Des filets de sécurité sont en place dans les services de police, notamment à Granby et Bromont, afin de prévenir le suicide chez les policiers.

Des mesures de sécurité pour la prévention du suicide chez les policiers

Le suicide touche tous les milieux de la société. Et les policiers ne sont pas épargnés. Des mesures sont d’ailleurs en place au sein des corps policiers, dont ceux de Granby et Bromont, pour prévenir pareil drame au sein de leur service.

Deux coroners qui ont enquêté à la suite du décès par suicide d’une policière du Service de police de la Ville de Montréal et d’un agent de la Sûreté du Québec, en 2017, recommandent de poursuivre les efforts en matière de prévention des corps policiers, à l’occasion de la Semaine nationale de prévention du suicide. Ils rappellent l’importance de briser les tabous et d’ouvrir le dialogue à ce sujet.

« Les policiers qui vivent de la détresse psychologique peuvent avoir de la difficulté à demander de l’aide et à se montrer vulnérables de peur d’être stigmatisés. La lutte contre cette stigmatisation est essentielle afin de prévenir le suicide des policiers », affirme le coroner Paul G. Dionne.

Le Service de police de Bromont n’a pas été confronté à pareille tragédie depuis sa création. Du côté du Service de police de Granby, on ne déplore aucun décès par suicide d’aussi loin que les membres de la direction en place se souviennent, soit plus de 25 ans.

Des mesures sont en place pour prévenir un tel drame au sein de leur service. « Depuis quelques années, il y a beaucoup plus de prévention qu’avant », explique le capitaine Benoit Desautels, capitaine à la sécurité des milieux et relations communautaires au Service de police de Granby.

« Nous prenons soin de sensibiliser annuellement l’ensemble du personnel par l’émission d’un communiqué visant les situations de détresse psychologique. On leur souligne l’importance d’identifier les situations potentielles de détresse, l’importance d’en parler à un collègue, un ami, un parent, [...] d’intervenir auprès d’un collègue qui demande de l’aide ou de rapporter un collègue s’il le croit en détresse », dit Jean Bourgeois, directeur du Service de police de Bromont.

Formation des officiers
Que ce soit à Bromont ou Granby, les officiers ont reçu une formation offerte depuis quelques années par l’École nationale de police en matière de prévention des impacts psychologiques à la suite d’un événement potentiellement traumatisant pour les policiers qui travaillent sous leur ordre.

Lorsque les agents sont aux prises avec une situation difficile, un suivi est effectué avec les policiers qui ont été confrontés à l’événement, notamment sous la forme d’un débriefing. « Lors d’une intervention au travail ou lorsque nous sommes informés d’une situation personnelle problématique avec un potentiel de détresse, la direction du service fait un suivi avec le ou les policiers impliqués pour connaître leur état », indique M. Bourgeois.

« C’est d’être à l’écoute. S’il y a quelque chose, il faut mettre les filets de sécurité en place, indique de son côté le capitaine Desautels. C’est l’importance du dialogue, l’importance d’en parler. Il faut être à l’écoute pour tenter de déceler pour ensuite intervenir. »

La Vigile
En plus du programme d’aide aux employés, les policiers disposent également d’une ressource qui est dédiée aux travailleurs de l’urgence qui portent l’uniforme : la maison de thérapie La Vigile. Elle offre de l’hébergement, mais également plusieurs programmes d’aide, notamment pour les personnes qui souffrent du trouble de stress post-traumatique, d’anxiété et de dépression.