La première phase des travaux dans le département des soins intensifs de l’hôpital de Granby devrait s’échelonner sur un mois.

Des travaux qui dérangent à l'hôpital de Granby

Le tintamarre quotidien des travaux de réfection qui ont cours depuis quelques jours dans le département des soins intensifs consterne des proches de patients qui y sont alités. Idem pour le personnel qui doit garder la tête froide parmi toute cette cacophonie.

Ginette Beauregard a eu tout un choc. Le père de la Granbyenne a dû subir des soins aigus au centre hospitalier de Granby étant donné son état de santé. Or, son passage au sein de l’établissement n’a pas été de tout repos. 

« Mon père venait de sortir d’une opération quand on l’a admis aux soins intensifs mercredi [8 novembre]. Une fois rendu à l’étage, je n’en revenais pas. Durant son séjour [il est sorti dimanche], des ouvriers démolissaient des murs, tapaient du marteau. Je ne leur en veux pas, ils font leur travail. Mais c’est inconcevable de faire subir ça à des gens qui ont besoin de quiétude », déplore-t-elle. 

Les travaux en question concernent principalement la réfection des toilettes des patients et de la portion « utilité souillée » de l’aile des soins intensifs afin de respecter les normes actuelles dans le milieu de la santé, a confirmé à La Voix de l’Est la responsable des communications du Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux (CIUSSS) de l’Estrie­, Annie-Andrée Émond. Cette première phase devrait s’échelonner sur près d’un mois. 

Selon Mme Beauregard, le ras-le-bol est aussi palpable parmi les effectifs médicaux du département. « Pour les employés, ce n’est pas une partie de plaisir. Les infirmiers auraient demandé à ce que l’unité soit déplacée. Mais ça aurait été refusé par la direction. Ce n’est pas un climat de travail acceptable. Ça ne fait aucun sens. C’est infernal aux soins intensifs. [...] J’ai rénové les plafonds dans ma chambre à la maison. Je n’ai pas couché là pendant les travaux. Impossible de dormir et de récupérer au beau milieu d’un chantier­ », clame-t-elle.

Un employé du CHG, qui a tenu à garder l’anonymat, abonde dans le même sens que Mme Beauregard­. « Est-ce qu’on aurait pu faire mieux côté planification ? Possiblement, dit-il. Mais une chose est certaine : avoir des patients au beau milieu de travaux de construction comme ce qui se fait en ce moment, c’est loin d’être idéal. [...] On ne parle pas seulement de déplacer un robinet. On démolit pour reconstruire­, entre autres une toilette. »

De son côté, Ginette Beauregard­ compte déposer sous peu une plainte au commissaire aux plaintes et à la qualité des services pour dénoncer cette situation qu’elle qualifie « d’aberrante ».

La présidente de la FIQ-SPSCE, Sophie Séguin.

Bémol

La présidente du Syndicat des professionnelles en soins des Cantons-de-l’Est, affilié à la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ-SPSCE), Sophie Séguin, est bien au fait des inconvénients occasionnés par les travaux en cours aux soins intensifs du CHG. 

« C’est dommage parce que le personnel et les patients écopent, fait-elle valoir. [...] Malheureusement, c’est très rare qu’on transfère des patients vers d’autres unités durant des travaux. [...] Si on avait une zone tampon avec des lits de libres, ça changerait peut-être la donne. Mais ce n’est pas le cas. Je comprends les familles de se plaindre. »

Bien qu’elle déplore la situation, Sophie Séguin est d’avis que plusieurs facteurs complexifient le déplacement des patients des soins intensifs vers d’autres unités. « Les lits de débordement sont au troisième étage avec la gériatrie. Et il n’y a pas d’autres espaces libres, soutient-elle. Et les débordements fréquents à l’urgence font en sorte qu’il n’y a presque plus de périodes tranquilles. Je ne suis pas surprise que la direction ait refusé de transférer les patients. »

Le fait que certains équipements des soins intensifs soient fixes, notamment les moniteurs cardiaques et les conduits de gaz pour les patients intubés, pèse aussi dans la balance, cite en exemples la présidente du syndicat. 

Mea-culpa

Qualifiant les travaux en cours « d’incontournables », Annie-Andrée Émond s’est dite consciente des nombreux inconvénients et irritants pour les patients des soins intensifs. 

« Les travaux sont transitoires en attendant que l’on obtienne le projet d’agrandissement qui va nous permettre de mettre notre unité de soins intensifs aux normes actuelles. [...] On a tenté de relocaliser les patients, mais ce n’est pas si simple que ça. D’une part à cause de l’endroit stratégique des soins intensifs dans un hôpital et du profil des patients qui [y sont admis]. Il y a aussi l’importance du plateau technique [équipements]. Pour quelques jours, malheureusement, les gens sont plus dérangés. Et on est excessivement désolés. »

L’intensité des travaux devrait toutefois diminuer au cours des jours à venir, indique la représentante du CIUSSS de l’Estrie. « Le pire est derrière nous, fait-elle valoir. La démolition est finie. »