Marie-Léonette Poulin s’engage socialement pour la cause des enfants depuis plus de 40 ans.

Drame de Granby: pour l’amour des enfants

Marie-Léonette Poulin, « amourologue », s’engage auprès des enfants depuis plus de 40 ans. Elle martèle que tous les parents doivent respect et dignité aux enfants. C’est pour cette raison que la dame âgée de 77 ans a voulu soutenir la famille de la petite fille de sept ans qui est décédée dans de tragiques circonstances, lors des funérailles qui ont eu lieu mercredi passé.

Elle a tenu à partager son message d’amour auprès des gens qui n’ont pas pu assister aux obsèques.

« On me prend pour une agente de pastorale, pour une ex-religieuse, mais je suis simplement une maman engagée », dit-elle pour résumer son rôle auprès des familles endeuillées ou en difficulté.

Un besoin

La journée avant le salon funéraire de la fillette, Mme Poulin a reçu un appel anonyme d’une dame.

« Elle m’a dit cette famille-là a grand besoin de vous », résume-t-elle.

Mme Poulin est alors allée à la rencontre de la grand-mère paternelle le jour du salon funéraire.

Son message d’amour, Mme Poulin le présente sur une bannière où il y est inscrit « L’enfant : miracle de l’amour, de la vie et de Dieu. Je lui dois : respect et dignité ».

« Quand j’ai sorti ma bannière, [la grand-mère de la fillette] s’est mise à pleurer. Elle a ouvert grand ses bras et elle m’a serrée fort », raconte-t-elle.

C’est ainsi que Mme Poulin est entrée dans la vie de la famille qui pleure le triste sort de la fillette.

L’amourologue a été présente pour écouter et soutenir les proches de la petite victime. Elle a entre autres composé un chant et une prière qu’elle a partagés plusieurs fois durant le salon funéraire.

Selon elle, les enfants maltraités relèvent de la responsabilité de tous.

« C’est pas juste une personne qui doit s’engager. C’est tout le monde. C’est une responsabilité de société », évoque-t-elle.

Barrières

La grand-mère paternelle a longtemps affirmé qu’elle s’était battue corps et âme pour extirper la fillette de son milieu.

« La DPJ nous a toujours bloqués », avait-elle dénoncé.

De son côté, Mme Poulin croit que la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ) n’a pas tellement évolué depuis 40 ans.

« Je ne peux pas dire que la DPJ a pas rien apporté, parce que ce serait de dire que toutes les personnes qui sont à l’intérieur de la DPJ ne font pas leur travail. C’est le contraire. C’est qu’ils ont trop de barrières. Ils ne sont pas capables de vraiment faire leur travail et d’ailleurs ils en ont trop. Il y a un organigramme tellement lourd qu’on n’arrive plus à protéger les enfants », indique-t-elle.

Rappelons que la petite victime avait été retrouvée dans un piètre état dans une résidence privée de Granby et avait été transportée à l’hôpital dans un état critique. Elle est morte quelques heures plus tard.

Deux personnes, le père de la fillette et sa conjointe, ont été arrêtées peu après et font l’objet d’accusations criminelles.

Promesse

Mme Poulin et son mari Jean-François Boivin se sont activement impliqués auprès des enfants, d’abord à Granby avant de partir s’installer à Lévis.

Depuis l’année internationale des enfants, en 1979, Mme Poulin est à l’écoute des enfants, et elle a organisé pendant de nombreuses années des rencontres avec des enfants dans les écoles à Lévis.

Ils ont fondé en 1987 un centre d’hébergement pour les enfants qui était situé sur la rue Saint-Jacques à Granby. Une année plus tard, ils ont fondé l’organisme Jeune de l’Avenir, je t’écoute.

Le mari de Mme Poulin montrant des signes importants d’Alzheimer, le couple a décidé de revenir habiter à Granby pour se rapprocher de la famille.

Mme Poulin s’est occupée de son mari durant la maladie et a alors arrêté de s’impliquer auprès des enfants.

Toutefois, avant de mourir, M. Boivin avait demandé à son épouse de lui promettre qu’elle reprendrait son implication auprès des enfants. Chose qu’elle a faite en répondant à l’appel anonyme de la dame.

Lorsque son mari est décédé, il y a deux ans, Mme Poulin a prononcé un long discours au Complexe Le Sieur. C’est ainsi que la dame, qui avait assisté aux touchantes funérailles, avait rencontré Mme Poulin.