Commotions cérébrales, multiples fractures notamment aux côtes, aux jambes, au cou, aux épaules, au dos et aux hanches : la liste des blessures subies par les victimes est longue.

Drame du parc Miner: près de 6 M$ réclamés par les victimes

Près de six millions $. C'est ce qui est réclamé par 18 victimes du drame du parc Miner à Granby, où un arbre s'est effondré sur un chapiteau alors qu'une soirée de danse s'y déroulait en juillet 2016. Une requête a été déposée en ce sens à la Cour supérieure.
Les montants réclamés par chacun des demandeurs varient selon la gravité des blessures et des traumatismes subis à la suite de cet événement tragique. Dans tous les cas, ces sommes pourraient être revues à la hausse, l'état des victimes n'étant pas encore « stabilisé », peut-on lire dans la demande introductive d'instance en responsabilité civile et en dommages corporels, déposée par la firme Archer Avocats de Granby le 13 janvier. 
Pour l'heure, les réclamations s'échelonnent de 20 000 $ à 3,5 millions $. Cette dernière somme est réclamée par le Granbyen David Deslandes. Celui-ci avait 41 ans au moment du drame qui l'a laissé tétraplégique. Impossible pour lui d'envisager un retour au travail à l'hôtel Le Castel, où il était chef cuisinier. Après être demeuré deux mois à l'hôpital du Sacré-Coeur de Montréal, il a été transféré à l'Institut de réadaptation Gingras-Lindsay-de-Montréal.
Selon la requête, dont La Voix de l'Est a obtenu copie, M. Deslandes n'a pas l'usage de tous ses membres. Il devra habiter un appartement adapté et aura besoin de soins à domicile. Père de deux enfants, Caleb et Magaly, il ne peut les voir qu'une journée par semaine et une fin de semaine sur quatre. 
Caleb et Magaly Deslandes figurent d'ailleurs dans la liste des demandeurs de la requête. La somme de 25 000 $ est réclamée pour chacun d'eux à titre de « victime par ricochet », ceux-ci ayant subi, et continueront à subir, une « importante perte de jouissance de vie ». 
Blessures multiples
Commotions cérébrales, multiples fractures notamment aux côtes, aux jambes, au cou, aux épaules, au dos et aux hanches : la liste des blessures subies par les victimes est longue. Plusieurs d'entre eux ont effectué un séjour à l'hôpital, certains sur de plus longues périodes, et ont dû rencontrer différents spécialistes pour retrouver la santé à la suite des événements.
Quelques-uns ont également subi des traumatismes. Une des victimes, Véronique Ménard, affirme n'avoir pu retourner dans un parc, car elle craint désormais les arbres. Un autre, Florian Makowiec, a fait des cauchemars et de l'insomnie dans les semaines suivant cette soirée fatidique. 
Certains affirment devoir encore aujourd'hui composer avec de la douleur. Quelques-uns ont dû voir leurs tâches modifiées à leur travail, car ils conservent des séquelles de cet événement. La plupart évoquent une « perte de jouissance de vie ». 
Responsabilité
C'est à la suite d'un coup de vent qu'un peuplier s'est abattu sur le chapiteau où l'école de danse Madessimo avait organisé une soirée salsa le 15 juillet 2016. Selon la requête, la Ville de Granby aurait failli à ses responsabilités en ne prenant pas les mesures nécessaires pour valider l'état du feuillu. 
L'arbre avait pourtant été inspecté un mois plus tôt, le 15 juin 2016. « Les émondeurs ont passé plusieurs heures dans l'arbre à l'inspecter et à couper des branches. On a eu la recommandation qu'il était encore correct », avait déclaré à La Voix de l'Est le contremaître aux bâtiments, parcs et terrains de jeux, Gaétan Belhumeur, dans les jours suivant le drame. 
« Une vérification diligente effectuée par la défenderesse (la Ville) ou par ses préposés aurait permis, à l'aide de méthodes raisonnablement accessibles, de déceler l'état de dangerosité du peuplier et aurait ainsi pu permettre de gérer adéquatement les risques y étant associés, notamment par l'utilisation d'un maillet (résonnance) ou d'une sonde », peut-on toutefois lire dans le document. 
L'intérieur du tronc a démontré que le peuplier était « en état de dépérissement avancé », relève en outre la requête. L'arbre, identifié parmi les arbres remarquables de la Ville, aurait aussi dû faire l'objet d'une attention particulière, car son espérance de vie était vraisemblablement dépassée, est-il souligné.
« La défenderesse, tant en sa qualité de gestionnaire de ses arbres que de propriétaire du présent peuplier, doit donc assumer l'entière responsabilité des dommages qui ont été causés aux demandeurs », expose la demande introductive d'instance en responsabilité civile et en dommages corporels. 
La directrice adjointe des services juridiques à la Ville de Granby, Me Marlène Painchaud, a préféré ne pas émettre de commentaire vendredi. Le document sera transmis aux assureurs de la Ville, a-t-elle brièvement déclaré.
