Ronald Rondeau et Gisèle Beaumont déplorent que leur demande de transfert à la Légion de Waterloo ait été refusée.

Deux vétérans sans Légion depuis un an

Deux vétérans sont sans Légion depuis un an. À l’occasion du jour du Souvenir, samedi, ils ont rencontré La Voix de l’Est pour dénoncer le refus à leur demande de transfert à Waterloo après la fermeture de la Légion de Granby. Les motifs de cette décision demeurent un mystère.

Gisèle Beaumont et Ronald Rondeau­ ont suivi les procédures pour demander un transfert à la Légion de Waterloo en novembre 2016. Le mois suivant, lors d’une activité, on leur a signifié verbalement que leur demande avait été refusée. Pourtant, ils fréquentaient les activités de l’organisation waterloise depuis des années et ils assurent que tout allait bien avec les membres. 

« On s’est sentis insultés parce qu’en réalité, les Légions sont là pour les vétérans, confie Mme Beaumont, qui compte à son actif une carrière de 27 ans dans les télécommunications de l’armée canadienne. On fait des choses pour ceux qui sont morts, on fait des monuments, on donne des plaques à des veuves, mais quand il est temps d’aider des vétérans vivants, il n’y a rien [à Waterloo]. Ça devient un petit club social privé. Il n’y a presque pas de vétérans, d’ailleurs, là-bas. Et le message est clair : ils n’en veulent pas. »

N’importe qui peut devenir membre d’une filiale de la Légion royale canadienne, pourvu qu’il en respecte la mission. Les nouveaux venus doivent être recommandés par un membre en règle. Lorsqu’il s’agit d’un transfert, comme c’est le cas pour Mme Beaumont et M. Rondeau­, il faut remplir un formulaire­ de demande.

Ronald Rondeau a pour sa part servi dans l’infanterie du Royal 22e Régiment et dans le régiment aéroporté, en plus d’avoir été instructeur à l’école des officiers. Il a derrière lui 25 ans de carrière militaire et a été membre de différentes Légions depuis 29 ans. 

Raison inconnue

« On ne comprend pas, déplore le vétéran. J’ai été membre de quatre légions : deux en Colombie-Britannique, une en Ontario et, ici, à Granby quand je suis revenu au Québec. Je n’ai jamais eu de désaccord ou de sanction dans les autres Légions. »

Contacté par La Voix de l’Est, le président de la Légion de Waterloo, Daniel Saint-Germain, confirme avoir reçu deux demandes venant de Granby et qu’elles ont toutes deux été refusées par vote lors d’une assemblée avec une quinzaine­ de membres votants.

« Il n’y a pas de raisons à donner comme tel, répond M. Saint-Germain­. C’est une assemblée, c’est un club privé, qui décide qui on prend ou non. Ça s’arrête là. Ce n’est pas une affaire à discuter sur la place publique. [...] C’est un choix personnel qu’ils (les membres) font. Ça a toujours été de même. Quand les membres décident qu’ils ne veulent pas s’impliquer avec quelqu’un, je ne peux rien y faire. »

Il assure que les règles ont été respectées.

« Il y a eu des ouï-dire que c’était parce qu’on était de Granby, mais on n’a pas de preuve de ça », lance Mme Beaumont. Samedi soir, elle dit avoir appris qu’il y a plus de cinq ans, « ils ont accepté un vétéran de Granby qui a fait du trouble. Mais c’est quoi, faire du trouble ? On ne sait pas. C’est pourquoi la hache de guerre aurait été sortie. »

Plaintes sans suite

La goutte qui a fait déborder le vase, ajoutent-ils, c’est qu’ils ont vu des membres de la Légion de Waterloo vendre des coquelicots à Granby alors que les vétérans granbyens ne reçoivent pas d’aide de leur part.

Gisèle Beaumont et Ronald Rondeau ont adressé une plainte au sujet de leur refus à la direction provinciale du Québec et à la direction nationale, mais en vain, puisque les règles ont été respectées. 

Mais même si les membres votants revenaient sur leur décision, « pensez-vous que j’ai le goût d’aller à un endroit où j’ai été refusée ? Suite à notre refus, [les autres membres de Granby] ont décidé de ne même pas s’essayer. Ils sont allés ailleurs », constate Mme Beaumont.

Ils se retrouvent maintenant à Saint-Jean-sur-Richelieu, Trois-Rivières, Belœil ou Cowansville­, énumère M. Rondeau. Celui-ci ajoute que plusieurs ont choisi de retourner dans leur ancienne Légion.