Le paramédic Jean Papineau propose l’instauration de paramédics communautaires afin de mieux orienter les patients et désengorger les urgences.

Des paramedics communautaires pour soulager les urgences

Le déploiement de paramédics communautaires serait une solution pour désengorger les urgences du Québec, affirme le paramédic Jean Papineau, qui milite en faveur d’une telle mesure depuis deux ans. Ce service permettrait d’orienter les patients vers d’autres ressources que l’urgence. Une proposition qu’appuie le député de Granby, François Bonnardel.

« Je veux donner un second souffle, un second volet aux paramédics. Je ne vois pas pourquoi on ne se donnerait pas cette chance-là au Québec. C’est un système qui a été éprouvé dans d’autres provinces. C’est très réalisable », affirme M. Papineau, un paramédic de Granby.

À l’heure actuelle, une seule porte d’entrée dans le système de santé s’offre aux patients qui demandent l’assistance des paramédics, et ce, peu importe leur condition : l’urgence.

« Je peux vous assurer qu’environ 50 % à 60 % de nos patients qui sont amenés aux urgences ne devraient pas s’y retrouver, dit M. Papineau. Une ambulance, c’est vraiment pour un mode urgence, mais aujourd’hui, elle est utilisée à toutes les sauces. »

À titre d’exemple, lors d’un récent quart de travail, il a répondu à six appels. Un seul nécessitait réellement l’intervention des paramédics. « Il y a des patients qui se sont retrouvés dans la salle d’attente de l’urgence. Ce n’est pas de leur rendre service. Ils sont là pendant 10, 12 heures », explique M. Papineau, qui est également président du syndicat Fraternité des travailleurs et travailleuses du préhospitalier du Québec, section Granby.

Meilleure orientation
Le mandat du paramédic communautaire serait d’intervenir auprès des patients qui ont composé le 911, mais qui, en fonction des informations données à la centrale, ne sont pas classés prioritaires.

L’intervenant serait ensuite en contact téléphonique avec une infirmière clinicienne ou un médecin pour exposer le portrait de la situation. Le choix d’orienter le patient vers un transport ambulancier ou une autre ressource incomberait au médecin ou à l’infirmière clinicienne.

« Il pourrait valider d’envoyer l’ambulance ou pas. Le patient pourrait être réorienté vers un CLSC, une clinique sans rendez-vous ou un médecin de famille, explique M. Papineau. C’est une réorientation des patients vers les bons endroits. » Le paramédic communautaire ferait en quelque sorte le « triage des patients sur le terrain. »

Autre exemple. Une personne diabétique qui vit en résidence s’est retrouvée à l’urgence, car le personnel présent durant la nuit n’avait pas le pouvoir de lui administrer sa médication. « Elle a donc été transportée à l’urgence, raconte M. Papineau. Le paramédic communautaire pourrait obtenir l’autorisation de lui administrer sa médication. »

La présence d’un paramédic communautaire serait assurée 24 heures sur 24, sept jours par semaine.

Ce type de paramédic n’est pas nouveau au Canada. On en retrouve notamment en Ontario et dans l’Ouest canadien. Un programme semblable est d’ailleurs en place à Montréal. Leur mandat diffère d’un endroit à l’autre, tout comme le niveau de soins prodigués.

Une solution
Ce projet est l’une des solutions aux débordements des urgences, assure M. Papineau. « Une meilleure orientation des patients contribuerait à désengorger les urgences », dit-il, en précisant que le service pourrait être instauré à faible coût. « C’est une solution qui est très abordable étant donné qu’on a déjà un système existant. Il faut juste l’intégrer plus au système de santé. »

Le projet est appuyé par le député de Granby, François Bonnardel, qui a déjà rencontré M. Papineau à ce sujet. « Je trouve l’idée excellente, dit-il. Je suis persuadé que c’est un projet qui pourrait donner de l’oxygène à notre urgence. »

En plus de solliciter une rencontre avec le ministre Gaétan Barrette — demande qui a aussi été formulée par Jean Papineau pour expliquer le projet —, le député interpellera le docteur Stéphane Tremblay, directeur général adjoint aux programmes santé physique générale et spécialisée au CIUSSS de l’Estrie. Il va entre autres proposer la mise en place d’un projet-pilote régional.