Richard Vennes, président du Syndicat des employées et employés de syndicats et des organismes collectifs du Québec, et Jacques Tremblay, négociateur

Deux employés du SEHY en lock-out: «C’est une aberration»

Le lock-out imposé depuis lundi aux deux employées du Syndicat de l’enseignement de la Haute-Yamaska (SEHY), à Granby, est vivement dénoncé par le Syndicat des employées et employés de syndicats et des organismes collectifs du Québec (SEESOCQ), qui les représente.

« C’est une aberration », indique en entrevue Richard Vennes, président du SEESOCQ. Hormis le fait qu’un lock-out est considéré comme une tactique antisyndicale, il reproche au président du SEHY, Éric Bédard, de faire preuve de mauvaise foi dans les négociations — interrompues — en vue du renouvellement de la convention collective de ses secrétaires-employées.

M. Vennes croit que M. Bédard cherche à se venger du SEESOCQ, qui a eu gain de cause contre lui dans un autre dossier en 2016. « On est devant un syndicat-employeur qui a une crotte sur le coeur, dit-il. Même la proposition du conciliateur a été refusée. Il fait tout pour faire dérailler la négo. »

« Il n’y avait pas de raison de les mettre en lock-out, poursuit Eugénie Paradis-Charrette, des communications du SEESOCQ. Elles n’étaient pas en grève. On est prêts à négocier et on était même à l’aise avec le statu quo. »

« On les prend en otage pour quelque chose qui ne les concerne pas », dit M. Vennes.

La question du salaire de ces employées est un faux prétexte, dit Jacques Tremblay, négociateur au SEESOCQ. « Leurs salaires ne mettront pas le SEHY dans la rue. En fait, on a pratiquement tout réglé, mais il s’entête sur des détails. » Richard Vennes souligne que les dirigeants du SEHY se versent eux-mêmes de très bons salaires, en plus de « manipuler l’information » et de « faire de l’improvisation ».

« Trop donné »
Des accusations que rejette Éric Bédard. « On n’a jamais été aussi transparent avec nos membres et en arbitrage, dit le président du SEHY. Je les mets au défi de me prouver ça. Et si nos membres veulent des réponses, je vais leur en donner. »

M. Bédard souligne que les négociations sont rompues parce que les positions des parties sont trop éloignées. « On ne voit pas le jour où on pourrait se rapprocher », dit-il. Il ajoute en avoir « trop donné » à ses secrétaires dans le passé en termes de conditions de travail. « Il faut qu’on corrige ça. »

Il ne s’agit pas d’une vengeance envers le SEESOCQ, précise le président du SEHY. « On veut gérer les affaires pour l’avenir. C’est pas une question d’être pas fin. J’aimerais que ça se règle, mais on va prendre le temps qu’il faut. »

Le SEESOCQ souhaite de son côté que le SEHY, réputé très militant, revienne au plus vite à la table de négociation. « Et qu’il négocie pour de vrai, dit Eugénie Paradis-Charrette. Les valeurs syndicalistes devraient être bonnes pour tout le monde. »