Le maire Pascal Bonin célèbre ces jours-ci son 10e anniversaire de vie politique.

Dix ans de vie politique pour Pascal Bonin: un anniversaire teinté de déception

D’abord élu comme conseiller municipal en 2009, le maire de Granby, Pascal Bonin, célèbre ces jours-ci son 10e anniversaire de vie politique. Mais il n’a pas le cœur à la fête. Il accumule plutôt les déceptions.

À commencer par le nouveau pacte fiscal conclu récemment avec les municipalités. Cette entente se traduira par un transfert de fonds annuel supplémentaire de 500 000 $ pour la ville de Granby. Une somme, appelée à croître au fil des ans, que Pascal Bonin juge néanmoins dérisoire, à la lumière des demandes initiales des municipalités. D’autant plus, selon lui, que les coûts de construction ne cessent de grimper et qu’il en coûte toujours plus cher pour réaliser des projets.

Le maire n’a d’ailleurs toujours pas digéré une déclaration du premier ministre François Legault. Celui-ci a affirmé, lors de la cérémonie de signature du pacte, que « le grand défi dans les cinq prochaines années, c’est de s’assurer que cet argent-là est bien utilisé, bien géré, de façon efficace, sans p’tits amis ».

Cela laisse sous-entendre, selon Pascal Bonin, que les maires sont « des voleurs ». « Je n’ai jamais volé personne », a-t-il lancé, ulcéré, en mêlée de presse à l’issue de la dernière séance du conseil municipal.

« Les p’tits amis, c’est: un chum, c’t’un chum. C’est le Parti libéral. C’est à ça qu’il a fait référence. C’est incroyable que ça ait passé et qu’il n’y ait pas un maire qui ait réagi », a-t-il ajouté.

Le maire de Granby juge que le pacte fiscal est un « rendez-vous manqué », que les municipalités ne sont pas suffisamment considérées comme « des partenaires », entre autres pour effectuer les changements qui s’imposent en environnement. « Il n’y a rien qui se passe. On tourne en rond », déplore-t-il.

Halloween, etc.

Pascal Bonin est aussi amer du silence du gouvernement du Québec dans le dossier du financement des services policiers. Il a fait front commun avec les maires de Saint-Jérôme et de Saint-Jean-sur-Richelieu pour réclamer un traitement plus équitable et récurrent dans le financement des services policiers.

Les trois villes n’ont pas de subventions gouvernementales pour couvrir les coûts de leur corps policier municipal de niveau un, contrairement aux municipalités qui ont recours aux services de la Sûreté du Québec.


« Quand je regarde le climat et ce qui se passe à l’heure actuelle, c’est moins intéressant que ça a déjà été. »
Pascal Bonin

Les contribuables de la ville de Granby assument actuellement « 100 % des coûts de leur service de police à même leurs taxes municipales en plus de contribuer au financement du Fonds des services de police, à même leurs impôts versés au provincial », a exposé une résolution adoptée au début de l’année. Mais le dossier n’a pas avancé, se désole le maire de Granby.

Autre déception: le maire dit avoir du mal à comprendre que la priorité municipale la semaine dernière ait porté sur le report ou non de l’Halloween. Contrairement à d’autres villes qui ont préféré la déplacer au lendemain, la collecte des bonbons a été maintenue le 31 octobre à Granby, malgré la météo pluvieuse.

« Les municipalités s’immiscent où elles n’ont pas d’affaires. Gérer la fête de l’Halloween... », s’étonne-t-il encore en affirmant que cela dénote « une obsession de plaire à l’électorat ».

Durant ce temps, d’autres dossiers plus importants ne sont pas traités, fait-il valoir.

Pascal Bonin aimerait en outre que la population dise clairement où elle veut aller, car les messages sont contradictoires, croit-il. Cela se traduit notamment dans le discours des citoyens qui plaident pour la mise en œuvre de mesures environnementales, mais qui, au quotidien, agissent en contradiction de leur volonté. Difficile de changer les choses, dans ces conditions, croit le maire.

La porte se referme 

Après avoir toujours déclaré vouloir se limiter à deux mandats à la mairie, Pascal Bonin a ouvert la porte en août dernier à la possibilité de briguer un troisième mandat en 2021. Lundi soir, il a toutefois affirmé que la porte tend à se refermer dans les conditions actuelles.

« Quand je regarde le climat et ce qui se passe à l’heure actuelle, c’est moins intéressant que ça a déjà été », dit celui qui s’est absenté de l’hôtel de ville durant un mois et demi le printemps dernier pour épuisement professionnel.

Désormais sobre depuis 13 ans, celui qui n’a jamais fait de cachette au sujet de ses problèmes passés d’alcool affirme vouer une grande reconnaissance à la population qui lui a permis de représenter le district sept durant quatre ans comme conseiller municipal et comme maire depuis six ans.

Plusieurs projets d’importance ont été réalisés ou lancés depuis l’accession à la mairie de Pascal Bonin, comme la modernisation de la bibliothèque municipale, le réaménagement de l’église Notre-Dame, la construction du centre aquatique et la revitalisation du centre-ville.

Celui qui affirme être là pour bouger dit ne pas ressentir une fierté particulière de ces réalisations. « Je suis fier d’avoir arrêté de boire quand ma fille avait deux, trois ans. (...) Je laisse aux gens juger de ce que j’ai fait. Mais d’avoir donné un père à ma fille, ça j’en suis fier », affirme sans détour le maire.