En plus de gagner de nombreux prix, les élèves du programme de robotique apprennent les sciences, l’autonomie... et à apprécier l’école !

Des robots qui inspirent

Le programme de robotique à l’école secondaire Massey-Vanier ne fait pas qu’accumuler les prix. C’est une planche de salut pour les élèves manuels qui n’aiment pas a priori l’école, en plus de rendre l’établissement bilingue de plus en plus populaire.

Plusieurs fois par semaine, les locaux dédiés à ce profil sont envahis de garçons — les filles se font rares, malheureusement — de tous les niveaux qui viennent parfaire leurs connaissances en ingénierie, en physique, en aéronautique et en mécanique en besognant sur des robots.

Leurs créations ne sont pas que ludiques. Depuis sa création, il y a neuf ans, le programme de robotique a participé à de nombreuses compétitions où les bêtes métalliques s’affrontent à coups de défis : transporter des objets, lancer des balles ou ajuster des leviers le plus rapidement possible.

Assiduité

Il sert aussi un autre dessein : préparer de futurs ingénieurs, certes, mais aussi faire apprécier l’école. « On a des jeunes qui avaient prévu lâcher l’école à 16 ans et qui ont changé d’idée après être passés par le programme de robotique », indique Manon Brien, technicienne en travaux pratiques.

Celle qui assiste les Tony Stark en herbe en compagnie de son collègue Steve Provost et de l’enseignant Joël Bergeron se rappelle le cas d’un jeune élève réservé et peu performant à l’école et qui a « complètement changé » en s’intéressant à la robotique.

« C’est incroyable l’effet que ça a eu sur lui », dit Mme Brien.

L’enseignant Joël Bergeron (à droite) en compagnie des techniciens en travaux pratiques Steve Provost et Manon Brien.

Les bienfaits sur les quelque 70 élèves ne se voient pas que sur la motivation. « Du point de vue des apprentissages, c’est excellent, dit le directeur de Massey-Vanier, secteur francophone, Jean-Luc Pitre. Ils apprennent l’autonomie, à travailler en équipe, à faire de l’informatique, de la résolution de problèmes... Nos élèves sont parmi ceux qui ont le plus de cours de science au Québec. Rendus en Techniques de robotique au cégep, ils ne trouvent pas ça difficile ! »

Le côté coopératif et compétitif « fait partie de la réalité du métier », dit Joël Bergeron, qui rappelle que les débouchés sont nombreux dans ce domaine.

Attentes

D’ici à ce qu’ils soient diplômés, les élèves en robotique peuvent déjà se vanter d’avoir amassé six prix en compétition, dont trois le week-end dernier lors du défi VEX qui s’est déroulé à Ottawa.

Bientôt, ils se prépareront pour le prochain concours Robotique First, où les attentes sont plus élevées. « On est 50 à travailler sur le robot, s’enthousiasme Félix Beaulieu, 13 ans. On vise la finale cette année, pour aller aux États ! »

« Tu peux vivre une expérience en compétition, dit Jérémy Boucher, 14 ans. C’est vraiment cool la robotique, tu peux développer ton imagination et t’améliorer à chaque année. »

L’école Massey-Vanier se réjouit de la popularité du programme, qui accueille de plus en plus d’élèves de l’extérieur, et du fait qu’il bénéficie de la participation de nombreux partenaires dont GE, Cogiscan et IBM.

« On crée quelque chose pour la scolarisation des élèves et en même temps, on fait la différence dans la région, dit M. Pitre. Les entreprises manquent d’employés et nous, on en a plein en formation. »