Le projet «RESPIRE» a bénéficié de la collaboration d’Omar Bernal, artiste d’origine mexicaine, qui a réalisé une murale sensibilisant les jeunes aux effets nocifs de la dépendance au tabagisme et aux drogues.

Dévoilement du projet «RESPIRE»: prévenir les dépendances par les passions

L’Atelier 19, en collaboration avec Les Jeunes Ambassadeurs de Granby, était fier de dévoiler le projet « RESPIRE », jeudi, qui a permis à quelque 200 jeunes de se découvrir une passion et de la déployer dans une optique de sensibilisation à la dépendance, que ce soit à la cigarette, au cannabis ou à tout autre produit nocif pour la santé.

Partant d’un désir d’Anne-Marie Cadieux du CIUSSS de l’Estrie de sensibiliser les jeunes aux dommages causés par les dépendances, le projet « RESPIRE » a réuni les écoles secondaires de la Haute-Ville, l’Envolée, Wilfrid-Léger, le Collège Mont-Sacré-Coeur, ainsi que L’Escouade de l’Atelier 19 et les Maisons des jeunes La Barak de Granby et l’Exit de Waterloo.

« Événement mémorable »

Chacun à leur manière et dans un but commun de valoriser leurs passions et intérêts, tous ont participé à la réalisation d’une oeuvre d’art collective, avec pour fond le mot « respire », qu’ils ont par la suite affichée dans un espace public de leur école.

« On veut prévenir l’utilisation du tabagisme ou de drogues, explique Mélody Poulin, coordonnatrice jeunesse pour l’organisme Vie culturelle et communautaire de Granby, mais on veut y aller positivement. Donc il s’agit de trouver nos passions, ce qui nous parle, nous motive. C’est vraiment l’objectif de ce projet-là ».

« Le principe, ajoute la directrice de l’Atelier 19, Francine Charland, c’était de bâtir un outil pédagogique qui permettrait aux jeunes, après avoir eu une réflexion et un dialogue avec les intervenants en toxicomanie, de s’exprimer sur leurs passions et intérêts, par le dessin ou la peinture, et en favorisant le travail d’équipe. Des fois, ils perdent de vue ce qui leur permet de respirer ».

L’Atelier 19 a offert des ateliers aux jeunes, a montré des techniques artistiques et a fait office de moteur entre les différents collaborateurs.

« Ce projet est important pour moi, laisse tomber une élève participante, Rose-Marie Giroux, parce qu’il a permis de nous découvrir et de montrer les talents de chacun des élèves de la classe. C’est un événement mémorable ».

Élèves et artistes

Par ailleurs, le projet a bénéficié de la collaboration d’Omar Bernal, artiste transdisciplinaire d’origine mexicaine, qui a réalisé une murale au skatepark de Granby aux influences « respirantes ». « On a complètement laissé Omar libre dans sa création. On a dit “toi comment tu veux parler du projet RESPIRE ?” C’est la troisième œuvre d’Omar au skatepark, et il a fait un atelier avec les jeunes », précise Mme Charland.

Valéry Pépin, intervenante en prévention des dépendances pour les écoles l’Envolée et Wilfrid-Léger, affirme que ce projet a été « révélateur ». « Les passions, c’est un thème difficile à galvauder, il faut vraiment le ressentir. On s’est questionné sur ça. »

Le projet a tant emballé les jeunes de l’Envolée, qu’ils ont pris 12 cours d’art plastique pour le réaliser, alors qu’au départ, ils n’en prévoyaient que 6.

Processus

Du côté de la Barak, ce fut également un succès au niveau du travail d’équipe, du dépassement de soi, des rencontres et du chemin parcouru. « L’important était le processus, et non l’objectif ou le résultat. On s’est questionné avec les jeunes sur qu’est-ce qui nous faisait triper, en dehors de nos dépendances », mentionne Hugo Lapierre, coordonnateur de l’animation à la Maison des jeunes.

Vie culturelle et communautaire a également fait un tournage vidéo dans les écoles et maisons de jeunes pour rendre visible le projet, pour donner une parole à la communauté et pour rejoindre le plus de personnes possible.

« C’est facile de tomber dans la dépendance, mais on a confiance en vous et vous nous le prouvez présentement. Au nom du conseil municipal, bravo et bonne continuité », a lancé à titre d’encouragements Alain Lacasse, conseiller municipal à Granby.

Bref, on peut dire que ce projet a permis aux jeunes d’unir leurs voix et de graver sur les murs leurs aspirations à devenir et à vivre dans un monde meilleur.