Des scénarios de réaménagement du ruisseau Bouchard, qui longe le boulevard David-Bouchard à Granby, seront proposés à la MRC de la Haute-Yamaska. Le cours d’eau s’écoule mal et est chargé de phosphore.

Des solutions pour le ruisseau Bouchard

Le ruisseau Bouchard à Granby pourrait être réaménagé pour améliorer l’écoulement de ses eaux et réduire son taux de phosphore. La MRC de la Haute-Yamaska en a confié l’analyse à une firme de génie. L’organisme municipal est à la recherche de solutions abordables.

Les problèmes du ruisseau Bouchard sont bien documentés. Une faible pente fait que son écoulement provoque souvent des inondations du côté nord du boulevard David-Bouchard où coule le ruisseau. Les terres agricoles contiguës se trouvent souvent recouvertes d’eau, ajoutant à la charge en phosphore de l’eau. Les impacts se font ressentir dans le marécage du Centre d’interprétation de la nature du lac Boivin et du coup dans le lac Boivin.

Des échantillons prélevés de novembre 2009 à 2015 révèlent que le taux moyen de phosphore total du ruisseau Bouchard atteint 0,069 milligramme par litre. Il s’agit du 7e pire résultat des 31 points d’échantillons répartis sur l’ensemble du territoire de la MRC. Une concentration de 0,051 mg/l est considérée comme élevée.

Le mandat accordé par la MRC à ALPG consultants consiste à proposer deux scénarios pour réaménager le ruisseau « dans le but d’améliorer le libre écoulement des eaux », peut-on lire dans l’avis technique. On y précise que le tout doit se faire « en utilisant l’environnement immédiat et sans ouvrage majeur. »

Cette précision avait pour but d’informer les firmes soumissionnaires de ne pas suggérer « des ouvrages comme des barrages, des digues ou des aménagements impliquant des coûts astronomiques », a indiqué la direction de la MRC, en réponse aux questions de La Voix de l’Est.


«  C’est souvent très long quand on veut faire des choses en environnement. Il faut attendre des données. Ça peut être décourageant. Mais on a poussé très fort sur ce dossier pour que ça avance.  »
Pascal Bonin

Le contrat d’hydrologie a été accordé à ALPG consultants au montant de 21 356,61 $ (taxes incluses). L’entreprise de Saint-Jean-sur-Richelieu, spécialisée en gestion de ressources hydriques, a obtenu le meilleur pointage au terme de l’analyse des trois soumissions reçues.

L’amélioration de l’écoulement du ruisseau devrait réduire le taux de phosphore du ruisseau, estime Pascal Bonin, maire de Granby et préfet adjoint de la MRC. « On a analysé des photos aériennes d’il y a cinquante ans. On voit que c’est un ruisseau qui a été complètement modifié par l’homme. C’est clair que cela a un impact sur le lac Boivin », explique-t-il en entrevue.

L’analyse hydrologique du ruisseau pourrait démontrer qu’il se situe presque au même niveau que le lac Boivin, d’où son problème d’écoulement, dit-il.

Bassin de sédimentation
Parmi les solutions qui seront proposées, M. Bonin est d’avis qu’un bassin de sédimentation pourrait être aménagé entre les terres agricoles et les terrains du CINLB. Une intervention en milieu agricole nécessiterait des discussions avec l’Union des producteurs agricoles, concède-t-il. « On va devoir avoir une coopération de l’UPA, sinon ça ne fonctionnera pas », a-t-il indiqué.

L’analyse hydrologique du ruisseau Bouchard s’inscrit dans le plan directeur de l’eau 2017-2021 adopté cet automne par les maires de la MRC. Dans ce cas précis, l’objectif est de réduire les sédiments qui s’y retrouvent.

« C’est souvent très long quand on veut faire des choses en environnement. Il faut attendre des données. Ça peut être décourageant. Mais on a poussé très fort sur ce dossier pour que ça avance. On est en action », assure M. Bonin.

Le rapport d’ALPG consultants est attendu avant le 13 juillet. Il devrait mener à une demande de certificat d’autorisation auprès du ministère de l’Environnement à l’automne. Les travaux pourraient être réalisés en 2019, selon la direction de la MRC.