Si la Loi sur la police devait éventuellement être revue, les Granbyens pourraient être sondés sur le type de desserte policière qu’ils désirent.

Desserte policière: Granby veut avoir le choix

Sûreté municipale ou Sûreté du Québec ? Les Granbyens pourraient être consultés sur la desserte policière qu’ils désirent, si la Loi sur la police devait éventuellement être revue. Le maire Pascal Bonin aimerait pouvoir sonder les citoyens sur la question.

Mais, selon lui, ce n’est pas demain la veille que cette consultation populaire risque de se produire, car le ministre des Affaires municipales et de l’Occupation du territoire ainsi que ministre de la Sécurité publique, Martin Coiteux, ont clairement laissé entendre qu’aucune modification ne sera apportée à la Loi avant les prochaines élections provinciales.

Le maire de Granby, ainsi que les maires de Saint-Jean-sur-Richelieu et Saint-Jérôme ont récemment rencontré le ministre Coiteux afin de réclamer une plus grande équité dans le financement des services policiers pour les villes de 50 000 à 100 000 habitants.

Au cœur de cette iniquité : l’absence de subventions gouvernementales accordées à Granby, mais aussi à Saint-Jean-sur-Richelieu et à Saint-Jérôme, pour couvrir les coûts de leur sûreté municipale respective.

A contrario, les 1041 municipalités qui offrent des services de niveau un, et dont la population est inférieure à 100 000 habitants, assument en moyenne 53 % de la facture payable pour la Sûreté du Québec alors que le gouvernement subventionne 47 % de leurs coûts via le Fonds des services de police, a relevé la Ville le mois dernier.

225 $
Selon Pascal Bonin, les trois maires à l’origine de la démarche auprès du ministre Coiteux demandent deux choses : que leurs villes soient compensées financièrement, car elles payent 100 % des coûts du service de police ou qu’elles puissent, à tout le moins, choisir le type de desserte policière qu’elles désirent.

«Actuellement, la législation fait en sorte qu’on ne peut pas revenir en arrière. Mais la Loi sur la police doit être ouverte», dit Pascal Bonin.

« Actuellement, la législation fait en sorte qu’on ne peut pas revenir en arrière. Mais la Loi sur la police doit être ouverte », laisse tomber le maire de Granby.

Selon lui, lorsque la Ville a eu à choisir entre le maintien de sa sûreté municipale ou faire appel aux services de la Sûreté du Québec au début des années 2000, la différence de coûts entre les deux était de 1 million de dollars. Aujourd’hui, elle avoisine 7 millions, dit-il.

« Ça veut dire que pour chaque compte de taxes, ça pourrait signifier une baisse d’environ 225 $ [si les services de la SQ étaient retenus]. Les gens auront à décider », laisse tomber le maire.

Celui-ci se défend toutefois de prendre position. Il dit simplement « exposer des faits ».

Détail important, ajoute Pascal Bonin : « Ça ne veut aucunement dire que je suis insatisfait du service de la sûreté municipale actuelle de la Ville de Granby. Je tiens à être clair là-dessus. Je pense qu’on a une sûreté municipale très performante, tant au niveau financier qu’au niveau travail. Mais c’est une question d’équité. Il y a trois villes qui sont traitées de façon inéquitable par Québec. »

Enjeu électoral
Selon le maire de Granby, comme le dossier ne risque pas de bouger avant au moins un an, il pourrait se retrouver au cœur de la prochaine campagne électorale provinciale. « C’est sûr que ça va faire partie des demandes de la Ville de Granby aux candidats de la prochaine élection. C’est un dossier qu’on ne lâchera pas à travers les prochaines années. C’est une liberté de choix. [...] Je pense que le gouvernement devra agir. Ça ne peut pas être à trois vitesses », prévient Pascal Bonin.

Celui-ci en a déjà glissé un mot cette semaine au député de Granby, François Bonnardel. « C’est certain que, comme formation politique, on va étudier toutes les options. [...] Je comprends la sortie des trois maires. Le sujet a déjà été discuté au caucus. Pour nous, ça va être important de trouver un équilibre entre ceux qui ont les services de la SQ et ceux qui ont les services municipaux », affirme M. Bonnardel.

« Ce n’est pas normal qu’il y ait une iniquité entre les villes et que celles qui sont desservies par la SQ soient limitées à une hausse de 3 %, tandis que les chiffres lèvent de notre côté de façon exponentielle », renchérit Pascal Bonin, tout en soulignant que les Granbyens contribuent aussi au financement du Fonds des services de police par le biais de leurs impôts versés au gouvernement provincial.