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Deux fillettes placées chez un homme violent envers ses enfants

René-Charles Quirion
René-Charles Quirion
La Tribune
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Les droits à la protection, à des décisions prises dans l’intérêt de l’enfant et à des services adéquats de deux enfants en bas âge de l’Estrie ont été lésés parce qu’ils ont été confiés à une tante dont le conjoint avait des antécédents criminels en matière de voies de fait sur un mineur.

Dans une décision rendue récemment par la chambre de la jeunesse, la juge Pascale Bernardino blâme la Directrice de la protection de la jeunesse de l’Estrie.

Bien que le jugement ne permette pas d’identifier le lieu où ces événements, La Presse révélait, mercredi, que ce sont deux fillettes de la région de Granby qui sont au cœur de cette triste affaire.

Les fillettes de trois et quinze mois avaient été placées chez la tante paternelle et son conjoint à la suite d’un signalement pour des motifs d’abus physiques et de négligence au plan physique, besoin d’ordre alimentaire, pour l’une et de risque sérieux d’abus physiques pour l’autre.

Les fillettes avaient été confiées au couple sans que les vérifications adéquates n’aient été réalisées.

« Par sa négligence, la Directrice a mis en danger ces deux jeunes enfants dont l’une d’elles faisait déjà l’objet d’une déclaration de compromission pour abus physique », souligne la juge Bernardino.

La tante paternelle avait déclaré à l’intervenante que ni son conjoint ni elle ne possédaient d’antécédents judiciaires criminels.

« Or, l’évaluation plus en profondeur de ce milieu révèle que le conjoint a été reconnu coupable de voies de fait graves et de négligence ayant causé des lésions sur ses propres enfants pour des actes commis en 2009, alors qu’ils étaient âgés de moins d’un an », signale la juge Bernardino dans une décision rendue en protection de la jeunesse rendue en novembre dernier.

La tante paternelle avait réitéré à deux reprises l’absence d’antécédents judiciaires.

C’est de façon fortuite que la directrice de la protection de la jeunesse a été informée des antécédents criminels de l’homme résidant à l’endroit où les deux fillettes avaient été confiées. Une recherche sans la date de naissance de l’homme, qui n’avait pas communiqué la vraie, a permis de découvrir son antécédent judiciaire et la peine de prison qu’il avait purgée pour ces gestes.

Les enfants ont immédiatement été déplacés après avoir passé près d’un mois, entre décembre 2019 et janvier 2020, dans ce foyer où leur sécurité n’était pas assurée.

« Le Tribunal ne peut s’expliquer comment il se fait que la Directrice ne fasse pas immédiatement des vérifications d’antécédents avant de lui proposer un milieu tiers (...) Il est déplorable qu’il ait fallu que cette lacune importante dans les processus de vérifications de la Directrice soit constatée par les tribunaux pour que cette simple action soit entreprise pour corriger la situation », signale la juge Bernardino 

Elle indique dans son jugement, où elle blâme la DPJ Estrie, que depuis avril 2020, les consignes données aux intervenants en contexte de placement en mesure d’urgence ont été modifiées « afin qu’avant de confier un enfant, les démarches de vérification des antécédents judiciaires soient réalisées, tout comme l’obtention d’une preuve d’identité de toute personne âgée de plus de 14 ans résidant dans le milieu. »