La Ville de Lac-Brome devra attendre encore quelques mois avant que le gouvernement du Québec étudie sa demande de troquer la Sûreté du Québec contre la sûreté municipale de Bromont.

Desserte policière à Lac-Brome: Québec n’est pas encore prêt

Le gouvernement québécois n’étudiera pas avant l’automne la demande de Lac-Brome de se départir de la Sûreté du Québec pour être desservie par la sûreté municipale de Bromont. Des informations laissaient entendre que le dossier aurait pu être traité lors de la session printanière de l’Assemblée nationale.

La Ville de Lac-Brome travaille depuis quelques semaines à préparer un projet de loi privé pour modifier la Loi sur la police afin de permettre à Lac-Brome de ne plus faire affaire avec la SQ et de confier la responsabilité de sa desserte aux policiers de Bromont, a indiqué Gilbert Arel, directeur général de la Ville de Lac-Brome. Le projet de loi privé est prêt, mais ne sera finalement pas déposé, a-t-il dit.

Projet de loi privé

La députée de Brome-Missisquoi Isabelle Charest avait avisé les autorités municipales avant les Fêtes de préparer un projet de loi privé et de le déposer avant le 4 février. Puisque Mme Charest est ministre, elle ne peut parrainer un projet de loi privé. La tâche de la présenter à l’Assemblée nationale au printemps allait incomber à son collègue d’Orford, Gilles Bélanger, a indiqué M. Arel. Sauf que ce scénario est repoussé jusqu’à nouvel ordre. Il appert que le menu législatif de la ministre de la Sécurité publique est trop rempli pour inclure la demande de Lac-Brome, a soutenu M. Arel.

« On nous a demandé de préparer un projet de loi privé pour qu’on puisse faire appel à la police de Bromont. C’est ce qu’on a fait. Mais on a appris cette semaine qu’il y a trop de projets liés à la sécurité publique qui vont aller à l’Assemblée nationale », a-t-il dit vendredi.

M. Arel ne se formalise pas de ce délai. « On a un nouveau gouvernement. On était un peu étonné qu’il nous demande un projet de loi privé aussi vite. On ne s’attendait pas à ce que ce soit au printemps. On l’a préparé parce qu’on y voyait un momentum. Mais on n’est pas surpris qu’ils mettent les freins. »

La demande de Lac-Brome est prise au sérieux, assure Jean-François Del Torchio, directeur des communications de la ministre de la Sécurité publique Geneviève Guilbault. « On a beaucoup de choses sur le feu présentement », illustre-t-il, citant le projet de loi sur la nomination du directeur général de la Sûreté du Québec, celui sur l’âge de consommation du cannabis et le registre des armes d’épaule.

Quelques solutions sont discutées, a-t-il dit vendredi en entrevue. « Ça ne prend pas nécessairement un projet de loi privé. On peut trouver d’autres façons de procéder », a-t-il dit. « On a des discussions avec les deux municipalités et la MRC. Ça progresse, mais on n’a pas d’annonce à faire bientôt. »

M. Del Torchio n’a pu expliquer pourquoi la ministre Charest a demandé à la Ville de Lac-Brome de préparer un projet de loi privé. Il n’y voit pas un manque de communication entre la députée-ministre de Brome-Missisquoi et sa patronne. « Les deux ministres se parlent », soutient-il.

Il faut donner le temps à la ministre Guilbault de s’approprier les dossiers de son ministère, a dit M. Arel. La Ville s’attend cependant à recevoir un signal de sa part à court terme, a-t-il ajouté. « Si on voit que ça stagne, on va revenir et appuyer encore sur le bouton. On ne va pas lâcher. »