Les bateaux qui circulent sur le lac Brome pourraient devoir subir un lavage de leur coque. La mesure vise à limiter les risques que des plantes aquatiques exotiques envahissantes ne prolifèrent dans le plan d’eau.

Des stations de lavage de coques envisagées au lac Brome

Les propriétaires d’embarcation qui naviguent sur le lac Brome pourraient devoir laver la coque de celles-ci avant de les mettre à l’eau. L’objectif est de réduire les risques d’importation de plantes aquatiques exotiques envahissantes dans le cours d’eau.

C’est l’un des projets sur lesquels Renaissance lac Brome (RlB) travaillera durant l’année. « Ces plantes nuisent à la qualité de l’eau du lac. Il faut trouver des moyens de limiter leur croissance », explique Christian Roy, membre du conseil d’administration de RlB et responsable de ce dossier.

Des discussions seront menées avec les responsables des marinas privés ainsi qu’avec les propriétaires du camping du Domaine des Érables. « On veut trouver un lieu où installer une station de lavage et s’entendre sur les coûts », a dit Hélène Drouin, présidente de RlB.

Une étude sur les herbiers aquatiques réalisée pour l’organisme environnementaliste en 2009 révélait la présence de myriophylle à épi, en grande qualité dans l’exutoire du lac où prend forme la rivière Yamaska, et de phragmite commun à quelques endroits dans le lac. RlB mettra cette étude à jour cette année. Un mandat a été accordé au Regroupement des associations pour la protection de l’environnement des lacs et des bassins versants (RAPPEL).

L’attention sera portée sur les rivages et les secteurs où la profondeur de l’eau est de trois mètres et moins, a dit M. Roy. « On veut voir quels types de plantes envahissantes on retrouve, leur densité, le type de sol où elles poussent. Est-ce qu’il y en a plus qu’avant », s’interroge-t-il.

En se concentrant sur les zones peu profondes, les chercheurs tenteront de déterminer quels sont les impacts du passage des bateaux. Le myriophylle à épi a une grande capacité de reproduction, note M. Roy. Des fragments de la plante sectionnés par des hélices de bateaux tomberont au fond et s’ancreront dans le sol pour produire de nouvelles boutures, signale-t-il.

Les conclusions de l’étude permettront de réévaluer le système de bouées mis en place tout autour du lac pour délimiter les zones où la vitesse maximale des embarcations est de 10 km/h, a indiqué M. Roy.

Plusieurs lacs de la région de l’Estrie, les lacs Memphrémagog et Massawippi par exemple, possèdent des stations de lavage. Les coques de toutes les embarcations qui arrivent de l’extérieur de ces lacs doivent passer par des stations de lavage avant qu’elles ne soient mises à l’eau. Cela inclut les hors-bords, canots et kayaks. Les municipalités sont souvent responsables de gérer les stations.

RlB ignore combien d’embarcations sont mises à l’eau tous les ans par des propriétaires qui n’habitent pas les berges du lac. Une collaboration des marinas privées et du camping, qui ont des rampes de mises à l’eau, est nécessaire pour colliger ces données, signale M. Roy.

Les dirigeants de Renaissance lac Brome prendront leur temps dans ce dossier, dit Mme Drouin. « On essaie d’y aller tranquillement. On veut que les gens comprennent le but recherché et que ça va être bénéfique pour le lac. Il faut qu’on convainque les élus du bien-fondé de cette mesure », a-t-elle dit.

Bandes riveraines

Par ailleurs, RlB poursuivra cette année son programme d’aménagement de bandes riveraines sur des propriétés privées. Le programme, qui bénéficie d’une subvention de 40 000 $ de la Ville, permet aux propriétaires riverains du lac de profiter des conseils d’un expert en aménagement. L’argent permet d’informer les riverains sur le programme, à payer l’expert en aménagement et à acheter les arbustes et les arbres à planter. Les propriétaires déboursent entre 75 $ et 300 $.

Une caractérisation des bandes riveraines réalisée en 2016 par RlB a permis de déterminer que 90 % des 461 propriétés riveraines du lac ne respectaient pas les normes en vigueur. Environ 35 propriétaires profitent du programme tous les ans. C’est la troisième année d’un programme de cinq ans.

RlB tiendra son assemblée générale annuelle samedi, à compter de 9h30, au Centre Communautaire Lac-Brome (270, rue Victoria). En plus de postes à pourvoir au sein du conseil d’administration, les participants pourront entendre une conférence sur les espèces exotiques envahissantes par Hélène Godmaire, directrice générale du conseil québécois des espèces exotiques envahissantes.