Une équipe spécialisée dans les zones dangereuses du réseau routier du MTQ sera à Stanbridge East dans les prochaines semaines pour analyser l'intersection des routes 2020 et 237.

Diverses solutions étudiées pour une intersection dangereuse

Coupe de végétation, réduction de vitesse, ajout de signalisation, modification des approches : le ministère des Transports examinera plusieurs solutions pour améliorer la sécurité à l'intersection des routes 202 et 237 à Stanbridge East.
Une équipe du MTQ, spécialisée dans l'analyse de zones dangereuses du réseau routier, sera sur place dans les prochaines semaines pour observer l'intersection des routes 202 et 237 et travailler à des solutions, selon les informations obtenues par La Voix de l'Est.
La rencontre mardi entre des responsables du MTQ, de la municipalité et de la MRC Brome-Missisquoi pour discuter de l'intersection en question a été fructueuse, a indiqué le maire Gregory Vaughan. « Ça fait des années qu'on leur dit qu'il y a des problèmes là. On n'a pas vraiment eu d'écoute des gens de Longueuil (NDLR : siège de la Montérégie des bureaux du MTQ). C'est Sherbrooke­ (NDLR : siège de l'Estrie­ du MTQ) maintenant qui s'occupe de nous. On sent que cela a changé et que ça va bouger. »
Des changements seront implantés à court terme, a dit Dominique Gosselin, porte-parole du MTQ pour la direction de l'Estrie. Des solutions à plus long terme seront proposées plus tard, a-t-elle ajouté.
Dans leurs discussions mardi, les représentants du MTQ ont évoqué la possibilité d'abaisser la vitesse permise à 70 kilomètres à l'heure.
Les citoyens du secteur revendiquent que la vitesse limite permise dans cette zone soit de 50 km/h. Elle est présentement de 90 km/h. Cette limite est la principale cause des nombreux accidents survenus ces dernières années, soutiennent-ils (voir encadré : « Ça ne va rien régler »).
Le dossier est suivi de près à la MRC. L'organisation municipale avait dépêché son directeur général adjoint, Francis Dorion, à la rencontre. « On est conscients qu'il y a un problème avec cette intersection. C'est particulièrement vrai durant la saison estivale parce qu'on est sur la Route des vins, qu'il y a beaucoup d'activités à Frelighsburg, dont des campings, et que beaucoup de cyclistes passent dans le coin. »
Les données du MTQ font état du passage de 3200 véhicules en moyenne par jour dans le tronçon de la route 202 à Stanbridge­ East. Et 1070 véhicules empruntent la route 237 dans le même secteur.
Secteur d'urbanisation
De l'avis de M. Dorion, outre le fait que le secteur est déjà fréquenté par plusieurs automobilistes et camionneurs, le MTQ doit tenir compte dans son analyse de la dangerosité de l'intersection du fait que le noyau villageois de la municipalité se développe. « On est dans un secteur d'urbanisation, où il y a des commerces, des gens qui se déplacent à pied et ça va aller en augmentant. On a besoin de solutions qui incluront cette nouvelle réalité. »
Au cours de sa recherche, Francis­ Dorion a noté que l'intersection au coeur du débat est la seule dans toute la MRC, avec un tel trafic, qui ne possède aucune mesure de sécurité comme des feux de circulation, des panneaux d'arrêt ou de limite de vitesse.
La municipalité demande au MTQ d'intervenir dans ce secteur depuis les années 1990, a dit le maire Vaughan. « On avait le même problème dans le temps qu'on a aujourd'hui. On tourne la page en espérant que tout ça va s'améliorer. »
Le MTQ n'a donné aucune échéance quant aux mesures qui seront mises en place. « La municipalité et la MRC ont demandé que des solutions immédiates soient prévues dans l'attente d'une action globale. Il faut, à court terme, diminuer les risques », a affirmé M. Dorion.
«Ça ne va rien changer»
Abaisser la vitesse à 70 km/h n'est pas la solution. Il faut la limiter à 50 km/h, soutient Nancy St-Onge, qui habite à l'angle de l'intersection.
« C'est inacceptable. Ça ne va rien changer. Ça va rester aussi dangereux. Le problème est que beaucoup de gens ne respectent pas les limites de vitesse. Dans les zones de 90 km/h, ça roule 100, 110 km/h », dit-elle. « Si la vitesse permise est de 70 km/h, ça va rouler à 90 km/h. On ne va rien régler. »
Dans la dernière année, raconte Mme St-Onge, quatre accidents sont survenus dans l'intersection. Dans les trois accidents avec blessés, les conducteurs impliqués circulaient à 90 km/h, dit-elle. « L'intersection est dangereuse. Ce n'est pas avec une vitesse permise de 70 km/h qu'on va régler le problème. »
Selon elle, une limite de 50 km/h aurait un impact sur les usagers de la route 202. Ils ne respecteraient peut-être pas la limite, conçoit-elle, mais ils ralentiraient assez pour se donner un temps de réaction pour éviter une collision.
Une présence policière dans le secteur permettrait aussi d'améliorer les habitudes des conducteurs, croit-elle. « J'espère qu'ils vont arrêter de faire des études et de mettre des choses en place pour qu'on règle une fois pour toutes le problème. Il faut que tout ça débouche sur quelque chose. » Michel Laliberté