Pas moins de 18 victimes du drame du parc Miner à Granby, où un peuplier s'est abattu sur un chapiteau où une soirée de danse se déroulait, réclament près de six millions $ à la Ville de Granby.
Réclamations des victimes du drame du parc Miner
- David Deslandes : 3,5 millions $. Il a reçu un diagnostic de tétraplégie. Il n'a pas l'usage de tous ses membres et ne peut voir ses enfants qu'une journée par semaine et/ou une fin de semaine sur quatre. Il aura besoin d'un appartement adapté et de soins à domicile.
- Caleb Deslandes (fils de David) : 25 000 $ : Victime par ricochet pour les dommages subis par son père. Perte de jouissance de vie. 
- Magaly Deslandes (fille de David) : 25 000 $. Victime par ricochet pour les dommages subis par son père. Perte de jouissance de vie.
- Solange Paquette : 450 000 $. Elle a subi des fractures à plusieurs vertèbres et n'est plus en mesure de se lever la tête et/ou se tenir droite. Elle a notamment perdu son permis de conduire à la suite de cette dégradation de son état de santé.
- Gilles Létourneau : 65 000 $. Il a été blessé au dos. Il n'est plus en mesure de marcher plus de 30 minutes. Il doit apporter des soins à son épouse, Solange Paquette. Il a subi une importante perte de jouissance de vie. 
- Sophie Létourneau : 25 000 $. Fille de Gilles Létourneau et Solange Paquette, elle réclame une indemnité à titre de victime par ricochet. Ses parents étaient venus la voir danser. Elle a subi une importante perte de jouissance de vie dû au stress et au temps qu'elle doit dorénavant consacrer à aider ses parents. 
- Hélène Desrochers : 1 million $. Elle n'a repris connaissance que trois jours après l'événement. Elle a subi de grandes lacérations à la tête et une commotion cérébrale, ainsi que plusieurs fractures aux côtes, à de multiples endroits dans la région du bassin, à au moins deux vertèbres, à l'omoplate et à l'un de ses pieds. Elle a dû s'absenter du travail jusqu'en janvier 2017. 
- Yves Choinière : 20 000 $. Conjoint d'Hélène Desrochers, il a subi une importante perte de jouissance de vie. 
- Véronique Ménard : 180 000 $. Elle a subi une fracture au dos et une sérieuse blessure au pied. Elle a subi une importante perte de jouissance de vie, notamment car elle ne pourra plus courir ni porter de talons hauts. Elle est aussi stressée et angoissée et n'a pu retourner dans un parc, car elle craint les arbres.
- Florian Makowiec : 70 000 $. Il a subi une fracture franche à la cheville, une blessure à l'épaule droite ainsi qu'une blessure à la hanche. Il a subi une perte de jouissance de vie. Les semaines suivant l'événement ont été difficiles. Il a fait des cauchemars et de l'insomnie. 
- Geneviève Boisvert  : 105 000 $. Elle a subi une commotion cérébrale et des pertes de mémoire. Depuis l'accident, sa tête est croche et elle ne peut plus soulever d'objets lourds. Comme travailleuse autonome, elle a dû payer des remplaçants jusqu'en septembre 2016. Elle a aussi dû arrêter de donner des cours de danse.
- Denis Robichaud : 100 000 $. Il a subi diverses blessures, notamment une fracture à la cheville et des fractures à des vertèbres. Il a encore des douleurs au nerf sciatique. Il a dû manquer 13 semaines de travail. 
- Brigitte Roy : 50 000 $. Elle a subi des fractures et des affaissements à certaines vertèbres. Elle n'a pu travailler durant cinq semaines.
- Alain Cholette : 35 000 $. Il a subi une entorse cervicale. Il ressent toujours de la douleur au cou. Conjoint de Brigitte Roy, leur vie personnelle en a été affectée. 
- Nathalie Gagnon : 40 000 $. Elle a subi une blessure à l'épaule. Elle n'a pu travailler durant deux mois et n'a pu conduire sa voiture jusqu'au mois de septembre 2016. Elle souffre d'un traumatisme et craint les orages et les chapiteaux. 
- Claire Rodier : 40 000 $. Elle ressent une douleur à la cuisse droite et a subi une importante perte de jouissance de vie. Elle ne peut notamment plus faire de sport, danser, ni se coucher du côté droit. 
- Linda Desbois : 115 000 $. Elle a subi une commotion cérébrale, plusieurs fractures à la main gauche et une blessure à l'épaule. Elle a dû s'absenter du travail durant un mois et demi. Elle n'a pu reprendre ses tâches habituelles. Elle souffre encore de maux de tête réguliers. 
- Francine Demers : 30 000 $. Elle a subi une commotion cérébrale, une fracture à la clavicule et au moins deux vertèbres ont été écrasées. Elle n'a pu revenir au travail à temps plein avant le 25 novembre 2016. Ses tâches au travail ont été limitées sur certains points.