Directeur général de l’OBV Yamaska, Alex Martin a annoncé la tenue de deux ateliers pour la création d’un projet porteur pour l’économie de l’eau potable.

Deux ateliers pour économiser l'eau organisés par l'OBV Yamaska

« Selon les modèles climatiques, il y aura des sécheresses plus fréquentes qui vont durer plus longtemps. Au Québec, on a des centaines de lacs et de rivières, mais ça n’empêche pas qu’il y a une rareté locale. » Alex Martin, directeur général de l’Organisme de bassin versant (OBV) de la Yamaska, invite les élus et les citoyens à deux ateliers qui permettront de réfléchir à des solutions pour économiser l’eau afin d’éviter d’éventuels problèmes.

La rivière Yamaska et ses différents bras, comme la Yamaska Nord qui traverse Granby et la Yamaska Sud-Est qui coule à Cowansville, n’ont pas un fort débit. Malgré ce faible débit, plusieurs municipalités s’y approvisionnent. En période de sécheresse, l’eau se fait plus difficile à puiser, surtout pour les municipalités en aval d’autres villes.

« La direction de gestion intégrée de l’eau du ministère de l’Environnement a donné un mandat spécifique à l’OBV Yamaska pour aller plus loin, a expliqué M. Martin en conférence de presse, vendredi matin. Comment, avec une rivière à petit débit comme la Yamaska, peut-on pallier cette problématique-là ? Plus précisément, comment peut-on pallier l’impact cumulatif des prélèvements de chacune des municipalités ? »

Le 5 décembre, l’Organisme de bassin versant de la Yamaska tiendra un atelier en après-midi au Centre d’interprétation de la nature du lac Boivin, à Granby, pour les élus et les représentants des municipalités. Cet atelier de cocréation de projets sera précédé par une séance d’information sur la municipalité de Crabtree, située dans Lanaudière, qui fait école au Québec en matière d’économie d’eau. « Ensuite, on va demander aux gens de collaborer à la création d’un projet, de quelque chose qu’on pourra lancer dans le bassin. »

En soirée, au Centre culturel St-John, à Bromont, les citoyens intéressés par la démarche peuvent participer gratuitement à l’atelier sous la même formule. En faisant participer la population, l’OBV Yamaska s’assure qu’elle porte le projet.

« Personne ne perd à économiser l’eau. C’est moins cher pour les municipalités parce qu’ils ont moins d’eau à produire. On en consomme moins, donc pour l’écosystème, c’est super et ça laisse plus d’eau disponible pour les autres. »

Industries

Chez les citoyens, des mesures pour inciter les propriétaires à acheter des toilettes à faible débit d’eau ou des douches qui utilisent moins d’or bleu peuvent être envisagées. L’exemple de Belœil, où la Ville récupère l’eau de pluie pour alimenter les toilettes et le système d’irrigation du centre des loisirs, est aussi une belle prémisse de discussion.

On pourra également réfléchir pour les entreprises, qui sont souvent de grands utilisateurs d’eau potable. « À Bromont, près de 50 % de l’eau est utilisée par les grands industriels et les grandes entreprises, a mentionné M. Martin. La moyenne de toute la population est très élevée. Même chose pour Granby, Saint-Hyacinthe, Saint-Césaire... Bonduelle à Saint-Césaire doit prendre la moitié de l’eau de la ville. Avec les deux ateliers, les gens vont lancer différentes pistes et, nous, on va voir ce qui est le plus porteur et on va lancer l’initiative dans les prochains mois. »

Crabtree, chef de file

Il y a douze ans, après une importante réflexion sur l’économie d’eau, la municipalité de Crabtree a mis en place une série de mesures pour diminuer la consommation d’eau par habitant.

« Ils ont quelques industries, dont les Papiers Scott qui sont un grand utilisateur d’eau, a souligné Michel Laliberté, responsable des communications de l’organisme. Il y a eu de la concertation et ils sont arrivés avec différentes mesures pour faire des économies d’eau. Ils sont nettement en bas de la moyenne québécoise. Ce sont des champions au Québec. »

De 2007 à 2017, la production d’eau potable a diminué de 34 %, passant de 571 975 mètres cubes à 379 850 mètres cubes par année. Pourtant, durant cette période, la population a augmenté de 21 %.

Dans cette municipalité de moins de 4000 âmes, il y a notamment eu un programme de subvention pour changer les toilettes à haut débit pour des toilettes à faible débit dans les immeubles multilogements.