Un premier cours a été donné jeudi après-midi dans la classe extérieure de l’école Saint-Léon, à Cowansville, avec les élèves de 3e année d’Étienne Benoit.
Un premier cours a été donné jeudi après-midi dans la classe extérieure de l’école Saint-Léon, à Cowansville, avec les élèves de 3e année d’Étienne Benoit.

Deux classes extérieures inaugurées à Cowansville

Cynthia Laflamme
Cynthia Laflamme
Initiative de journalisme local - La Voix de l'Est
Il y avait de l’excitation dans l’air, jeudi, alors qu’étaient inaugurées les deux premières classes extérieures à Cowansville. Résultats d’un concours lancé le printemps dernier par Fabritec, en partenariat avec Eden Canada, des bancs ont été installés sur les terrains des écoles Curé-A.-Petit et Saint-Léon.

Les nouvelles classes suscitent l’émerveillement et, rapidement, les enseignants ont voulu en profiter. 

À Curé-A.-Petit, il y a déjà beaucoup de demandes pour utiliser la classe extérieure. 

Ce qui rend l’initiative intéressante pour les enseignants et les élèves, « c’est vraiment le plein air, d’être en dehors des cadres normaux d’une salle de classe, croit le directeur de l’école primaire, Daniel Noiseux. On est dans une philosophie différente. On va chercher la curiosité des enfants. »

Parents enthousiastes

Pour l’école Curé-A.-Petit, l’idée de participer au concours Super-écos lancé par Fabritec est venue de deux mères enthousiastes qui ont mis le paquet pour remporter le grand prix (voir en vidéo).

Nadia Mercier et Vicky Hivon se sont lancées dans le tournage d’une vidéo de type « lipdub » sur la musique de J’aime les oiseaux, de Yann Perreau. 

Mme Hivon a complètement réécrit les paroles de la chanson pour aborder toutes les actions écoresponsables des enfants et du personnel de l’école, que ce soit le recyclage, l’utilisation des produits recyclés dans les classes d’art plastique, le compost, le jardinage et même la cuisine avec les légumes récoltés. 

« Les enfants sont venus chez nous pendant un après-midi pour enregistrer la chanson, raconte Mme Hivon. Ensuite, on avait un contact qui connaissait Yann Perreau­ et elle s’est occupée de trouver la bande sonore. »

« On a fait juste trois prises ! Même les maternelles ont participé. On a fait ça en une période et les enfants étaient vraiment fiers, ils ont pris ça au sérieux, commente-t-elle. Ils étaient vraiment contents [quand on a gagné], ils la voulaient la classe. »

Les six bancs, dont la structure rappelle un peu les pupitres, sont disposés en demi-cercle sur le terrain devant l’école de telle sorte que les élèves tournent le dos à la rue, évitant ainsi les distractions.

Coopération

Les bancs installés vendredi dernier à l’école Saint-Léon sont, pour leur part, disposés en cercle dans la cour de l’établissement. Un sixième banc a été ajouté grâce à un don privé. C’est la classe jumelée de 3e et 4e année de l’an dernier, avec comme enseignant titulaire Étienne Benoît, qui a remporté le concours (voir en vidéo).

Déjà, à l’arrivée du groupe de dignitaires pour l’inauguration de la classe extérieure, M. Benoît donnait un premier cours extérieur aux élèves de sa classe de cette année. Un peu plus tard, c’était au tour des enfants ayant réalisé la vidéo qui leur a permis de gagner le concours. Ils sont arrivés tout sourire pour participer à l’inauguration officielle.

Selon M. Benoit, la classe extérieure favorise l’enthousiasme et la persévérance scolaire.

La disposition rappelle les conseils de coopération que tient M. Benoit dans ses classes. Les pupitres placés en cercle, la discussion est ouverte. Pour le concours, une vidéo de deux minutes a été pensée pour présenter tous les gestes posés quotidiennement pour l’environnement, comme le recyclage des piles et des cartouches d’encre, le compostage et la réalisation d’une plate-bande à l’avant de l’école.

« C’est une adaptation pour tout le monde d’être à l’extérieur, mais c’est une belle adaptation, image Étienne Benoit. C’est un laboratoire à ciel ouvert. Si on donne un cours sur les insectes, on est dans un endroit où il y a des insectes; sur les plantes, on peut parcourir la cour d’école. Si on parle des nuages — ça fait partie de mon programme en 3e année —, on regarde le ciel. »

La classe extérieure de l’école Curé-A.-Petit a été disposée en demi-cercle.

Des bancs écoresponsables signés par Fabritec

Voulant encourager les gestes écoresponsables, Fabritec a montré l’exemple dans la fabrication de ses bancs réalisée avec Eden Canada. 

Nadia Bourgeois, vice-présidente administration chez Fabritec, explique que les bancs sont certifiés FSC, ce qui signifie que le bois a été prélevé de façon écoresponsable et sans coupe à blanc. Faits de bois et de métal, les bancs sont conçus pour durer plusieurs années avec un minimum d’entretien. Le bois est d’ailleurs le plus résistant au monde et provient du Brésil. 

Pour compenser les émissions de gaz à effets de serre générées par la fabrication des bancs, l’entreprise bromontoise a planté 75 000 arbres en 2017. Par exemple, « une petite école en Afrique a planté des arbres fruitiers pour que les enfants apprennent à cultiver les fruits, mais aussi pour qu’ils puissent nourrir leurs familles. Avec le climat, d’ici 6 à 18 mois, les arbres vont déjà donner des fruits. »

Fabritec récidivera avec son concours, annonce-t-elle. En ayant maintenant deux exemples concrets, Mme Bourgeois s’attend à recevoir plus de candidatures. Une quinzaine de dossiers avaient été reçus pour la première édition du concours.