Dre Mélissa Généreux

Dre Mélissa Généreux relèvera un nouveau défi

Dre Mélissa Généreux démissionne de son poste de directrice de la Santé publique de l’Estrie. Elle a accepté de relever un nouveau défi, celui de coordonnatrice du programme santé dans le domaine des changements climatiques de l’organisme Ouranos. Elle conservera aussi un travail à temps partiel à la Santé publique de l’Estrie à titre de médecin-conseil dans une spécialité qui reste à déterminer.

Sa démission prendra effet le 31 août prochain. « Ça n’a pas été une décision facile à prendre, mais elle est bien réfléchie. Quand une équipe va bien, c’est un bon moment pour quitter », assure Dre Généreux, qui a pris les commandes de la Direction de la santé publique le 2 juillet 2013.

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Qu’est-ce qui a mené Dre Généreux à accepter un défi au niveau provincial? C’est un peu tout son parcours à la Santé publique de l’Estrie.

« Je suis arrivée à Sherbrooke en 2010 comme médecin-conseil et j’ai rapidement été exposée à toutes sortes d’événements importants, comme l’explosion chez Neptune ou la fermeture de l’école Saint-Philippe de Windsor (en raison des problèmes de la qualité de l’air) », dit-elle.

Puis vint l’opportunité de prendre la direction de la Santé publique à son retour de congé de maternité en 2013.

« Je suis entrée en fonction le mardi 2 juillet. Je pensais avoir l’été pour m’approprier tous les dossiers. Mais dans la nuit du vendredi au samedi, on m’a téléphoné pour me dire qu’un train avait déraillé et pris feu à Lac-Mégantic. C’était tellement gros que, bêtement, sur le coup, je pensais qu’on me faisait une sorte de blague pour mon arrivée en poste. Mais c’était bien réel et c’était parti... » soutient-elle.

Cette tragédie a changé non seulement Mélissa Généreux comme personne, mais elle a aussi transformé la façon de la Santé publique de l’Estrie de travailler avec la population

« Dans les mois qui ont suivi, notre médecin sur place, Dre Petit, me disait : la population ne va pas bien, Mélissa. On se demandait quoi faire, et nous avons changé notre stratégie pour une approche de prévention, on a été à l’écoute des besoins et ç’a bien fonctionné. Tout ce qu’on fait maintenant, c’est coloré par le partenariat avec la communauté. Je pense que la communication de la santé publique avec la population s’et élargie; nous sommes plus accessibles qu’avant », ajoute-t-elle.

D’autres dossiers, comme celui de l’apparition de la maladie de Lyme, l’ont aussi beaucoup occupée ces dernières années. « Il y a aussi eu la grosse vague de chaleur de l’an passé où nous avons été beaucoup sollicités pour intervenir dans plusieurs milieux comme les résidences pour aînés et les camps de jour pour éviter qu’il y ait plus de morts », se rappelle-t-elle.

Ce sont quelques-uns de ces événements, entre autres, qui se sont inscrits dans son parcours « catastrophes naturelles ».

« Ma passion m’a amené à développer toutes sortes d’intérêts et d’expertises de pointe. Avec l’expertise sur les impacts psychosociaux que nous avons développé à Lac-Mégantic, et avec les autres dossiers que j’ai menés, ça m’a conduite tranquillement aux catastrophes naturelles, aux inondations, aux vagues de chaleur, aux changements climatiques. Comme société, qu’est-ce qu’on peut faire pour aller plus loin et réduire les impacts sur la santé? », explique Dre Généreux.

Et c’est ainsi qu’elle a été approchée par l’Institut national de santé publique du Québec pour agir à titre de coordonnatrice du programme santé dans le domaine des changements climatiques de l’organisme Ouranos. Cet organisme est en fait un consortium de recherche et d’innovation mis en place pour permettre à la société québécoise de mieux s’adapter à l’évolution du climat.

« J’aurai un rôle d’influenceur, de formation, de travail avec les partenaires, municipaux notamment, pour nous permettre d’avancer dans ce domaine. Je pense que nous sommes dans une prise de conscience accélérée de notre impact sur l’environnement, et on doit trouver comment travailler sur tous les plans. Parce qu’il n’y a pas seulement des impacts économiques ou environnementaux, il y en a aussi sur la santé et le bien-être de la population », soutient Mélissa Généreux.

Comme elle partagera son temps entre ses deux emplois, Dre Généreux restera en Estrie. « Mes deux enfants sont enracinés ici. On ne déménagera pas. J’ai découvert l’Estrie en 2010 et ç’a été un coup de coeur immédiat pour l’endroit, pour les gens. Je reste une Estrienne », affirme-t-elle.