Jean-Christophe Marc-Aurèle, un résident de Bromont qui emprunte régulièrement des sentiers longeant le chemin de fer, a récemment sonné l’alarme quant à l’état des rails se trouvant tout près de l’école de la Chantignole, à l’angle du chemin de Gaspé.

Des rails qui inquiètent

Plus de quatre ans après avoir été avalé par la Central Maine & Quebec Railway, le réseau ferroviaire ayant autrefois appartenu à la Montreal Maine & Atlantic continue de susciter l’inquiétude de citoyens et d’élus.

Jean-Christophe Marc-Aurèle, un résident de Bromont qui emprunte régulièrement des sentiers longeant le chemin de fer, a récemment sonné l’alarme quant à l’état des rails se trouvant tout près de l’école de la Chantignole, à l’angle du chemin de Gaspé.

« Je ne portais pas trop attention, mais récemment, j’ai remarqué que les rails font des vagues. Ça m’a frappé », raconte-t-il.

De plus, les poutres de bois soutenant les rails s’enfoncent dans le sol, probablement en raison de la mauvaise irrigation à cet endroit, ajoute le jeune homme, qui s’est rendu plusieurs fois sur place au cours des derniers jours.

« Il y a toujours eu une petite vague, mais pas à ce point-là, il me semble, renchérit-il. Je ne suis pas un expert, mais ça me semble en mauvais état. »

M. Marc-Aurèle a communiqué avec la Central Maine & Quebec Railway (CMQR) par courriel au cours de la fin de semaine pour exprimer son inquiétude.

Il semblerait que sa démarche ait porté ses fruits. Entre lundi soir et mardi matin, des ouvriers se sont affairés à ajouter des pierres sous les poutres soutenant les rails afin de limiter leur affaissement, ce qu’ont remarqué les représentants de La Voix de l’Est lors de leur passage en compagnie de M. Marc-Aurèle. Or, certaines poutres sont pourries, et certains clous retenant les rails à celles-ci étaient tordus.

Aux frais des villes
Selon nos informations, la municipalité de Bromont n’a pas ordonné ces travaux. Dans d’autres villes, la municipalité doit entretenir, à ses frais, les chemins de fer puisque la compagnie n’en prend plus la charge.

Les poutres de bois soutenant les rails s’enfoncent dans le sol, probablement en raison de la mauvaise irrigation à cet endroit, croit Jean-Christophe Marc-Aurèle, qui a pris cette photo il y a quelques jours.

C’est notamment le cas à Saint-Pie, où la Ville s’occupe du fauchage des herbes autour des rails, même s’ils n’accueillent plus de convoi depuis plusieurs années. « Ces rails-là, c’est fini, ce n’est même pas en état de fonctionner, commente le maire Mario St-Pierre. Les dormants, c’est complètement pourri aussi. Beaucoup de gonds qui tiennent les rails aussi. »

Pour l’instant, les frais pour l’entretien s’accumulent, mais la municipalité n’arrive pas à communiquer avec un représentant de la compagnie pour faire évoluer le dossier. « On fait face à un mur, affirme M. St-Pierre. Personne ne nous répond à cette compagnie-là. »

Concertation
« Ceux qui sont inquiets ont raison de l’être », lance d’emblée le député fédéral de Brome-Missisquoi, Denis Paradis, lorsqu’interpellé à ce sujet.

Lui-même a constaté de ses propres yeux l’état de l’infrastructure. « J’ai marché le long du chemin de fer dans ma circonscription, il y a environ un an. On marche, et on voit les montants en bois qui sont tous pourris. J’ai même réussi à retirer des clous qui retiennent les rails à mains nues », relate M. Paradis.

Dans le cadre d’une rencontre avec le bureau du ministre fédéral du Transport, l’élu a eu l’occasion de rencontrer l’ancien président de la CMQR. « Il m’avait répondu que ça serait une dépense d’environ 40 millions de dollars pour réparer la voie ferrée entre Saint-Jean-sur-Richelieu et Sherbrooke. Puis, il m’avait dit qu’il n’avait pas besoin d’argent du gouvernement canadien [pour entretenir son réseau] parce qu’ils étaient riches aux États-Unis. Disons que ça m’avait refroidi », se souvient M. Paradis, ajoutant que le successeur du dirigeant avait tôt fait de réchauffer la relation.

M. Paradis croit qu’un partenariat entre les entreprises ferroviaires et les deux paliers de gouvernement, qui pourraient se partager la facture, permettrait d’entretenir, à coûts raisonnables pour tous, le réseau de chemins de fer afin de le garder sécuritaire.

Selon le député, il revient aux acteurs de première ligne, c’est-à-dire les villes, de se concerter pour avoir plus de poids. « J’ai beau sensibiliser tout le monde, c’est le milieu qui doit être le porteur de ballon », dit-il, souhaitant qu’il se forme une régie intermunicipale pour veiller à l’état des chemins de fer.

« Il est là l’enjeu : ce qui est important, c’est la sécurité [du transport ferroviaire] », clame-t-il.

La Voix de l’Est a communiqué avec la Central Maine & Quebec Railway, qui nous a référé à Gaynor Ryan, directrice de l’administration de l’entreprise. Celle-ci n’a pas donné suite au message laissé dans sa boîte vocale, lundi.