Des mesures pourraient être annoncées jeudi pour « réparer le réseau de la santé » lors de la présentation du budget du gouvernement provincial.

Détournements d'ambulances: « Il n’y a pas de réponse magique »

Le détournement d’ambulances de Granby vers Cowansville s’est poursuivi pendant quelques heures, mardi. Invité à commenter le détournement des ambulances vers Magog samedi, l’attaché de presse de la ministre de la Santé a fait savoir que des mesures pourraient être annoncées lors de la présentation du budget pour « réparer le réseau de la santé ».

« Il n’y a pas de réponse magique à la situation qui a été vécue en fin de semaine. Ce n’est pas la situation idéale, on le sait, a affirmé Alexandre Lahaie, l’attaché de presse de la ministre Danielle McCann, en entrevue avec La Voix de l’Est mardi après-midi. Est-ce que les soins et la sécurité des patients ont été pris en compte ? On ose le croire. »

Ces propos faisaient référence aux débordements des urgences des hôpitaux de Granby et Cowansville qui ont entraîné le détournement des ambulances jusqu’à Magog samedi, tel que rapporté par notre journal. Cet hôpital est situé à 60 kilomètres de Granby. La situation a été vivement dénoncée par le syndicat qui représente les paramédics de Granby et l’entreprise ambulancière.

La clé pour éviter que des situations comme celles vécues le week-end dernier ne se reproduisent est d’améliorer l’accès au réseau de la santé, estime M. Lahaie. Certains patients, qui n’ont pas accès à un médecin de famille, se présentent à l’urgence faute d’avoir d’autres ressources vers lesquelles se tourner.

La saison de la grippe qui se prolonge occasionnerait également une hausse de l’achalandage.


« Il n’y a pas de réponse magique à la situation qui a été vécue en fin de semaine. Ce n’est pas la situation idéale, on le sait . »
Alexandre Lahaie, attaché de presse de la ministre de la Santé

Deuxième raison : le manque de personnel. La situation oblige notamment le personnel infirmier à effectuer du temps supplémentaire obligatoire. « On le sait, affirme M. Lahaie. Ça fait bientôt six mois qu’on est en poste. On le voit. On est convaincu que d’ici la fin de la prochaine année 2019-2020, les gens sur le terrain, les préposés, les infirmières, vont commencer à voir une différence. Ça ne veut pas dire qu’il n’y aura plus de temps supplémentaire obligatoire, mais ça veut dire qu’on s’en va vers un allégement. On veut y arriver. »

Le budget du Québec qui sera dévoilé jeudi pourrait possiblement contenir les premières mesures pour « réparer le réseau de la santé », indique l’attaché de la ministre, refusant du même souffle de préciser la nature de celles-ci. « On veut donner du souffle aux travailleurs. On ne peut pas tout régler, mais on s’est engagé à mettre fin au temps supplémentaire obligatoire qui épuise les infirmières dans le premier mandat. »

Le gouvernement a d’ailleurs fait savoir qu’il veut décloisonner les pratiques médicales, rappelle l’attaché de la ministre de la Santé, en offrant plus de pouvoirs à différents professionnels, notamment aux infirmières praticiennes spécialisées et aux pharmaciens.

Encore débordée

La situation à l’urgence de l’hôpital de Granby ne s’était pas améliorée mardi. Le taux d’occupation a atteint 160 % en après-midi. Toutes les ambulances, à l’exception des cas urgents, étaient à nouveau détournées du côté de l’hôpital Brome-Missisquoi Perkins de Cowansville. De leur côté, le taux d’occupation de l’urgence était de 100 %.