La crise perdure aux soins intensifs de l’hôpital de Granby.

Deuxième sit-in d'affilée aux soins intensifs

Les journées se suivent et se ressemblent à l’unité des soins intensifs de l’hôpital de Granby. La petite équipe du quart de jour a, pour une deuxième journée consécutive, fait un sit-in pour dénoncer le manque de personnel.

« Quand les gens sont rendus à faire un sit-in, c’est l’ultime solution pour eux. Ce n’est pas un moyen qu’on encourage, naturellement. Ça ne vient pas de nous. Mais le message envoyé, c’est de trouver des solutions rapidement », a laissé tomber mardi la présidente du Syndicat des professionnelles en soins des Cantons-de-l’Est, affilié à la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ-SPSCE), Sophie Séguin.

Lire aussi: Sit-in aux soins intensifs

Selon elle, le refus de l’équipe de jour d’entrer en poste au début de son quart de travail, à 8 h, n’a duré qu’une trentaine de minutes, soit jusqu’à ce qu’une ressource supplémentaire soit appelée en renfort. Comme la veille, une des quatre infirmières était absente.

« On a toujours la problématique où, à minuit ce soir, il manque deux personnes sur trois. Ce matin [mardi], ils n’avaient pas trouvé. Ce n’est pas très reluisant. Probablement qu’il va y avoir de l’imposition et qu’ils vont garder des gens de soir en temps supplémentaire obligatoire », dit Mme Séguin.

Autre information qui n’est pas sans l’inquiéter : l’évocation de possibles avis disciplinaires aux membres du personnel qui ne sont pas entrés au travail mardi matin. Le syndicat sera à l’affût, dit-elle. À tout le moins, une rencontre est prévue ce jeudi avec la gestionnaire responsable des soins intensifs « pour regarder ce qu’on peut faire à court terme avec les gens en place dans l’établissement », relève Sophie Séguin.

Au travail
« On met beaucoup d’effort à recruter (du personnel) et à trouver des solutions dans un contexte de pénurie qui ne facilite pas la continuité des services et amène des enjeux pour les membres du personnel », a pour sa part fait valoir mardi la directrice adjointe à la direction des ressources humaines, communications et affaires juridiques au CIUSSS de l’Estrie-CHUS, Josée Paquette.

Selon elle, des gestes ont déjà été posés au cours de la dernière année, en partie avec le « partenaire syndical », notamment pour garantir des heures de travail à des infirmières qui n’ont pas de poste à temps complet ou stabiliser des postes.

Mme Paquette relève toutefois que les infirmières et infirmières auxiliaires de l’organisation sont représentées par 14 conventions collectives. « C’est une gestion très complexe. On a besoin de leviers que nos partenaires syndicaux peuvent nous aider à obtenir parce qu’actuellement, les conventions collectives nous limitent dans ce qu’on peut faire de plus pour augmenter la stabilité et une meilleure répartition des ressources », dit-elle.

La directrice adjointe affirme qu’une entente a d’ailleurs été proposée aux représentants syndicaux. « La balle est dans leur camp », affirme Josée Paquette, tout en précisant que cela permettrait à tous de passer un été plus harmonieux.

Le sit-in du personnel ne peut par ailleurs être « légitimé » par l’employeur, relève Mme Paquette, et sera analysé.