Le tout sera livré dans des sacs isolés réutilisables. Les autres emballages, utilisés pour conserver la fraîcheur des aliments, pourront être recyclés, indique-t-on.

Pour l’instant, les repas sont offerts pour une famille de quatre personnes. Härveste aimerait éventuellement offrir un format de deux portions.

Commandes
Chaque dimanche après-midi, les commandes seront livrées aux clients. Chaque boîte contient de quoi cuisiner les trois repas proposés au menu chaque semaine.

Par exemple, pour sa première semaine, Härveste propose de quoi réaliser des burgers de betteraves, un émincé de chou au cari et sauté de tempeh ainsi qu’un mijoté de pois chiches à l’indienne, chana masala au kale.

Les Audet se sont adjoint une spécialiste pour élaborer les recettes. Une vingtaine de plats est déjà au menu de Härveste, et d’autres sont à venir.

Les étapes à suivre pour concocter ces créations sont clairement indiquées sur une fiche recette accompagnant les ingrédients.

Les premières commandes devront être passées d’ici le 11 août pour être livrées à temps pour la grande ouverture, prévue le 19 août prochain.

En plus de livrer dans la région immédiate, l’entreprise compte desservir une partie de l’île de Montréal et de la Rive-Sud, de même que Chambly, Marieville, Rougemont et Saint-Jean-sur-Richelieu.

S’il a l’appétit du succès, le couple n’a toutefois pas les yeux plus gros que la panse. Il préfère prendre le temps de bien faire les choses avant de songer à une quelconque expansion. « Pour ne pas faire de déchets, il faut avoir le contrôle sur la livraison. Il faut demeurer à une échelle locale. Si on voulait offrir le service en dehors de la région, il faudrait probablement ouvrir une cuisine ailleurs », explique M. Audet, qui livrera lui-même les sacs d’ingrédients.

« On rend le service disponible et on va s’adapter à sa croissance », ajoute-t-il.