Le bassin versant de la rivière de la Roche a un des taux les plus élevés d’exportation de phosphore et de sédiments de l’ensemble du bassin versant de la baie Missisquoi.
Le bassin versant de la rivière de la Roche a un des taux les plus élevés d’exportation de phosphore et de sédiments de l’ensemble du bassin versant de la baie Missisquoi.

Des solutions pour réduire le phosphore dans le lac Champlain

Nicolas Bourcier
Nicolas Bourcier
La Voix de l'Est
Avec une moyenne de 3,53 tonnes recensées chaque année entre 2011 et 2017, la rivière de la Roche est l’un des affluents du bassin versant de la baie Missisquoi les plus riches en phosphore et en sédiments. Grâce à une aide financière de 25 000 $ US du Lake Champlain Basin Program, l’Organisme du bassin versant de la baie Missisquoi (OBVBM) a pu faire réaliser une étude portant à la fois sur les sources de cette problématique et sur ses solutions.

Mandaté par l’OBVBM, l’Institut de recherche et de développement en agroenvironnement (IRDA) s’est penché sur différentes pratiques de culture permettant de réduire la quantité de phosphore qui se déverse dans la rivière de la Roche, l’un des affluents de la baie Missisquoi située au nord du lac Champlain.

Le bassin versant de la baie Missisquoi se trouve à cheval sur la frontière canado-américaine, avec 48 km2 au Québec et 92 km2 au Vermont.

Le rapport de l’IRDA démontre que la moitié du phosphore qui s’écoule dans le bassin versant provient de 20 % des terres en cultures du Vermont et de 17 % de celles au Québec.

« Cela s’explique par le fait que certaines cultures vont libérer plus facilement du phosphore dans les cours d’eau, mais aussi que certains types de sols sont plus facilement érodables », rapporte le chargé de communication de l’OBVBM, Anthoni Barbe.

Celui-ci précise que l’organisme de bassin versant s’est donné comme objectif de réduire de 40 % les charges de phosphore dans la rivière de la Roche.

Analyse avantage/coûts

En ce sens, l’étude de l’IRDA vient « donner des outils de gestion » qui permettront d‘assainir la rivière et le bassin versant.

Le rapport permet d’abord de cibler des zones d’intervention prioritaires, en fonction de la production de phosphore projetée, et de proposer des solutions selon une analyse avantages/coûts. « La modélisation a permis de calculer la baisse d’émission de phosphore pour chaque type de pratiques culturales, tout en considérant le coût de ces pratiques, pour ainsi déterminer les méthodes qui offrent les meilleurs rendements », précise Anthoni Barbe

Plusieurs types d’interventions sont par ailleurs proposées pour limiter l’accumulation de sédiments.

On indique que la culture sur résidus, où les semis sont faits directement sur l’ancienne végétation, ou la culture sur couverture, qui mise sur une culture complémentaire à la culture principale pour éviter l’érosion des sols, permettent toutes deux de retenir les sols et de réduire l’impact du ruissellement de surface jusque dans les cours d’eau.

La mise en place de bandes riveraines, qui agissent comme barrières absorbant le phosphore avant qu’il ne gagne le cours d’eau, et la protection intégrale du corridor inondable de la rivière sont deux techniques qui ont aussi été évaluées dans le cadre de l’enquête. Or, pour être efficaces, ces méthodes doivent être cumulées et appliquées aux endroits critiques.

Économies et bénéfices

La réduction du phosphore représente un avantage financier pour l’économie locale. Elle permet de diminuer les coûts du traitement de l’eau et d’assurer sa disponibilité ainsi que sa qualité pour les activités récréatives et pour l’écosystème qui en dépend, souligne Anthoni Barbe.

« En plus d’être une ressource majeure pour le tourisme et la villégiature dans la région, la baie Missisquoi est une source d’eau potable pour les communautés avoisinantes et les écosystèmes. La mise en place de pratiques agricoles durables et d’une gestion de l’eau intégrée sera indispensable pour maintenir une qualité d’eau acceptable dans le bassin versant de la baie Missisquoi », conclut-il.