La compagnie Groupe Star Suites loue des roulottes habituellement destinées à l’industrie du cinéma.
La compagnie Groupe Star Suites loue des roulottes habituellement destinées à l’industrie du cinéma.

Des roulottes de cinéma et des chapiteaux en soutien aux agriculteurs

Billie-Anne Leduc
Billie-Anne Leduc
La Voix de l'Est
Un propriétaire de deux entreprises de location d’équipements mobiles se réinvente, en ce temps de crise de COVID-19. Groupe Star Suites et Chapiteaux Classic ont décidé d’offrir leurs équipements comme hébergement temporaire en cas de mise en quarantaine. Plusieurs secteurs d’activités pourraient en bénéficier, comme les centres hospitaliers ou les producteurs maraîchers.

«Nous qui louons habituellement aux festivals et à l’industrie du cinéma, on ne peut pas être plus touchés par la crise», rapporte Patrick Léveillé, président des deux compagnies situées aux alentours de Montréal.

Ce dernier s’est demandé comment ses entreprises pourraient aider pendant la crise. Il a naturellement pensé à l’agriculture, qui est gravement touchée, certains producteurs maraîchers se trouvant privés de leurs travailleurs étrangers en cette période saisonnière cruciale.

Rappelons que les travailleurs étrangers «pourront entrer au Canada, en se soumettant à un isolement de 14 jours », a déclaré le ministre fédéral de la Sécurité publique, Bill Blair.

Loges, cuisines, douches, télévision

Avec 250 roulottes, des loges simples, doubles, triples et quadruples, 100 remorques sanitaires chauffées, des fifth wheels équipés de cuisines et plus de 450 chapiteaux, les entreprises de M. Léveillé pourraient offrir un camp de base adéquat aux travailleurs se soumettant à la quarantaine obligatoire. Certaines roulottes comprennent également des micro-ondes et des télévisions.

«Nous serions en mesure de proposer des loges d’artistes qui comprennent des divan-lits, des toilettes/douches en plus d’un chapiteau qui serviraient d’aire commune pour ces nouveaux arrivants qui doivent se confiner et qui ne pourront pas être dans les mêmes [logements] que ceux qui sont déjà arrivés», rapporte Patrick Léveillé.

Certaines roulottes comprennent des micro-ondes et des télévisions.

«Pour un gros producteur, qui emploie 250 travailleurs, ça peut être un gros enjeu, l’hébergement temporaire. Le camp de base, ça peut être une bonne idée», indique Philippe Beauregard, du Potager Mont-Rouge halte gourmande, situé à Rougemont.

Plusieurs sont intéressés

Pour l’instant, M. Léveillé n’a aucune réservation chez des fermes, mais il affirme avoir vu beaucoup d’intérêt autour de lui.

Quelques remorques et chapiteaux ont notamment été installés près de centres hospitaliers — hors de la région — pour faire office de bureaux, de postes de commandement, de vestiaires et de lieux de rencontres individuelles entre professionnels de la santé et patients.

«Si la crise permet certaines réouvertures de commerces, dans les prochaines semaines ou prochains mois, on pourrait offrir des aires temporaires extérieures, par exemple aux dépanneurs, aux magasins de fruits et légumes, et même aux salons de coiffure. Ça permettrait d’aérer l’espace», amène M. Léveillé, qui ne manque pas de créativité concernant l’usage de son équipement.

Pour ce qui est de la désinfection, M. Léveillé préfère laisser ce travail à des professionnels qui ont les outils adéquats. Il affirme cependant qu’une fois retourné, le matériel reposera au moins 7 jours.

Remorques sanitaires chauffées

Retards dans les fermes

Philippe Beauregard s’attend à recevoir quatre à cinq travailleurs étrangers, fin avril, au Potager Mont-Rouge. «Ils seront sur trois sites avec des maisons. Je n’aurais donc pas besoin d’un gros camp de base», dit-il.

Son inquiétude va plutôt du côté du travail de plantation. «Je ne sais pas comment on va faire pour respecter le deux mètres de distanciation. Les planteurs, ils sont tous cordés, on va devoir être très créatifs pour trouver de nouvelles façons de travailler, pour s’adapter», indique-t-il, en rappelant que malgré tout, l’ensemble de son potager est prêt à faire face à la crise et continuera de produire.

David Côté, de Maraîcher André Côté, a, pour sa part «la chance d’avoir six logements différents».

«On veut isoler des petits groupes, soit quatre ou cinq travailleurs par logement. On a la chance de créer des groupes distinctifs. Je ne vais pas les faire travailler ensemble au cas où», mentionne-t-il.

Ce dernier ajoute qu’il y a un accord avec le fédéral et un protocole approuvé d’intégration dans les fermes.

« Présentement, il y a un délai avec le Mexique, on attend leur accord. Du côté des employeurs, la majorité sont prêts», dit David Côté, qui ajoute que beaucoup de travail sera conséquemment retardé.

Quelques chapiteaux ont été installés près de centres hospitaliers.

Une répercussion que déplore également Philippe Beauregard, qui laisse entendre qu’«il va falloir avoir des réponses et des directives claires d’ici la fin mai, sinon ce sera critique».

Groupe Star Suites existe depuis 25 ans, et Chapiteaux Classic, depuis 20 ans. «Ce type de location, ce serait une première pour nous!», lance Patrick Léveillé.

Pour la location ou pour plus d’informations sur ces entreprises, visitez les sites Internet starsuites.com et locationchapiteauxclassic.com.