Michael Marler et Véronique Hupin, copropriétaires du Vignoble les Pervenches, ont connu une saison exceptionnelle.
Michael Marler et Véronique Hupin, copropriétaires du Vignoble les Pervenches, ont connu une saison exceptionnelle.

Des milliers de bouteilles vendues en quelques minutes

Cynthia Laflamme
Cynthia Laflamme
Initiative de journalisme local - La Voix de l'Est
Jamais le raisin n’a été aussi beau et la récolte aussi généreuse au Vignoble les Pervenches. Mieux, le domaine de Farnham a réussi à vendre en quelques minutes tout son inventaire réservé aux particuliers. Bilan d’une saison exceptionnelle en dépit du contexte actuel.

Des quelque 20 000 bouteilles que Véronique Hupin et Michael Marler produisent chaque année, environ la moitié est vendue à des particuliers. En mai dernier, il n’aura fallu qu’une dizaine de minutes pour écouler leurs stocks après avoir annoncé la vente en ligne dans une infolettre adressée à leurs clients privés. Du jamais vu en 21 ans d’activité.

«J’ai reçu des courriels dans lesquels on me racontait qu’il était impossible de payer... parce qu’il ne restait plus rien! Dans les années antérieures, l’inventaire s’écoulait toujours, mais ça n’a jamais été aussi rapide», raconte Véronique Hupin en entrevue.

La réponse du public était d’autant plus rassurante puisqu’à ce moment-là, tous les restaurants de la province étaient fermés. «Il y avait un gros engouement pour l’achat local. On était encore au début de la pandémie, mais les choses se plaçaient, se souvient-elle. En même temps, j’avais la crainte que les gens n’aient plus d’argent pour consommer. Et les vins qu’on vend, ce n’est pas du vin bon marché qu’on achète pour boire tous les soirs. »

À sa grande surprise, Mme Hupin a constaté que les consommateurs ont dépensé autrement l’argent qu’ils auraient déboursé en temps normal dans les restaurants.

Le succès du couple a d’ailleurs été souligné à la séance des maires de la MRC Brome-Missisquoi par Denis Beauchamp, directeur du développement économique au CLD.

Crainte pour les restaurateurs

Après la réouverture des restaurants le 15 juin en région et le 22 juin à Montréal, plusieurs propriétaires ont confié à Véronique Hupin que les produits du vignoble avaient un effet stimulant pour la vente de repas à manger en salle ou à emporter.

En revanche, si la deuxième vague n’a eu qu’un faible impact sur l’entreprise, la femme d’affaires s’attriste de savoir certains restaurateurs dans une situation précaire.

«On voit que les restos sont un peu plus à bout de souffle. Il y en a qui ferment définitivement», se désole Véronique Hupin qui dit accommoder ses clients restaurateurs dans la mesure du possible.

Une année mémorable

Sur une note plus réjouissante, Véronique Hupin confirme que la récolte a été magnifique. «Ça va être un millésime très, très beau, se réjouit-elle. Ce sont les plus beaux raisins qu’on aura récoltés en 21 ans.»

La cave du petit vignoble est d’ailleurs remplie de ces raisins qui promettent une saison 2021 tout aussi productive.