La tatoueuse Julie Orphanos et ses deux collègues ont tatoué sans relâche le signe de ponctuation «;». « Dans une phrase, le point-virgule souligne que l’auteur aurait pu terminer sa phrase, mais qu’il a choisi de la continuer », explique l’intervenante Jade Deshaies.

Des tatouages contre le suicide

Discuter des idées noires, de la maladie mentale et des pensées suicidaires sont la meilleure façon de prévenir une tentative de suicide, soulignent les organisateurs de l’activité Tattoo Point-Virgule qui s’est déroulée les 23 et 24 mars dernier au Centre de prévention du suicide de la Haute-Yamaska (CPSHY). Une centaine de volontaires sont venus se faire tatouer le signe de ponctuation « ; », permettant ainsi au CPSHY d’amasser 2000 $ et surtout de se faire connaître davantage.

« Dans une phrase, le point-virgule souligne que l’auteur aurait pu terminer sa phrase, mais qu’il a choisi de la continuer », explique Jade Deshaies.

Étudiante en travail social à l’UQAM et intervenante, Mme Deshaies a décidé de mettre sur pied l’événement au début de l’année. « Disons que je suis touché par la cause de multiples façons. Initialement, le but était de faire deux journées de 9 h à 17 h, mais les places disponibles se sont envolées en 48 h. Nous avons décidé d’ajouter huit heures pour accueillir plus de personnes », explique-t-elle.

« Les gens qui ont décidé de se faire tatouer sont des personnes qui ont été touchées de près par le suicide. Soit qu’elles ont eu elles-mêmes des idées noires ou qu’elles ont aidé un proche au travers de tout ça », précise Jade Deshaies.

La tatoueuse Julie Orphanos et ses deux collègues ont ainsi tatoué sans relâche le signe de ponctuation.

Aux dires de la tatoueuse, près du tiers de participants en était à son premier tatouage. « C’est représenter toute une signification, toute une histoire. J’ai même tatoué un homme de 68 ans pour qui c’était son premier. Il a vraiment accepté pour la cause », explique-t-elle.

Julie Orphanos avoue elle aussi être interpellée par la cause. Depuis cinq mois, elle est en tournée aux quatre coins du Québec et multiplie les points-virgules.

« Ça commence à grossir, au début c’était dans des résidences privées et maintenant on le fait dans des centres comme ici. Mais une centaine en deux jours ce sont des journées tranquilles. Seule j’en ai déjà fait jusqu’à 75 dans la même journée », estime-t-elle.


«  Dans une phrase, le point-virgule souligne que l’auteur aurait pu terminer sa phrase, mais qu’il a choisi de la continuer.  »
Jade Deshaies, intervenante

Sentinelles

Pour Yves Bélanger, directeur du CPSHY, l’événement aura surtout permis de mieux faire connaître le centre de prévention. « Il y a plusieurs personnes qui entraient ici pour la première fois et qui ignoraient qu’on existait. S’ils ont un proche ou s’ils doivent faire face à la situation, ils sauront où aller chercher de l’aide », explique-t-il.

L’argent amassé, soit la moitié du 30 $ que coûtait chaque tatouage, sera remis au CPSHY qui finance ainsi la formation de ses « sentinelles ». Ce programme vise à former un réseau de soutien dans tous les milieux de vie afin de prévenir le suicide. En une quinzaine d’années, l’organisme a formé plus de 500 sentinelles.