Les manifestants ne s’attendaient pas à beaucoup de soutien, mais souhaitaient provoquer la réflexion chez les passants.

Des manifestants devant F. Ménard

Après l’abattoir Ducharme à Saint-Alphonse-de-Granby en avril dernier, c’était au tour de l’entreprise F. Ménard de voir la vigile du Mouvement de libération contre l’exploitation animalière se déployer devant ses installations d’Ange-Gardien, vendredi matin.

Ils étaient tout au plus une dizaine de manifestants devant l’une des entrées de l’entreprise F. Ménard qui œuvre dans la transformation animalière, de l’élevage jusqu’à la transformation alimentaire, en passant par la recherche et l’abattage des animaux.

Une industrie cruelle et appartenant au passé selon les militants du Mouvement de libération.

« L’élevage animalier, c’est une industrie cruelle, extrêmement polluante et inutile », lançait la militante et infirmière de profession Josée Robert, de Farnham.

Si le rassemblement était clairsemé, le message était toutefois clair : lutter contre l’exploitation animale.

Le mouvement milite en faveur d’une alimentation complètement libre de viande, mais également contre le spécisme qui est, selon le dictionnaire Larousse, une « idéologie qui postule une hiérarchie entre les espèces ».

« Ça semble petit ici, mais c’est un mouvement mondial », soutient le principal organisateur, Jude Arsenault.

Comme la plupart des militants présents, M. Arsenault est particulièrement actif pour la cause. Il participe à l’organisation d’activités dans la région métropolitaine et sera de retour dans la région le 9 juillet pour une autre vigile devant l’abattoir Ducharme à Granby.

Informer pour convaincre
Les militants misent essentiellement sur l’information pour convaincre les gens d’abandonner la consommation de viande. Ils estiment qu’en confrontant les consommateurs à la réalité de l’industrie agroalimentaire, plusieurs modifieront leurs habitudes.

Les manifestants espéraient assister au passage d’un camion-remorque chargé d’animaux. L’organisateur Jude Arsenault estimait que des photos de cochons « tristes, malheureux et abusés » feraient réagir sur les réseaux sociaux.

« Tout le monde est contre la maltraitance des animaux, mais trois fois par jour, les gens décident de détourner le regard », explique Mme Robert, infirmière de formation qui ajoute du même souffle que la consommation de viande, études à l’appui, représente un risque sanitaire.

« Je me suis rendu compte que la plupart des gens que j’ai soignés dans ma carrière étaient malades en raison de ce qu’ils mettaient dans leur assiette. »

Rien contre
Le message semblait toutefois mal passer vendredi matin à Ange-Gardien. Plusieurs automobilistes klaxonnaient agressivement et des insultes ont même fusé à quelques reprises.

Il faut dire que l’entreprise est un employeur important en Montérégie avec plus de 1000 emplois à la clé, dont environ 600 à Ange-Gardien même.

« On ne s’attendait pas à énormément de support, explique Josée Robert, mais au moins provoquer la réflexion. »

Les militants expliquent qu’ils n’ont rien contre l’entreprise F. Ménard en particulier, mais qu’ils s’opposent à l’ensemble de l’industrie.

De l’autre côté des barricades, les dirigeants avaient un message semblable.

« Ils ne sont pas sur notre propriété et ils sont peu nombreux. On ne fera pas de commentaires », a expliqué la porte-parole de l’entreprise, Audrey Rodrigue, qui ajoute que c’était la première fois que F. Ménard faisait face à ce genre de situation.

Somme toute, les activistes demeuraient positifs quant à l’avenir de leur mouvement.

« Le véganisme, c’est le mouvement de justice sociale qui a connu le taux de croissance le plus important de l’Histoire », dit Josée Robert. Cependant, pour elle et les autres militants du Mouvement de libération, la transition vers l’alimentation végétale ne se fait pas assez rapidement.