Selon le conseil d’établissement, les services de psychologie, de psychoéducation, d’orthophonie et d’orthopédagogie seront coupés de façon importante en 2019-2020, ce que conteste la commission scolaire.

Des parents inquiets de la baisse des services à l'école de Sutton

Une baisse appréhendée dans les services aux élèves à l’école primaire de Sutton, à la prochaine année scolaire, suscite l’indignation de parents.

Selon le conseil d’établissement de cet établissement bilingue, les services de psychologie, de psychoéducation, d’orthophonie et d’orthopédagogie seront coupés de façon importante en 2019-2020, ce que nie la commission scolaire.

En vertu des nouveaux indices de mesure socioéconomique (IMSE), calculés en fonction des revenus et du niveau de scolarité des foyers, la petite école de la rue Highland passe de la cote sept à trois, soit la plus grande variation de tous les établissements de Val-des-Cerfs.

Donc, puisque les familles de Sutton sont plus riches et plus scolarisées qu’avant, la commission scolaire alloue moins d’argent pour les services aux élèves.

Ces données ne tiennent toutefois pas compte de la spécificité de Sutton, affirme Elizabeth Bouchard, mère d’une élève et membre du conseil d’établissement.

Sa partie francophone accueille 25 % d’élèves issus de familles anglophones qui souhaitent que leurs enfants étudient en français, ce qui impose une charge de travail supplémentaire aux enseignants, dit-elle. Et les coupes annoncées ne feront qu’aggraver la situation.

« À Montréal, on prend en considération les besoins des écoles où il se fait beaucoup de francisation. Ici, c’est un point qui n’est jamais pris en compte. »

Elle ajoute que plusieurs services auxquels des élèves auraient eu droit dans le passé n’ont pas été rendus, faute de personnel.

« Toute une génération d’élèves n’ont pas eu leur diagnostic », illustre la membre du conseil d’établissement, tout en reconnaissant qu’il ne s’agit pas d’un problème exclusif à Sutton. 

« La pénurie de personnel est partout, mais certaines commissions scolaires se tournent vers le privé. Pas chez nous. » Or, le dépistage précoce des problèmes d’apprentissage est une priorité du gouvernement de François Legault, rappelle Mme Bouchard.

Alexandra Langlois, coordonnatrice aux communications à la commission scolaire du Val-des-Cerfs

Pas de perte, dit Val-des-Cerfs

Les établissements de Val-des-Cerfs ne peuvent en effet recourir au privé, indique la coordonnatrice aux communications de Val-des-Cerfs, Alexandra Langlois. Mais les directions d’école peuvent faire appel aux ressources attitrées à d’autres écoles.

Pour le reste, selon la commission scolaire, il n’y aura pas de modification dans les services d’orthophonie et de psychoéducation à Sutton en 2019-2020, tandis que les services d’orthopédagogie sont encore soumis à une consultation pour voir comment ils seront déployés.

« Je comprends les inquiétudes des parents, mais tout n’est pas encore attaché, dit Mme Langlois. Les choses évoluent. »

Du côté des psychologues, ceux-ci fonctionneront désormais par comité qui répondra aux demandes selon les priorités. « Ça va éviter qu’une école se retrouve sans service. »

Val-des-Cerfs peut présentement compter sur 10 psychologues. Le recrutement dans ce domaine est difficile compte tenu de la concurrence du secteur privé.

On assure qu’il y aura autant de services psychologiques à la prochaine année scolaire « mais ça va se faire de façon plus efficace ». Alexandra Langlois précise qu’il n’y a eu aucune demande de psychologue à l’école de Sutton en 2018-2019.

En ce qui a trait à la particularité liée aux élèves anglophones, il ne faut pas confondre services aux élèves et francisation « où il n’y a aucune coupe », dit la coordonnatrice aux communications. 

« Et on a pris des mesures pour que tous les élèves qui auraient manqué de services soient pris en charge d’ici la fin de l’année. »

L’école primaire de Sutton est l’une des plus petites de Val-des-Cerfs, précise la commission scolaire, et accueillera une quinzaine d’élèves de moins en 2019-2020. Elle en a présentement 130 du côté francophone et une cinquantaine du côté anglophone, géré par la commission scolaire Eastern Townships.

Celle-ci ne prévoit aucun changement dans ses services aux élèves en 2019-2020, dit la responsable aux communications Sharon Priest.