L’année 2017 s’est terminée dans la division au conseil municipal, alors que les élus ont voté à cinq reprises au cours de la séance publique.

Dissensions à la table du conseil de Granby

L’année 2017 s’est terminée dans la division au conseil municipal de Granby lundi soir, alors que, fait plutôt rare, les élus ont voté à cinq reprises, parfois même dans la confusion, au cours de la séance publique.

Deux projets ont principalement polarisé les débats, l’un portant sur les aménagements routiers du quartier du Plateau des terres Miner, rue Mountain, et l’autre sur certains aspects d’un développement résidentiel en préparation, dans le secteur de la rue Denison Ouest. 

Le ton a d’ailleurs été donné rapidement. La conseillère municipale Julie Bourdon a demandé au début de la séance d’ajouter un point aux affaires nouvelles de l’ordre du jour sur le moratoire décrété en 2016 pour le déneigement des trottoirs. Mais six de ses homologues s’y sont opposés, tel que rapporté mardi par La Voix de l’Est. Le sujet a ainsi été mis de côté, sans être discuté davantage à la table du conseil, bien qu’il ait été abordé lors de la période de questions.

Confusion

Dans le cas du développement du quartier du Plateau, c’est l’ajout d’un terre-plein dans la principale voie d’accès du futur secteur résidentiel qui a divisé les élus en nombre égal. Le maire Pascal Bonin a dû trancher sur ce point, affirmant être favorable à l’aménagement- prévu.

En désaccord, la conseillère Julie Bourdon a cependant fait valoir que cela compliquera la circulation pour certains résidants. Le point n’a en outre rien d’une dérogation mineure, à ses yeux, alors qu’il était traité dans ce cadre.

 « À 53 mètres (de largeur), si on ne met pas de terre-plein, avec une circulation dense, il pourrait y avoir un risque d’accident », a pour sa part exposé Robert Riel, l’un des élus en accord avec le plan proposé. 

Le dossier est plus tard revenu à l’ordre du jour. Des modifications au plan ont été soumises au conseil. Julie Bourdon a de nouveau demandé le vote. Mais le processus a été entouré de confusion. 

Le maire a dû s’y reprendre à trois reprises pour faire le décompte avant que les élus affichent leurs couleurs de façon claire et avec le même résultat que lors du premier vote sur ce projet. 

Parc litigieux dans un autre développement

Un autre projet de développement résidentiel, cette fois-ci dans le secteur des rues Guertin et Denison Ouest, a aussi fait réagir les élus à deux reprises. Le conseiller municipal Robert Vincent a particulièrement critiqué la révision à la baisse de la largeur d’une rue, soit de 20 mètres à 15 mètres, même si le service de la planification et de la gestion du territoire y a donné son aval. 

« On a pensé, aux services techniques, à rendre le développeur le plus heureux possible pour faire le plus de lots possible, sans penser aux citoyens. Et ça, je trouve ça déplorable que ces gens-là puissent passer à côté des citoyens », a-t-il lancé. Seuls deux autres élus se sont rangés à ses arguments. 

L’emplacement d’un parc dans ce même développement a aussi entraîné un débat — et un vote — à la table du conseil. Jocelyn Dupuis a souligné que le sujet avait déjà suscité « de grosses discussions » lors de séances préparatoires précédentes. Et, visiblement, certains élus ont changé d’idée à la dernière minute puisque celui-ci s’est dit « déconcerté » de l’issue du vote. 

Selon Jocelyn Dupuis, le parc projeté, qui permettra de préserver une prucheraie, est trop éloigné des maisons qui y seront construites. Un secteur plus central aurait été approprié, dit-il, d’autant plus qu’une érablière rouge s’y trouve. 

Son homologue à la table du conseil, Stéphane Giard, a cependant fait valoir que des études de la division environnement de la Ville et d’une firme privée auraient souligné que la survie de l’érablière pourrait être compromise si des travaux de construction sont réalisés autour, tandis qu’il en va autrement pour la prucheraie. Selon lui, le parc projeté ne serait par ailleurs pas si éloigné des résidences.

Fatigue

Le maire Bonin a reconnu aux médias, au terme de la séance du conseil, qu’il est plutôt rare de voir autant de votes. Selon lui, la situation s’explique notamment par la « fatigue », la campagne électorale automnale ayant été « longue ». 

Des raisons « politiques » peuvent aussi justifier ces dissensions, croit-il. « On n’a pas encore réussi à créer notre unité. On tente individuellement de faire des points plutôt que de gagner une game ensemble », juge Pascal Bonin.