Douze ans se sont écoulés depuis que Mélina Martin s'est évanouie dans la nature. Douze ans pendant lesquelles sa mère, Françoise Algier, n'a jamais cessé d'espérer la retrouver.

Douze ans sans Mélina

Les saisons se sont succédé. Les années ont passé. Les frères et soeurs de Mélina ont grandi, ils ont fondé leur famille. Leurs enfants ont grandi à leur tour. Vite en plus. Sa mère a vieilli, aussi. Mais depuis 12 ans, ce temps qui file s'est cristallisé pour eux. Depuis, en fait, ce jour de janvier 2005 où Mélina s'est évanouie dans la nature.
Mélina Martin était une ado comme bien d'autres quand elle est disparue. Quelques mois plus tôt, elle avait fait son entrée au secondaire, à l'école Jean-Jacques Bertrand de Farnham. C'était une adolescente aux cheveux roux qui aimait la musique, avoir du plaisir, se souvient sa mère, Françoise Algier. 
Elle s'entendait bien avec ses quatre soeurs et ses deux frères, qui ont aujourd'hui entre 23 et 41 ans. Quotidiennement, l'adolescente alors âgée de 13 ans prenait de leurs nouvelles. « Elle les appelait chaque jour », raconte Mme Algier. 
Puis un jour, la jeune fille s'est volatilisée. Elle ne s'est jamais présentée au rendez-vous qu'elle avait convenu avec sa mère l'après-midi du 23 janvier 2005 au parc Bourbonnais de Farnham, où se déroulait une fête hivernale. 
Sa disparition a été signalée ; des avis de recherche ont été tapissés aux quatre coins de Farnham. Dans les villes voisines aussi. Et même à Montréal. Les membres de la famille ont répété et multiplié les démarches. Enfants-Retour Québec aussi. Les policiers de la Sûreté du Québec ont ouvert une enquête. La fiche de disparition de la jeune femme aux yeux pairs est toujours sur leur site Internet. Des voyantes ont appelé la famille pour dire où elle pourrait se trouver. Vérifications faites, aucune trace de Mélina à ces endroits. Françoise Algier a même été soumise au polygraphe, et elle l'a réussi avec succès. 
Encore aujourd'hui, aucune de ces démarches n'a permis de mettre la main sur le moindre indice. La moindre piste qui pourrait enfin conduire les policiers - et la famille - à Mélina. Qu'elle soit vivante ou pas. « C'est long de ne pas savoir... », laisse tomber sa mère.
Leur vie familiale n'est d'ailleurs plus la même depuis 12 ans. Les anniversaires et les rassemblements familiaux sont moins festifs. Une partie de leur vie est en suspens. « Il manque toujours quelqu'un... », dit Mme Algier.
Espoir 
Chaque année, Françoise Algier et l'une de ses filles se font un devoir de contacter les médias pour rappeler que Mélina n'est toujours pas de retour à la maison. Pour que la population garde l'oeil ouvert, même 12 ans après sa disparition. 
Même si les années se sont écoulées, la mère de famille s'accroche à l'espoir. « Il le faut. On continue à garder espoir que quelqu'un qui a des informations va nous les donner. Sinon, on ne peut pas avancer », affirme Mme Algier, qui a maintenant neuf petits-fils, une petite-fille et une arrière-petite-fille. 
Cet espoir est entre autres alimenté par des disparitions d'enfants qui sont résolues. Mme Algier fait référence à cette fillette kidnappée à la pouponnière d'un hôpital américain qui a récemment été retrouvée, 18 ans plus tard. Elle était en bonne santé chez une femme qui prétendait être sa mère. « On souhaite que ce soit notre tour un jour... », conclut la femme qui attend désespérément ce coup de fil annonçant qu'on a retrouvé sa fille, qui devrait aujourd'hui être âgée de 25 ans.