Marie-Claude Toupin, ambulancière paramédicale à la caserne de Bedford depuis 28 ans, s’envolera le lundi 13 janvier en direction du Bénin, en Afrique de l’Ouest, dans le cadre d’une mission humanitaire unique en son genre.

Direction l'Afrique pour une paramédic de Bedford

«Aller en Afrique, en plus pour une mission humanitaire, c’est un vieux rêve de petite fille qui se réalise», témoigne Marie-Claude Toupin, ambulancière paramédicale à la caserne de Bedford depuis 28 ans. Elle s’envolera, le lundi 13 janvier, en direction du Bénin, en Afrique de l’Ouest, en compagnie d’une dizaine de collègues à l’emploi de l’entreprise Dessercom. Une dizaine d’étudiants et un enseignant en soins préhospitaliers d’urgence du Collège Ellis de Drummondville seront aussi du voyage.

Ce projet international est une première dans le domaine préhospitalier québécois, indique Dessercom par voie de communiqué. Il est parrainé par Infirmière et Infirmier Sans Frontières ainsi que par Feed Needs Bénin. Cette mission de 17 jours servira essentiellement à former des intervenants d’urgence à des soins extrahospitaliers, notamment en ce qui a trait à la traumatologie et à l’utilisation d’un moniteur cardiaque, en périphérie de Cotonou, la capitale.

«J’aimerais beaucoup faire la formation de ces nouveaux "transporteurs", explique Mme Toupin. Là-bas quand, par exemple, une personne blessée doit être transportée, ils la déplacent en mobylette. Avec une fracture du péroné ou du fémur, un tel transport n’est pas du tout recommandé. C’est effrayant d’amener en mobylette jusqu’à la clinique quelqu’un ayant des fractures. Les chances de survie à un gros traumatisme sont faibles en étant transporté ainsi. »

Dessercom a en effet fait parvenir aux Béninois, en novembre dernier, une ambulance avec à bord 85 caisses d’équipements médicaux afin de mieux les aider à intervenir auprès de leur communauté.

Selon Mme Toupin, il n’existe pas, au Bénin, de culture de soins préhospitaliers. «C’est un peu comme au Québec dans les années 1970, imagine-t-elle. Pour devenir ambulancier, on te demandait : "As-tu peur du sang et sais-tu conduire ?" Ça se résumait à ça dans ces années-là. C’est un peu la situation à laquelle je m’attends.» 

Image de l’Afrique

Celle qui est mère de quatre enfants est très heureuse de se retrouver là-bas, elle qui a postulé afin de participer à cette mission. «J’ai hâte de pouvoir comparer avec l’image que je me fais de l’Afrique depuis que je suis petite, c’est-à-dire de voir les gens heureux, le fort aspect communautaire, que ça prend un village pour éduquer un enfant, et la solidarité entre les femmes», énumère-t-elle.

C’est d’ailleurs auprès des femmes qu’elle souhaite travailler, car elle aimerait profiter de son passage pour pratiquer des accouchements dans des cliniques de Cotonou, car elle a seulement eu la chance d’en faire à deux occasions dans le cadre de son travail de paramédic. 

«On m’a dit que les Africaines accouchent dans le silence, qu’elles ne doivent pas montrer la douleur, car c’est un signe de faiblesse», a-t-elle appris.

Réalité difficile

L’initiative de cette mission humanitaire date d’octobre 2018 et elle est celle d’une des étudiantes de Stéphane Gravel, coordonnateur du programme Soins préhospitaliers d’urgence au Collège Ellis. «Elle souhaitait qu’on puisse aller soigner des gens dans des communautés particulièrement défavorisées», explique-t-il.

Selon lui, c’est la première fois qu’une entreprise ambulancière québécoise et un établissement de formation offrant le diplôme de soins préhospitaliers d’urgence collaborent à un projet international.

Au Bénin, plusieurs personnes décèdent, car il n’existe aucune culture préhospitalière, indique M. Gravel. 

«Nous n’allons pas faire du tourisme», prévient-il. Ce voyage permettra de mieux outiller les intervenants sur place pour réduire la morbidité et la mortalité, notamment grâce à l’ambulance et aux équipements comme le défibrillateur cardiaque. En plus de transmettre leurs connaissances, les paramédics québécois visiteront des dispensaires de soins pour éduquer la population à des notions de base en santé publique. 

En tant que professeur, paramédic et chef de mission, Stéphane Gravel en était, vendredi, aux derniers préparatifs avant le grand départ. Si ses étudiants ont été préparés à la réalité complètement différente qui les attend au Bénin, avec «la pauvreté, la mauvaise hygiène, les décès par manque de soins», ces derniers vont vivre, selon lui, une expérience inoubliable.

À 47 ans, Marie-Claude Toupin s’attend elle aussi à vivre de grandes émotions. Sa valise est faite et elle a reçu ses derniers vaccins vendredi matin. «On est en pleine exploration avec Dessercom, dit-elle. Peut-être que cela pavera la voie plus tard à quelque chose qui pourrait devenir "Paramédics sans frontière".»

Ce projet international sera renouvelé l’année prochaine, à condition que l’expérience s’avère concluante.

Il est possible de suivre l’avancement de cette mission au moyen des réseaux sociaux de Dessercom, le mot-clic #BeninDessercomEllis ou sur le site Internet.