Samedi, la barrière empêchant l'accès à la montagne par le chemin Jodoin a été déplacée.

Des propriétaires excédés par des méfaits au mont Yamaska

Excédés par les méfaits qui surviennent chez eux, des propriétaires de lots du mont Yamaska prennent les grands moyens pour sécuriser l'accès à la montagne, composée uniquement de terrains privés, rappellent-ils.
Les administrateurs Olivier et Vincent Perron entourent Justin Roy, président de l'Association des propriétaires du mont Yamaska.
Fondée en juin dernier, l'Association des propriétaires du mont Yamaska compte un peu plus de 80 membres qui possèdent plus de 120 lots sur la montagne. 
L'organisme à but non lucratif verra désormais à l'entretien de cette partie du chemin Jodoin, à l'entrée de la montagne. Le lot, jusqu'alors orphelin, lui a été cédé par la municipalité plus tôt cette année après plus d'un an de discussions entre cette dernière et les propriétaires fonciers de la montagne. 
Malgré cette entente à l'amiable, beaucoup de gens croient encore qu'ils peuvent emprunter les sentiers du mont Yamaska comme bon leur semble, déplorent des administrateurs de l'association.
« Tout le monde semble penser que la montagne est la propriété de la Ville, mais c'est complètement privé », rappelle son président, Justin Roy.
« Quand on apostrophe quelqu'un qui circule sur notre terrain, on se fait répondre que c'est en Cour et que la montagne va devenir publique. On ne sait pas qui galvaude ça, mais c'est complètement faux », renchérit Vincent Perron.
Méfaits
Cela fait des années que les propriétaires montagnards composent avec des visiteurs indésirables : des marcheurs, des quadistes et des motocyclistes empiètent sur leur propriété, sans compter des braconniers qui viendraient chasser des bêtes sauvages. Ils sont également aux prises avec des vols, du vandalisme et du trafic de drogue auraient même eu cours au mont Yamaska, soutiennent-ils. 
Cet été, la situation serait devenue hors de contrôle, alors que plusieurs entrées par effraction et méfaits auraient été commis au cours des dernières semaines, avance l'association, qui évalue à entre 20 000 $ et 30 000 $ les dommages causés aux différentes propriétés. Cinq ou six événements seraient survenus au cours du dernier­ mois seulement.
« On a arraché tout le filage d'une cabane, illustre Vincent Perron. On a brûlé de la machinerie pour ses fils. On s'imagine que c'est pour vendre le cuivre. »
Des plaintes auraient été déposées auprès de la Sûreté du Québec, qui aurait prélevé des échantillons de sang et des cheveux appartenant possiblement à certains auteurs des méfaits, nous a-t-on rapporté.
Les multiples caméras de surveillance installées dans la montagne auraient capté certains malfaiteurs, dont un qui aurait eu une arme de poing en sa possession, et un autre qui serait arrivé sur les lieux une hache à la main. L'association indique avoir transmis ces images aux policiers.
Sécurité renforcée
En conséquence, l'association a pris en charge de sécuriser davantage l'accès à la montagne. Samedi, la barrière située sur le chemin Jodoin a été devancée, et des blocs de béton, mis en place, empêchent quiconque de se stationner­ à proximité.
D'autres caméras de sécurité devraient être incessamment installées de part et d'autre de la montagne­, a-t-on fait savoir.
D'ici l'an prochain, l'association compte également automatiser la barrière du chemin Jodoin afin d'en rendre l'accès possible par des cartes magnétiques ou par des codes d'accès, permettant ainsi aux services d'urgence de la franchir plus facilement.
L'Association des propriétaires du mont Yamaska souhaite par ailleurs obtenir la collaboration de la municipalité afin de sensibiliser les visiteurs au caractère privé de la montagne, en plus de l'aider à protéger celle-ci. Les administrateurs désirent entre autres que l'accès au mont Yamaska soit davantage surveillé du côté de la rue de la Citadelle­, qui relève de la municipalité, et que des panneaux interdisant le stationnement soient installés à proximité des entrées.
« La Ville n'encourage pas les gens à aller dans la montagne, mais ne fait rien pour les décourager », déplore Olivier Perron­, l'un des administrateurs de l'association.
« De manière précipitée »
Contactée lundi, la municipalité de Saint-Paul-d'Abbotsford a indiqué ne pas être au courant d'une quelconque vague de méfaits dans la montagne. Si tel avait été le cas, elle aurait été rapidement informée par la Sûreté du Québec, a souligné le maire Robert Vyncke.
Celui-ci déplore par ailleurs que la barrière du chemin Jodoin ait été déplacée sans que l'administration municipale n'ait été avisée. « Cela s'est fait de manière précipitée, sans nous consulter », se désole l'élu, qui confirme qu'aucune communication n'a eu lieu entre la municipalité et l'organisme depuis le printemps.
De plus, les travaux auraient été réalisés sans permis et les matériaux utilisés ne seraient pas conformes à ce que prévoit la réglementation municipale, a fait savoir le directeur général, Daniel-Éric St-Onge. L'utilisation de blocs de béton n'est notamment pas permise par la réglementation municipale.
M. St-Onge affirme en outre que depuis samedi, la Ville a reçu une dizaine d'appels de citoyens à propos du changement apporté à la barrière.
La Voix de l'Est s'est enquérie auprès de la Sûreté du Québec à savoir si des plaintes avaient été déposées concernant les infractions qui auraient été commises dans la montagne, ainsi que leur nombre. Elle n'a pas été en mesure de confirmer les informations demandées, lundi.