Tant les enseignants que le personnel de soutien, dont les fédérations ont installé les «décorations», se disent épuisés.
Tant les enseignants que le personnel de soutien, dont les fédérations ont installé les «décorations», se disent épuisés.

Des syndiqués décorent Val-des-Cerfs

Pascal Faucher
Pascal Faucher
La Voix de l'Est
Coup d’éclat de deux syndicats d'employés du centre de services scolaire du Val-des-Cerfs, jeudi à Granby. À l’aube, de nombreuses affiches, citrouilles, épouvantails et bannières avaient été installés devant le centre de services scolaire du Val-des-Cerfs, rue Court.

Les «décorations» avaient été installées par le Syndicat de l’enseignement de la Haute-Yamaska (SEHY) et le Syndicat du personnel technique, administratif et éducatif (SPTAE).

Elles visent à dénoncer la lenteur des négociations pour le renouvellement de l’entente nationale des employés des services publics. Les offres syndicales ont été déposées il y a aujourd’hui un an, indique Alina Laverrière, présidente du SEHY, syndicat affilié à la Fédération autonome de l’enseignement (FAE).

Depuis «les négos traînent avec le gouvernement et en plus les profs sont écoeurés et surchargés», dit Mme Laverrière. «Ils en ont plein le derrière.» 

Même exaspération du côté de Jacinthe Leduc, présidente du SPTAE (affilié à la CSN), qui représente notamment les éducatrice en services de garde, les secrétaires d'école, les techniciennes en éducation spécialisée et les concierges.

«On est là depuis le début de la pandémie, dit-elle. Nos employés sont fatigués et leur tâche est amplifiée par la COVID.» Mme Leduc soutient que les deux syndicats ne s'étaient pas concertés dans leurs actions nocturnes.

D’autres centres de services scolaires ont fait l’objet de telles «interventions», jeudi, notamment en Outaouais et dans les Basses-Laurentides. Les bureaux du ministère de l’Éducation à Québec et Montréal ont également été visés, tout comme ceux du ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, à Chambly.

«Donner le ton»

Ce type d'action vise à «donner le ton dans les négociations», dit la présidente du SEHY. «Et je trouve que ça donne un look de jeunesse à notre centre de services scolaire.»

Ces coups d’éclat ne sont-ils pas déplacés étant donné que Québec investit beaucoup en éducation et doit également gérer la coûteuse crise de la COVID? 

«Pas du tout, répond Alina Laverrière. Le gouvernement s’est engagé à faire de l’éducation une priorité en 2018 et les conditions de travail des enseignants étaient déjà difficiles avant le contexte pandémique.»

Elle déplore l’absence de «pourparlers francs et honnêtes» avec Québec.

«On veut être écoutés et que le gouvernement reconnaisse notre expertise de profs. Nos besoins en argent, en ressources humaines et matérielles ne sont pas non plus comblés, tout comme ceux des élèves.»

Quant au personnel de soutien, il est moins présent dans les médias, dit Mme Leduc, mais c'est lui qui «porte le système scolaire à bout de bras» et qui «a été présent sur le terrain depuis de début de la pandémie», entre autres avec les services de garde d’urgence et la conciergerie».


Demandes
Les demandes des fédérations syndicales concernent principalement les salaires et les conditions de travail.

Les 20 M$ annoncés récemment en services complémentaires représentent «des pinottes» à l’échelle de la province, dit Mme Laverrière.

Le centre de services scolaire du Val-des-Cerfs a préféré ne pas commenter les interventions de jeudi puisqu'«il s’agit d’une négociation nationale». «Nous n’en sommes pas les porte-parole», indique la coordonnatrice aux communications Paméla Blouin.

«Dans cette situation-ci, cela engendre des frais pour le nettoyage, dit Mme Blouin à propos des affiches du SEHY. Nous leur enverrons la facture.»

Le SPTAE a de son côté retiré lui-même ses décorations en matinée... et les a remises sur place en début de soirée.