« On fait des pieds et des mains pour la rétention de nos jeunes, pour la main-d’œuvre, et là, on dirait qu’on se fout d’eux », dénonce le maire de Granby, Pascal Bonin.

Disparition du basket-ball à JHL: « Une décision stupide », dit Bonin

Le maire de Granby Pascal Bonin s’insurge de la disparition des équipes de basket-ball à l’école secondaire Joseph-Hermas-Leclerc (JHL), « une décision stupide », dit-il.

« À l’école, on sait qu’on a un problème avec les jeunes garçons en particulier. Il faut qu’ils bougent. Quelle est la logique dans cette décision ? »

Il souligne que la Ville a beaucoup investi dans les sports et la jeunesse. « On fait des pieds et des mains pour la rétention de nos jeunes, pour la main-d’œuvre, et là, on dirait qu’on se fout d’eux. Il est temps que l’école JHL se réveille. C’est décourageant et ça discrédite le monde scolaire. »

M. Bonin souligne que durant son adolescence, la pratique du basket-ball à JHL lui a permis de « réaliser qu’on peut avoir du plaisir à faire autre chose que consommer [NDLR : des drogues ou de l’alcool] ».

« Ça m’a permis de voir autre chose. Quand t’as 13, 14 ou 15 ans et que t’es turbulent comme je l’étais, le sport te permet d’évacuer des choses d’une façon correcte. Le basket a eu une grande importance dans ma vie. »

Tâche
Plusieurs sources ont indiqué à La Voix de l’Est, jeudi, que la dissolution des équipes de basket-ball à JHL cette année vient du fait que la direction de l’école refuse de reconnaître que la tâche d’entraîneur, devenue vacante en 2017-2018, nécessite plus de temps que ce qui est alloué pour la faire.

« Dans ces conditions-là, les profs ne veulent pas la prendre », confirme le président du Syndicat de l’enseignement de la Haute-Yamaska, Éric Bédard.

« Par exemple, une tâche qui prend 10 heures par semaine, mais l’employeur n’en reconnaît que deux. Les profs en ont assez du bénévolat imposé. Avec le temps, les directions ont alourdi leur tâche et diminué le temps alloué pour la faire. »

La solution : que le poste d’entraîneur à JHL soit reconnu à sa juste valeur, dit M. Bédard.

« Désolant »
Président de la commission scolaire du Val-des-Cerfs, Paul Sarrazin reconnaît le problème, mais précise aussi qu’il y avait moins de volontaires cette année pour se joindre aux équipes, dont le nombre aurait chuté de quatre à « une et demie ».

Il espère qu’une solution soit trouvée afin que les Incroyables du basket-ball reviennent à JHL en 2018-2019. Il soulève aussi la possibilité qu’une équipe printanière voie le jour.

Refusant de s’ingérer dans un conflit syndical-patronal, il avance toutefois que « les choses peuvent peut-être être faites de façon différente ».

« C’est pas les élèves qui ont à payer, dit M. Sarrazin. On veut créer de saines habitudes de vie, des enfants en forme. C’est extrêmement désolant. J’espère qu’on n’aura pas à revivre ça. »

Le maire de Granby le souhaite aussi. Sinon, il envisage de mandater un conseiller municipal à assister à chaque séance des commissaires scolaires afin d’« intervenir ».

« Les chicanes, moi, j’en ai rien à cirer, dit Pascal Bonin. Quand on commence à hypothéquer des jeunes, c’est là que je déclutche. Ça me fait vomir au plus haut point. »