Mathieu Laporte (ci-dessus) et Ian Thibault (ci-bas) avaient reconnu avoir harcelé un automobiliste qui, à la suite d’une bousculade, s’est cassé la jambe.

Deux accusés reçoivent leur peine

C’est en reconnaissant leurs torts que deux des trois accusés dans un dossier de rage au volant ont reçu leur sentence, mercredi.

Mathieu Laporte, 19 ans, avait plaidé coupable à l’accusation de complicité après le fait et Ian Thibault, 20 ans, à celle de voies de fait simple. Ils faisaient partie d’un trio qui avait pris un automobiliste en chasse, un soir de décembre 2016, entre Bromont et Brigham.

S’en sont suivies des manœuvres de dépassement hasardeuses, des accélérations et freinages subis et au moins un objet lancé sur la voiture de Benoît Vézina.

Quand le sexagénaire s’est immobilisé pour constater les dommages, les deux accusés, accompagnés de Raphaël Marceau, l’ont bousculé et M. Vézina a eu la jambe cassée.

Les accusés ont pris la fuite et c’est un passant qui a appelé les secours.

La victime a dû subir plusieurs opérations à la jambe, en plus de devoir réduire ses activités professionnelles et de loisir. « Ce sont des gestes graves, a rappelé le juge Serge Champoux, de la Cour du Québec. On se retrouve avec quelqu’un qui a eu une jambe cassée. »

Le magistrat a toutefois tenu compte que M. Laporte s’était excusé auprès de M. Vézina et que M. Thibault avait « témoigné avec sincérité » et « réalisé ce qu’il avait fait ».

Il a imposé 200 heures de travaux communautaires au premier et six mois de prison à domicile au second, compte tenu d’autres infractions à son actif, dont des introductions par effraction.

Instigateur
Déterminer une peine s’avère plus complexe pour Raphaël Marceau.

Le jeune homme de 22 ans, qui sort d’une peine de prison, est défini comme l’instigateur de l’attaque.

Me Véronique Gauthier, du ministère public, suggère de 12 à 15 mois de prison pour cet accusé en soulignant ses nombreux antécédents et son « comportement post-délictuel », dont une fraude et un autre objet lancé sur une voiture.

Il a aussi écopé de 120 heures de travaux communautaires, en mars, qu’il n’a pas commencés.

« C’est la preuve que le système de justice n’a pas fonctionné pour M. Marceau », a dit Me Gauthier.

Au sujet de l’attaque, elle a rappelé qu’il s’agissait d’un geste « réfléchi et gratuit » et que la victime avait été abandonnée sur une route de campagne.

À la défense, Me Serge Michon a de son côté fait valoir que son client avait « assaini ses fréquentations » et s’était « repris en main » avec des années de délits et de consommation de drogue.

« Il ne minimise pas ce qui est arrivé », dit-il en proposant plutôt 60 jours de prison à purger les week-ends ainsi que des travaux communautaires.

Le tribunal doit fixer la sentence de M. Marceau en juillet.